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Des chandails orange « illégitimes » vendus sans contribution à la cause

Des tee-shirts orange étalés sur les marches du Parlement provincial de Victoria.

Les tee-shirts orange symbole du soutien aux ex-élèves des pensionnats sont en grande demande depuis la découverte des restes d'enfants autochtones.

Photo : CBC / MIKE MCARTHUR

Radio-Canada

Des gens malhonnêtes tentent de profiter de la vague de soutien pour les ex-élèves des pensionnats pour Autochtones en vendant de la marchandise sous de fausses prémisses.

La triste découverte de ce qui semble être les restes de jeunes Autochtones a créé une importante demande pour les tee-shirts qui arborent le slogan Chaque enfant compte.

À la veille de la fête du Canada, de nombreuses personnes veulent exprimer leur solidarité avec les Premières Nations en portant un de ces chandails orange.

Et certains ont flairé la bonne affaire et vendent des tee-shirts simplement pour faire de l’argent.

C’est terriblement blessant, lance Reginald Niganobe, grand chef de la Nation Anishinabek.

Je ne peux pas comprendre que quelqu’un fasse quelque chose comme ça. Il y a déjà tellement de chagrin.

Une citation de :Reginald Niganobe, grand chef de la Nation Anishinabek
Capture d'écran de Reginald Niganobe, grand chef de la Nation Anishinabek, en entrevue par téléconférence.

Reginald Niganobe, grand chef de la Nation Anishinabek

Photo : Radio-Canada

Le grand chef estime qu’il s’agit encore une fois d’exploitation des Premières Nations.

Il observe que chaque fois que les Autochtones se rallient autour d’une cause, des gens en quête de profits se mettent à vendre de la marchandise thématique.

Shannon Henderson, vice-présidente de la Orange Shirt Society, déplore que des compagnies tentent de s’enrichir en employant sans permission le slogan de son organisation.

Elle dénonce aussi le fait qu’elles utilisent l’histoire de Phyllis Webstad, à qui l'on a retiré la chemise orange qu’elle portait fièrement en arrivant à l’école.

Ce n’est pas éthique et c’est honteux de s’approprier l’histoire de Phyllis, qui l’a si généreusement et courageusement racontée, pour sensibiliser les Canadiens à ce qui s’est passé dans les pensionnats.

Une citation de :Shannon Henderson, vice-présidente de la Orange Shirt Society

Quand on parle de quelque chose dans les médias, qu'il y a beaucoup de publicité autour d’un sujet, ou encore quand on parle d’une tragédie comme ça, qui vient vraiment chercher les gens au niveau des émotions, les fraudeurs font en profiter, constate pour sa part Jessie St-Cyr, du Bureau d’éthique commerciale.

Capture d'écran de Jessie St-Cyr, du Bureau d’éthique commerciale, en entrevue par téléconférence.

Jessie St-Cyr, du Bureau d’éthique commerciale

Photo : Radio-Canada

Une plainte a d’ailleurs été déposée au Bureau au sujet d’une entreprise qui faisait la promotion de ses chandails sur Facebook, juste après la découverte sur le terrain de l’ancien pensionnat de Kamloops.

Les fraudeurs vont toujours profiter des drames, des tragédies pour essayer d’aller chercher des sous, pour profiter de la générosité et du désir d’aider des Canadiens.

Une citation de :Jessie St-Cyr, du Bureau d’éthique commerciale

Le Bureau d’éthique commerciale rappelle de donner à des organismes de charité enregistrés auprès de l’Agence du revenu du Canada.

Mme St-Cyr conseille aussi de se méfier des publications commanditées alléchantes sur les médias sociaux et de s’assurer de la légitimité des campagnes de sociofinancement.

Reginald Niganobe rappelle pour sa part que le problème de l’exploitation de la culture des Premières Nations n’est pas nouveau et qu’il a notamment été souligné dans le rapport de la Commission royale sur les peuples autochtones. Il aimerait que les gouvernements sévissent.

D’après les informations d’Anne-Marie Trickey

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