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Les cryptomonnaies jouent aux montagnes russes, mais les investisseurs restent patients

Une pièce de monnaie marquée du logo du bitcoin.

À défaut d’être une valeur refuge, le bitcoin est bel et bien un actif spéculatif.

Photo : Getty Images / Edward Smith

Les cryptomonnaies jouent aux montagnes russes depuis leur création. La valeur du bitcoin, la plus célèbre d’entre elles, a été divisée par deux en deux mois. Pourtant, les investisseurs continuent d’y croire.

Mon plan, c’est juste d’attendre, annonce Darryl Kolewaski, qui ne regarde plus trop les cours des cryptomonnaies, à cause de la forte volatilité des derniers mois.

Les deux premières semaines de la récente baisse, j’ai arrêté de regarder où j'en étais sur mon téléphone. Je laisse vivre mon investissement qui, je pense, me permettra de prendre ma retraite plus tôt, assure-t-il.

L'Edmontonien investit dans les cryptomonnaies depuis 2012. Après avoir acheté, puis vendu ses bitcoins et ses ethereums, les deux valeurs dominantes du marché, Darryl Koleswaski mise tout sur le Dogecoin

Même si cet actif numérique a perdu la moitié de sa valeur entre le 8 mai et le 8 juin, l’investisseur amateur continue de penser que certaines cryptomonnaies sont les monnaies de demain.

Haute spéculation

Ce secteur financier est réputé pour sa très forte volatilité qu’on retrouve sur les marchés d’actifs où il y a beaucoup de spéculation, explique Mario Lavallée, professeur de finance à l’Université de Sherbrooke. 

L'offre et la demande peuvent se déplacer très rapidement. Avec le bitcoin, on dépend totalement de la volonté des autres participants du marché pour y attribuer de la valeur. C’est donc très fragile, explique-t-il.

Au début du mois de juin, l’acceptation du bitcoin comme monnaie officielle au Salvador a rendu optimistes les investisseurs, mais, en Chine, l’annonce de l’interdiction aux institutions financières de proposer des services liés aux cryptomonnaies a, en revanche, été un coup dur.

Un homme met un billet dans un distributeur de bitcoins filmé par des caméras.

La presse s'est déplacée pour l'inauguration de ce distributeur de bitcoins dans un centre commercial à San Salvador, la capitale du Salvador, le 24 juin.

Photo : afp via getty images / Marvin Recinos

Le bitcoin essaie de se faire accepter comme monnaie de transaction par les gouvernements et les commerçants. Les cryptomonnaies passent un test en ce moment : est-ce qu’elles vont être acceptées par suffisamment de gens pour leur donner une valeur?, s’interroge Mario Lavallée.

De grosses pertes qui ne font pas peur

Antony Gilbert, président de l’entreprise Crypto Trading à Calgary, a perdu 43 000 $ en 8 heures au mois de mars.

J’ai fait plus de 300 000 $ de profit depuis 2016. C'est volatil et j'aime le risque derrière ça. J’aime cette adrénaline, avoue ce francophone qui conseille néanmoins aux nouveaux investisseurs de ne pas se ruer sur les nouveaux actifs. 

Elles ne coûtent pas cher et sont disponibles avec des promotions sur Internet, mais elles vont monter vite et tomber vite.

Deux hommes discutent face à un écran qui montre les cours de cryptomonnaies.

Le cours du bitcoin est passé de 80 447 $ le 14 avril à 36 118 $ le 22 juin. L'Ethereum a aussi perdu la moitié de sa valeur entre mai et juin.

Photo : Getty Images / Joe Raedle

Les entreprises maintiennent le cap

Les entreprises qui ont investi dans le bitcoin ne semblent pas effrayées par ces cours en yo-yo. Adam O’Brien, à la tête de Bitcoin Well, à Edmonton, en a vendu à plus de 50 grandes entreprises albertaines.

La plupart achètent du bitcoin comme investissement à long terme. Les entreprises sont curieuses malgré la volatilité, explique Adam O'Brien qui fait remarquer que, en un an, la valeur du bitcoin est en hausse de 270 %.

Appel à la grande prudence

La banque Desjardins recommande toutefois d'être vigilant vis-à-vis des monnaies électroniques. Elles sont très spéculatives et elles ne sont pas soumises à de la réglementation comme les devises traditionnelles, mentionne Jean-Benoît Turcotti, porte-parole.

Le 10 février, Tim Lane, sous-gouverneur de la Banque du Canada, a déclaré : Les cryptomonnaies comme le bitcoin ont peu de chances de devenir l’argent du futur. Leurs méthodes de vérification coûtent cher, et leur pouvoir d’achat est très instable.

Face à cet actif numérique, Mario Lavallée, professeur de finance, conseille de ne pas consacrer plus de5 % de ses investissements dans les cryptomonnaies. On investit à la bourse, mais on joue avec le bitcoin. Le bitcoin, c’est comme jouer à la loterie.

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