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Le SPSO demande la mise sous tutelle du CISSS de l’Outaouais et la démission de sa PDG

Une femme interrogée par des médias.

La PDG du CISSS de l'Outaouais, Josée Filion, en conférence de presse (Archives).

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec-Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais (FIQ-SPSO) demande la mise sous tutelle du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l’Outaouais, de même que la démission de sa présidente-directrice générale, Josée Filion.

Dans un communiqué de presse diffusé mercredi, le syndicat indique que, devant la situation de crise qui persiste au CISSS de l’Outaouais, il a fait cette demande par écrit au ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé.

Le FIQ-SPSO dit en être venu à cette conclusion à la suite d’une ultime rencontre avec les représentants du CISSS de l’Outaouais, mardi après-midi, lors de laquelle un nouveau plan d’action devait être déposé.

Or, le plan proposé par la haute direction compromet l’offre de services et de soins sécuritaires à la population, de même qu’elles ne contiennent aucune mesure de redressement pour contrer de la grave pénurie de main-d’œuvre qui sévit dans la région, témoignant d’une absence de vision et d’une incompréhension totale de la situation sur le terrain, écrit le syndicat dans son communiqué.

Le FIQ-SPSO juge que dans les circonstances, la pression exercée sur les professionnelles en soins est devenue insoutenable, raison pour laquelle il exige des changements immédiats [...] pour rétablir un climat de travail plus stable et la collaboration entre les parties.

Portrait de la femme en entrevue via Facetime.

Karine D'Auteuil, présidente par intérim du Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais (Archives)

Photo : Radio-Canada

Dans des extraits de sa lettre au ministre Dubé, également adressée au ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, le syndicat parle d’un bris de confiance entre ses membres infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes et Mme Filion, estimant que celles-ci ne se sentent nullement appuyées et respectées par la direction générale.

Le syndicat estime également que les solutions qu’il propose ne sont jamais considérées et dénonce le recours systématique au temps supplémentaire obligatoire comme mode de gestion.

« Nous avons besoin d’un plan d’action en santé pour l’Outaouais afin d’assurer le financement, le recrutement et les services auxquels la population a droit »

— Une citation de  Extrait de la lettre adressée par le FIQ-SPSO au ministre Dubé

Le FIQ-SPSO réclame une rencontre avec les ministres Dubé et Lacombe afin que le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec reconnaisse les problèmes de l’Outaouais en matière de santé et qu’il accepte d’investir tant pour retenir le personnel infirmier que pour lui donner la possibilité de prodiguer des soins de qualité à la population.

La PDG du CISSS veut poursuivre les discussions

En point de presse, mercredi, en début d'après-midi, la PDG du CISSS de l’Outaouais a vivement réagi à la demande du syndicat.

On n’est pas dans une situation de mise en tutelle, loin de là. Le problème de main-d'œuvre est criant partout au Québec et on ne le voit pas seulement dans le réseau de la santé et des services sociaux [...]. Ce n’est pas un problème de gestion, la situation actuelle, c’est un problème de disponibilité de main-d'œuvre, a insisté Mme Filion. Pour moi, ce qui est important, c'est que les syndicats travaillent avec nous à trouver des pistes de solutions, à titre de collaborateurs en soutien à la situation actuelle.

« C'est identifier le mauvais problème, dans la situation actuelle, de penser que le problème est causé par la PDG et non par une pénurie de main-d'œuvre. »

— Une citation de  Josée Filion, présidente-directrice générale du CISSS de l'Outaouais

Mme Filion invite les syndicats à poursuivre les discussions, malgré la missive du FIQ-SPSO.

Ce que je m'attends, c'est qu'ils soient autour de la table avec nous et qu'on travaille en étroite collaboration pour régler la situation dans les meilleurs délais, parce qu'en attendant, s'ils ne souhaitent pas participer, et bien, ils prennent en otage la population.

Un comité de travail se met en place auquel le syndicat sera invité à participer dès la semaine prochaine pour trouver des solutions, a ajouté Serge Gauvreau, directeur adjoint à la direction des soins infirmiers.

On va construire des solutions qui vont être pérennes, a-t-il assuré. Il faut qu'on travaille ensemble pour mettre en place des solutions durables.

Mme Filion a assuré que sa démission n'est pas la solution et a haussé le ton.

Je ne travaille pas seule, il y a une équipe qui me soutient pour prendre les meilleures décisions pour la population [...] Je trouve très dommage cette mauvaise perception-là et ce ton du syndicat, a-t-elle dit. Une fois, de se faire un peu ramasser, ça peut passer, deux fois... Mais à un moment donné, il y a comme une espèce de limite à ce qu'on peut tolérer et accepter dans les relations patronales-syndicales. [...] C'est vraiment de la mauvaise foi de leur côté.

La PDG du CISSS de l'Outaouais a tenu à souligner que la situation n'est pas la même avec tous les syndicats.

Avec les informations de Camille Boutin

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