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La Chambre crée un comité ad hoc sur l'assaut du Capitole

Des partisans de Donald Trump à l'assaut du Capitole

Des partisans de Donald Trump ont pris d'assaut le Capitole le 6 janvier dernier

Photo : Reuters / SHANNON STAPLETON

Après le refus des sénateurs républicains de créer une commission d'enquête indépendante sur l'invasion du Capitole par des pro-Trump, la majorité démocrate de la Chambre des représentants, soutenue par deux républicains, est passé à un plan B mercredi, avec la mise sur pied d'un comité spécial de la Chambre.

La résolution a été adoptée à 222 voix contre 190.

Seuls deux républicains, connus pour leur réprobation de l'ancien président Donald Trump, ont voté en faveur de la résolution : Liz Cheney et Adam Kinzinger. Tous deux avaient appuyé sa mise en accusation lors de la procédure en destitution liée à sa responsabilité dans l'assaut du 6 janvier.

Le texte, présenté par la présidente de la Chambre Nancy Pelosi, stipule que la commission aura pour mandat d'enquêter sur les faits, les circonstances et les causes de l'attentat terroriste national du 6 janvier 2021 contre le complexe du Capitole des États-Unis et ceux de l'interférence avec le transfert pacifique du pouvoir ainsi que sur les facteurs d'influence qui ont fomenté une telle attaque contre la démocratie représentative américaine alors qu'elle était engagée dans un processus constitutionnel.

La préparation et la réponse de la police du Capitole et celles d'autres organismes fédéraux, des États et locaux seront aussi dans sa mire.

Au lieu d'être composé d'un nombre égal de démocrates et de républicains, soit cinq par parti, comme l'aurait été la commission indépendante, le comité comprendrait, selon la résolution adoptée, huit membres nommés par la majorité démocrate de la Chambre et cinq autres nommés après consultation auprès du leader de la minorité républicaine à la Chambre, Kevin McCarthy.

Ce dernier n'a cependant pas précisé s'il comptait formuler des recommandations.

CNN a rapporté que Nancy Pelosi envisageait d'accorder une moins grande présence que prévu aux républicains en raison de leur opposition massive au comité.

Selon un collaborateur de la leader démocrate cité par le New York Times, elle envisage elle-même de nommer dans son groupe de huit élus un membre du caucus républicain ayant reconnu la gravité de l'assaut. Plusieurs estiment qu'elle pourrait porter son choix sur Liz Cheney.

La famille du policier Brian Sicknick, mort au lendemain de l'attaque, ainsi que des policiers qui avaient été blessés en tentant de repousser les émeutiers qui avaient envahi par centaines l'enceinte du Congrès étaient présents pour le vote, à l'invitation de la présidente de la Chambre.

Les proches de M. Sicknick avaient tenté en vain de convaincre les sénateurs républicains de se rallier à l'idée d'une commission indépendante.

L'assaut a occasionné la mort de cinq personnes, en majorité des partisans de l'ex-président, en plus de blesser près de 150 membres des forces de l'ordre.

Lors de leur comparution devant deux comités sénatoriaux qui se sont eux aussi penchés sur l'attaque du 6 janvier, des ex-responsables de la sécurité au Capitole ont unanimement montré du doigt les ratés des services de renseignement et la lenteur du Pentagone à déployer des renforts.

Deux voix républicaines marginales

Éjectée de son rôle de numéro trois du Parti républicain à la Chambre en raison de ses critiques incessantes du comportement de l'ex-locataire de la Maison-Blanche, Liz Cheney est revenue à la charge dans un communiqué expliquant son vote.

Il s'agit de la dernière option pour faire la lumière sur un assaut sans précédent et dangereux contre la démocratie américaine, écrit-elle, tout en mettant en garde contre une enquête partisane.

Sur une base quasi quotidienne, Donald Trump répète les mêmes déclarations que celles qui ont auparavant provoqué la violence. Ses attaques contre notre Constitution s'accélèrent. Notre responsabilité consiste à confronter ces menaces, pas à les apaiser et à les esquiver, écrit-elle, dans une pointe sans équivoque visant le leadership républicain.

Depuis janvier, le courage des leaders de mon parti s'est évanoui. Mais la menace visant notre république, elle, non.

Une citation de :Liz Cheney, représentante du Wyoming

J'ai voté en faveur du comité spécial [...] parce que la vérité importe, a pour sa part déclaré Adam Kinzinger dans un communiqué. Parce qu'il est de notre devoir de mener une enquête approfondie sur cette attaque des plus flagrantes contre le Capitole. Parce que le peuple américain – et en particulier les familles de nos courageux représentants de la loi qui étaient en première ligne ce jour-là – mérite des réponses.

Les deux élus ont réitéré qu'une commission indépendante aurait été le meilleur choix. En mai, le projet initial d'une commission d'enquête avait été approuvé par la Chambre avec l'appui de 35 républicains, mais il s'était ensuite heurté à une fin de non-recevoir au Sénat lors d'un vote procédural. Seuls six républicains avaient appuyé l'ouverture des débats sur le projet, qui, en l'absence des 60 voix nécessaires, n'ont donc pas pu avoir lieu.

À l'exception de ces deux élus, le camp républicain argue qu'un comité indépendant dédoublera les enquêtes que mènent déjà des comités du Congrès et que son travail sera teinté de partisanerie.

La justice suit son cours

La semaine dernière, une première sentence dans ce dossier est tombée : une femme de l'Indiana qui avait admis sa culpabilité à un délit mineur pour avoir pénétré dans l'enceinte du Capitole, mais qui n'avait pas commis d'actes de violence, a eu droit à une période de trois ans de probation, 40 heures de travaux communautaires et une amende de 500 $.

Près d'une douzaine d'émeutiers ont jusqu'ici plaidé coupables et des dizaines d'autres sont en pourparlers avec les procureurs, d'après ABC News.

Le procureur général Merrick Garland a indiqué récemment que plus de 480 personnes des quatre coins du pays avaient été arrêtées relativement à l'assaut.

Qualifiant l'ampleur du dossier de sans précédent, le département de la Justice a déjà précisé en cour que le nombre de personnes accusées pourrait atteindre 550.

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