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Importante pénurie d'agents correctionnels à la prison de Trois-Rivières

Des barbelés sur le toit de la prison de Trois-Rivières.

L'établissement de détention de Trois-Rivières connaît une importante pénurie d'agents

Photo : Radio-Canada

Prenez note que cet article publié en 2021 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les vacances d'été ne sont pas encore commencées et déjà les établissements de détention de la province sont aux prises avec un manque criant de personnel.

À la prison de Trois-Rivières, il manquerait en ce moment une trentaine d'employés sur les 130 agents de la paix en services correctionnels nécessaires au bon fonctionnement de l’établissement selon le Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec. Le ministère de la Sécurité publique estime qu'il y en manque plutôt 22.

Selon les données du ministère, six postes sont vacants à Trois-Rivières et onze agents sont en arrêts maladie.

En conséquence, les activités comme les sorties à l'extérieur sont réduites au minimum. Les visites par visioconférence, qui ont remplacé les visites en personnes pendant la pandémie, sont régulièrement annulées faute de personnel.

La conjointe d'un détenu, qui a requis l'anonymat par crainte de représailles, rapporte qu'au moins une rencontre virtuelle sur deux est annulée à cause du manque de personnel, d'autres sont écourtées parfois de moitié.

Elle dénonce le fait que malgré que tout le Québec soit en zone verte, les visites en personnes n'ont toujours pas repris. J'en pleure souvent. C'est quand même long et lourd. J'ai quand même trois enfants, on s'ennuie tous. Oui, on se parle au téléphone, c'est pas assez, déplore la mère de famille.

« Les enfants ils veulent le "vaccin prison" pour pouvoir aller voir leur père. »

— Une citation de  La conjointe d'une prisonnier

Un problème généralisé

Le cas de Trois-Rivières est loin d'être unique. Selon le Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec (SAPSCQ), il y aurait jusqu'à 30 % d'absences dans certains établissements de la province.

Le président Mathieu Lavoie constate que même avec l'annulation des activités due à la pandémie, ses membres ne parviennent pas à suffire à la tâche. C’est une situation jamais vue en 20 ans selon lui. Les heures supplémentaires volontaires et obligatoires s'accumulent.

Mathieu Lavoie prévient qu'avec les vacances, la situation risque d’empirer. Je ne les nommerai pas parce que ça pourrait être dangereux, mais j'ai des établissements qui n'ont pas les effectifs minimums pour assurer la sécurité. L'employeur accepte ça. Ça ne fonctionne pas. On met à risque nos établissements, mais on met à risque la population environnante de ces établissements-là également.

Le président du syndicat ajoute que la tension monte à l’intérieur des murs. Il observe que les agents doivent faire plus d’interventions et que plus de stupéfiants parviennent à entrer dans les prisons.

« Ça crée un mélange explosif. Les détenus n’ont pas d’activités, le personnel est épuisé, on rentre des stupéfiants à l’intérieur. »

— Une citation de  Mathieu Lavoie, président du SAPSCQ

À travers la province, le ministère de la Sécurité publique recense 318 postes vacants dans les 17 établissements québécois sur un peu plus de 3000 postes. À ce nombre s'ajoutent les agents en congé de maladie, en accidents de travail ou en congé parental.

Des obstacles au recrutement

Le syndicat estime que d’une part, les salaires moins élevés dans les établissements provinciaux que fédéraux rendent la rétention du personnel plus difficile. À cette réalité s’ajoutent les délais dans les enquêtes menées par la Sûreté du Québec avant l’embauche des nouveaux employés.

Sans compter le fait que la formation a été suspendue pendant la pandémie avant de reprendre avec seulement la moitié des étudiants. Il y a présentement une cohorte de 24 agents des services correctionnels (ASC) en formation à l’École nationale de police du Québec (ENPQ) et qui devraient graduer le 14 juillet.

La prochaine cohorte de 48 nouveaux ASC entamera sa formation à l’ENPQ le 30 août.

En outre, une cinquantaine d’ASC ayant un statut d’occasionnel œuvrent actuellement dans les établissements de détention où les besoins sont les plus criants.

Le ministère de la Sécurité publique précise que la suspension ou la réduction de plusieurs activités en établissement de détention a permis de revoir en partie l’organisation du travail. Des agents avec un statut occasionnel ont aussi été embauchés, mais avec une tâche réduite en attendant qu'ils aient complété une formation à l'ENPQ.

Quant aux visites en personne, elles n’ont pas repris, et le ministère affirme ne pas avoir encore de date à vous fournir quant à leur reprise.

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