•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'ex-secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld est mort

Plan rapproché de Donald Rumsfeld, à l'extérieur.

Donald Rumsfeld a conduit la guerre en Afghanistan à l'automne 2001, après les attentats du 11 Septembre, et a été l'architecte de l'invasion de l'Irak en 2003.

Photo : Associated Press / Patrick Semansky

Celui qui était à la tête du Pentagone lors des guerres en Afghanistan et en Irak, dans les années 2000, est mort à 88 ans.

Il est mort entouré de ses proches à son domicile de Taos, au Nouveau-Mexique, a dit sa famille dans un communiqué. Un porte-parole de la famille a précisé qu'il avait succombé à un myélome multiple.

Considéré comme un faucon, il a servi deux fois comme secrétaire à la Défense, d'abord en pleine guerre froide dans l'administration du républicain Gerald Ford, de 1975 à 1977, puis de 2001 à 2006, dans celle du républicain George W. Bush.

Vu comme l'une des têtes dirigeantes du Pentagone qui auront été les plus puissantes, il est le seul politicien à avoir occupé ce poste au cours de mandats non consécutifs. Il aura été à la fois le plus jeune secrétaire à la Défense américaine, à 43 ans, puis le plus âgé, à 74 ans.

L'histoire se souviendra de lui pour ses réalisations extraordinaires au cours des six décennies qu'il a consacrées au service public, mais pour ceux qui le connaissaient le mieux et dont les vies ont été changées pour toujours grâce à lui, nous nous souviendrons de son amour inébranlable pour sa femme, Joyce, sa famille et ses amis, et de l'intégrité avec laquelle il a consacré sa vie à son pays, a écrit la famille de Donald Rumsfeld.

Son nom est surtout associé à la guerre menée par les États-Unis en Afghanistan, puis à celle, controversée, déclenchée en Irak. Deux guerres lancées au début des années 2000 dans la foulée des attaques terroristes du 11 septembre 2001.

Durant cette période, il a notamment supervisé, en 2001, le renversement du régime taliban – accusé d'abriter le réseau terroriste Al-Qaïda et son leader, Oussama ben Laden, responsable des attentats –, puis celui du dirigeant irakien Saddam Hussein, en 2003.

Dans un communiqué, George W. Bush a salué son service constant en tant que secrétaire à la Défense en temps de guerre – un devoir qu'il a accompli avec force, compétence et honneur.

Homme d'intelligence, d'intégrité et d'une énergie presque inépuisable, il n'a jamais reculé devant les décisions difficiles et n'a jamais fui les responsabilités.

Une citation de :George W. Bush, ancien président des États-Unis

Le politicien néoconservateur, qui a brigué l'investiture républicaine en 1988, a mené une longue carrière au sein du gouvernement, d'abord comme représentant de l'Illinois, puis travaillant en tout sous quatre présidents, soit Richard Nixon, Gerald Ford, Ronald Reagan et George W. Bush.

Il a entre autres été nommé ambassadeur des États-Unis à l'OTAN par le premier, chef de cabinet par le deuxième et ambassadeur spécial du président au Moyen-Orient.

Il a en outre travaillé près d'un quart de siècle dans le secteur privé, notamment comme PDG dans l'industrie pharmaceutique.

Dans un article publié en 2004, le magazine français Le Point évaluait que sa fortune personnelle se situait entre 60 et 110 millions de dollars.

Après sa retraite, en 2008, il a dirigé la Fondation Rumsfeld, qui vise à promouvoir le service public et à travailler avec des organisations caritatives offrant un soutien aux anciens combattants blessés ainsi qu'aux familles de militaires.

L'héritage du bourbier irakien

Un soldat américain marche en solitaire vers un puits de pétrole qui brûle.

Un soldat américain marche en direction d'un puits de pétrole qui brûle en mars 2003.

Photo : Reuters / Yannis Behrakis

Donald Rumsfeld est vu comme l'un des principaux architectes de l'invasion américaine de l'Irak, une opération amorcée en 2003 qui aura duré près de neuf ans et qui aura été pour les États-Unis un véritable bourbier.

L'intervention militaire américaine devait faire de ce pays un modèle de démocratie et de stabilité au Proche-Orient.

D'abord soutenue par les Américains, cette guerre coûteuse et meurtrière a fini par ternir l'image et l'héritage de l'administration de George W. Bush. Celle-ci avait lancé les hostilités contre le régime de Saddam Hussein en 2003 sans l'aval du Conseil de sécurité de l'ONU, en invoquant la présence d'armes de destruction massive. Une affirmation qui s'est révélée mensongère.

En 2006, un rapport du Sénat sur le déclenchement de la guerre contre l'Irak a révélé que ce pays n'entretenait pas de relations avec Al-Qaïda et qu'il ne disposait pas d'armes de destruction massive.

Donald Rumsfeld n'a jamais exprimé de regrets pour l'invasion américaine en Irak, pendant laquelle 4400 Américains ont perdu la vie et dont la facture astronomique a atteint 700 milliards de dollars.

Le fait que Saddam Hussein ait été chassé du pouvoir valait les efforts consentis par les États-Unis, a-t-il argué dans ses mémoires, publiées en 2011.

Débarrasser la région du régime brutal de Saddam a créé un monde plus stable et plus sûr.

Une citation de :Donald Rumsfeld

Sa gestion du dossier irakien avait cependant fait l'objet de vives critiques. Des généraux à la retraite avaient par exemple réclamé sa démission, dénonçant son incompétence, son arrogance extraordinaire et son refus d'admettre les réalités de l'après-guerre froide.

Les décisions stratégiques atterrantes de M. Rumsfeld ont conduit à la mort inutile de militaires américains, d'alliés et de bons Irakiens, avait déclaré John Batiste, ex-commandant en Irak de la première division d'infanterie, au cours d'une audition devant un groupe du Sénat.

En 2004, Donald Rumsfeld avait proposé sa démission à deux occasions, après les révélations choquantes de cas de torture infligée à des détenus de la prison irakienne d'Abou Ghraib par des militaires américains. Il avait ultérieurement déclaré qu'il s'agissait de l'épisode le plus sombre de son mandat de secrétaire à la Défense.

Au lendemain de la défaite des républicains aux élections de mi-mandat, en novembre 2006, sur fond de critiques croissantes du conflit irakien, il avait quitté ses fonctions en affirmant que la guerre contre le terrorisme était incomprise.

Deux ans plus tard, le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture avait demandé, en vain, au gouvernement américain d'engager des poursuites judiciaires contre l'ex-président George Bush et son ancien secrétaire à la Défense pour torture et mauvais traitements de prisonniers à la prison de Guantanamo.

Des groupes français, allemands et américains de défense des droits de la personne avaient eux aussi tenté d'intenter des procédures judiciaires en invoquant les mêmes raisons.

Le Centre pour les droits constitutionnels, à New York, l'accusait ainsi d'être l'un des architectes du programme américain de torture utilisé auprès de détenus des prisons américaines. L'organisation lui reprochait par exemple d'avoir autorisé l'utilisation de chiens et des actes d'humiliation sexuelle contre des détenus de Guantanamo.

Avec les informations de New York Times, et Associated Press

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !