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Marche et recueillements sur la colline du Parlement à l’occasion du 1er juillet

Des personnes vêtues d'orange marchent vers le Parlement.

Selon la police d'Ottawa, plus de 2000 personnes ont participé à la marche.

Photo : Radio-Canada / Charles Lalande

Radio-Canada

L’ambiance sur la colline du Parlement, en ce 1er juillet, était bien différente des années précédentes. Une marche et une cérémonie commémoratives se sont déroulées, dans la foulée des découvertes des restes d’enfants autochtones sur des terrains d’anciens pensionnats.

Vers midi, des milliers de participants rassemblés devant le bâtiment du ministère des Affaires autochtones, sur la rue Wellington, à Gatineau, ont quitté les lieux pour se diriger vers la colline du Parlement, à Ottawa.

Si le lieu accueille habituellement de grandes foules arborant la feuille d’érable, les participants se sont plutôt vêtus en orange cette année, une couleur significative puisqu’elle vise à reconnaître les dommages causés par le système des pensionnats autochtones du Canada.

La petite-fille de William Commanda, chef spirituel des Algonquins décédé en 2011, Claudette Commanda, aînée de Kitigan Zibi, y participait.

Aujourd'hui, le 1er juillet, ce n'est pas important pour [la fête du Canada], ce n'est pas une célébration pour nous autres. Aujourd'hui, c'est une célébration pour tous les pensionnaires, a-t-elle lancé. On a besoin du respect de tous les Canadiens, parce que nous sommes les premiers peuples de ce pays et aussi pour honorer, nous tous, les enfants des Premières Nations.

Claudette Commanda, avec sa petite fille, en entrevue.

Claudette Commanda, à droite, en compagnie de sa petite-fille

Photo : Radio-Canada / Charles Lalande

Je marche pour mon père qui est un survivant des pensionnats, a souligné Carrie Wapachee. Nous sommes tous affectés d’une certaine manière, par l'entremise de nos cousins, notre famille, nos grand-mères, nos oncles...

« Les pensionnats ont affecté des générations entières et ça continue aujourd’hui. »

— Une citation de  Carrie Wapachee

C'est une journée très émotive pour tout le monde [...] pas juste pour les Autochtones, pour tout le monde, a-t-elle ajouté.

En effet, l'émotion était palpable. Un rassemblement comme celui-ci donnait un espoir de guérison à Lauretta Polson, originaire de la Première Nation de Long Point.

Ça me fait tellement chaud au cœur de voir tout le soutien et de réaliser que les gens se soucient réellement de nous, vous savez, je ne me sens plus seule, a-t-elle confié, la gorge serrée par l’émotion.

Elle espère que les événements des dernières semaines n'auront pas été vains et qu'ils serviront d'éveil pour la population.

« On ne vous mentait pas. On disait la vérité depuis des années, et maintenant, croyez-nous, travaillons ensemble, faisons en sorte que le Canada soit meilleur. »

— Une citation de  Lauretta Polson
Des participants vêtus d’orange tiennent une banderole.

Les participants ont ouvert la marche peu avant 12 h.

Photo : Radio-Canada / Charles Lalande

La marche, organisée par la communauté de Kitigan Zibi et l’organisme Idle no more, a regroupé plus de 2000 personnes, selon la police d'Ottawa.

Une cérémonie en l’honneur des survivants des pensionnats autochtones s'est déroulée, après la marche, sur la colline du Parlement, mais aussi pour commémorer le décès des enfants dont les restes ont été retrouvés récemment. Discours et témoignages se sont succédé, dans un élan de solidarité.

La cérémonie s'est conclue peu après 18 h, avec auparavant des chants et des danses.

Le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier, et ses partisans se trouvaient aussi sur la colline du Parlement. Aucun heurt n'a été constaté, même si quelques discussions animées ont été rapportées sur les réseaux sociaux, ici et là.

Des gens se recueillent devant le Parlement

Jeudi matin, déjà, des gens étaient venus se recueillir devant la flamme du centenaire, sur la colline du Parlement.

Peluches, fleurs et souliers d’enfants ont été déposés autour de celle-ci, la transformant en mémorial à la mémoire des jeunes victimes des pensionnats.

C’est une prise de conscience pour certains et ça me guérit en même temps, parce que ça fait des années que je n’en ai pas parlé, a lancé Pauline Sackaney, qui portait un chandail orange.

Pour plusieurs, la fête du Canada, cette année, était l’occasion de se souvenir et d’entamer une réflexion quant à cette page de l’histoire du pays.

Des chandails orange sur le sol.

Des chandails orange ont été distribués au départ de la marche, à Gatineau.

Photo : Radio-Canada / Charles Lalande

Je pense que chaque nation devrait venir ici et voir ce qui est en train d’arriver aujourd’hui, a ajouté Chantal Dostaler, elle aussi sur la colline du Parlement.

Il faut se rappeler des enfants, parce que personne ne doit être oublié, a souligné un père de famille. Je suis triste, parce qu’il faut se souvenir de tous les enfants, a ajouté son fils.

Avec les informations d’Estelle Côté-Sroka, Marielle Guimond et Charles Lalande

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