•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

ArchivesDepuis 120 ans, le quartier chinois de Montréal cherche à assurer son avenir

Un homme âgé (probablement d'origine chinoise) avec une cigarette dans la bouche qui marche dans le quartier chinois de Montréal.

Le quartier chinois de Montréal en 1967

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le cœur du quartier chinois de Montréal est en voie d'être classé comme patrimoine culturel du Québec. Depuis quelques décennies, le territoire du « Chinatown » est constamment grugé.

Un des plus vieux quartiers chinois d'Amérique du Nord

Les premiers Chinois s’établissent à Montréal en 1877.

Dès 1902, l’expression « quartier chinois » apparaît dans le journal La Presse. À la fin des années 1940, il possède une cohésion et une identité propres.

Le quartier chinois est délimité par la rue Cheneville à l’ouest et la rue Saint-Charles-Borromée (aujourd’hui rue Clark) à l’est. La rue de La Gauchetière en constitue la colonne vertébrale.

La première buanderie chinoise ouvre en 1877, et le premier restaurant cantonais, en 1900. Dans les années 1950, 5000 Chinois résidaient dans le quartier.

Notre ville, 22 juin 1956

Ces séquences d’images silencieuses proviennent de l’émission Notre ville du 22 juin 1956. Elles nous montrent le quartier chinois de Montréal.

Plusieurs éléments présents dans ces séquences n’existent plus.

Depuis le début, l’immigration des Chinois n’était pas vue d’un bon œil par les autorités canadiennes.

En 1923, le gouvernement fédéral adopte la Loi de l’immigration chinoise.

Cette dernière interdit l’entrée des Chinois au Canada.

Cette loi est en vigueur jusqu’en 1947 et l’immigration chinoise est strictement contrôlée par Ottawa jusqu’en 1967.

Le quartier chinois est vraiment le seul endroit où je peux obtenir mes pinceaux et mon papier de riz. […] Le quartier chinois est aussi important pour les jeunes que pour les personnes âgées.

Une citation de Sinn S. Lee, 1981

L'observateur, 1er février 1981

Le 1er février 1981, la journaliste France Nadeau propose un reportage qui s’interroge sur l’avenir du quartier chinois de Montréal. Le reportage est présenté à l’émission L’observateur animée par Pierre Nadeau.

Le quartier est plus qu’une accumulation de restaurants et de commerces.

Le sinologue Michel Tessier souligne la sociologie particulière de la population du quartier.

Les habitants du quartier chinois de Montréal viennent des milieux urbains des provinces du sud de la Chine.

Ils appartiennent à une classe populaire faisant du commerce et habituée au contact des langues étrangères, notamment l’anglais.

Le quartier n’est pas représentatif de ce que vous pourriez voir en Chine dans les années 1980, souligne Michel Tessier.

C’est plutôt une vision de la Chine urbaine des années 1940 et 1950.

D’un autre côté, c’est un quartier vivant. Cela fait qu’on ne peut le comparer à un musée, ajoute l’interprète Angela Y. Yeng.

Le reportage souligne par ailleurs la double fonction du quartier chinois.

S’il possède un rôle de pôle commercial important, il agit aussi en tant que lieu de référence culturelle indispensable à l’épanouissement de la communauté chinoise montréalaise, comme le souligne le commentaire de la peintre Sinn S. Lee.

Un quartier étouffé

… Avec le progrès de la ville, la Place des Arts, le Complexe Desjardins, Guy-Favreau et le Palais des congrès, le quartier chinois est, on va dire, étouffé.

Une citation de Père Thomas Tou, prêtre à la mission chinoise du Saint-Esprit, 1986

L'observateur, 1er février 1981

Ce commentaire du père Thomas Tou résume bien le propos du reportage de la journaliste Marthe Blouin présenté au Montréal ce soir du 8 septembre 1986 animé par Marie-Claude Lavallée.

L’église du père Tou, la mission chinoise du Saint-Esprit, a été expropriée quand a été construit le Complexe Guy-Favreau.

Elle ne doit sa survie qu’au fait qu’elle a été classée monument historique.

Le père Tou constate que la communauté chinoise a délaissé son quartier pour s’établir ailleurs dans la région de Montréal.

Les Chinois vivent maintenant surtout à Saint-Laurent, à LaSalle ou à Brossard.

Ils ne reviennent dans le quartier chinois que la fin de semaine pour manger ou faire des emplettes.

En 1986, il n’y aurait que 500 personnes d’origine chinoise qui résident dans le quartier.

Le père Tou croit que si des logements étaient construits, des gens, particulièrement des personnes âgées, reviendraient dans le quartier.

En 1996, l’administration du maire Pierre Bourque propose des mesures pour renverser le déclin.

Le plan d’action mis de l'avant par la Ville de Montréal en juin 2021 comprend notamment un verdissement et une meilleure connectivité du quartier au reste de Montréal.

Il prévoit aussi la construction de logements sociaux abordables et la préservation et la valorisation du patrimoine du quartier.

Encore plus de nos archives

La section Commentaires est fermée

Compte tenu de la nature délicate ou juridique de cet article, nous nous réservons le droit de fermer la section Commentaires. Nous vous invitons à consulter nos conditions d’utilisation. (Nouvelle fenêtre)

Vous souhaitez signaler une erreur?Écrivez-nous (Nouvelle fenêtre)

Vous voulez signaler un événement dont vous êtes témoin?Écrivez-nous en toute confidentialité (Nouvelle fenêtre)

Vous aimeriez en savoir plus sur le travail de journaliste?Consultez nos normes et pratiques journalistiques (Nouvelle fenêtre)

Chargement en cours

Infolettre Info nationale

Nouvelles, analyses, reportages : deux fois par jour, recevez l’essentiel de l’actualité.

Formulaire pour s’abonner à l’infolettre Info nationale.