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Le repaire des Hells Angels de Sherbrooke est maintenant démoli

Des journalistes et des policiers assistent à la démolition du bunker des Hells.

Le bunker des Hells Angels de Sherbrooke a été démoli mercredi.

Photo : Radio-Canada / André Vuillemin

Radio-Canada

Une partie de l’histoire du crime organisé québécois a été détruite mercredi à Sherbrooke. Le dernier repaire fortifié des Hells Angels au Québec, situé sur la rue Wellington Sud, a été rasé.

La démolition a commencé à 13 h et était presque terminée en fin d'après-midi. Le repaire, situé à Lennoxville, a marqué Sherbrooke et tout le Québec. Les membres des Hells Angels s'y réunissaient, y organisaient de grandes fêtes, et y ont commis de nombreux crimes.

Une pelle mécanique dans les débris du bunker.

Le bunker des Hells de Lennoxville a été la scène de nombreux crimes au fil des ans.

Photo : Radio-Canada / André Vuillemin

Cinq membres y ont notamment été abattus lors d’une tuerie survenue en 1985. Ils avaient par la suite été retrouvés dans le fleuve Saint-Laurent.

Le bunker est devenu propriété de l’État en 2020, après une saga judiciaire de 11 ans. Le repaire avait été confisqué dans la foulée de l'opération SharQc, la Cour supérieure du Québec ayant jugé qu'il s'agissait d'un produit de la criminalité.

Une auto de la Sûreté du Québec stationnée devant le bunker en démolition.

Le repaire avait été confisqué dans la foulée de l'opération SharQc, la Cour supérieure du Québec ayant jugé qu'il s'agissait d'un bien infractionnel.

Photo : Radio-Canada / André Vuillemin

Richard Tremblay, l'ancien chef de Métro police Ascot-Lennoxville, le corps de police municipale responsable du secteur à l'époque, a de vifs souvenirs du temps où le bunker était encore utilisé.

Une chance qu’on avait l’aide de la Sûreté du Québec, car ce n’est pas des événements que notre service de police était équipé pour faire face. La SQ [Sûreté du Québec] prenait la relève tout le temps. Mais on cohabitait quotidiennement avec ces gens-là, raconte-t-il.

« Pour moi, venir ici voir cet endroit sous le pic des démolisseurs, vous allez comprendre que c’est historique. »

— Une citation de  Richard Tremblay, ancien chef de Métro police Ascot-Lennoxville

Terrain à vendre

Le bunker était situé sur un vaste terrain de 120 000 mètres carrés évalué à près de 540 000 $. Le conseil municipal a cependant modifié un règlement de zonage pour empêcher qu’un promoteur privé effectue du développement immobilier sur le terrain.

Le maire de Sherbrooke Steve Lussier aimerait que le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) le lègue à la ville.

Une pelle mécanique détruit le bunker.

Le bunker des Hells de Lennoxville n'était plus occupé depuis plusieurs années.

Photo : Radio-Canada / André Vuillemin

Ça ne sera pas permis au niveau des constructions. Si la personne veut acheter, ça va rester nature, on s’entend là-dessus. Mais je souhaite réellement qu’on prenne une autre décision de leur côté [du DPCP], et qu’on puisse laisser ce legs-là aux Sherbrookois et aux Sherbrookoises. Ça a été des années très sombres, explique-t-il.

La porte-parole du DPCP Me Audrey Roy-Cloutier souligne toutefois que le terrain ira au plus offrant, et rappelle que la Ville a déjà refusé une offre.

Notre position a toujours été très claire : on veut en tirer le maximum pour justement être en mesure de redonner le maximum à la société. Dans ce sens-là, c’est nature publique, puisqu’il en a été question dans un conseil municipal.[...] Notre intention est de vendre au plus offrant, peu importe qui ce sera, conclut-elle.

Avec les informations de Marie-Hélène Rousseau et de Brigitte Marcoux

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