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Haïti : assassinat d'un journaliste et d'une militante politique

Des journalistes manifestant à Port-au-Prince.

En Haïti, alors que la situation sécuritaire se détériore, les journalistes déplorent une aggravation de leurs conditions de travail et l'augmentation des violences dont ils sont la cible.

Photo : AFP / Valérie Baeriswyl

Agence France-Presse

Un journaliste et une militante politique d'opposition ont été assassinés dans la nuit de mardi à mercredi dans la capitale haïtienne par des individus non identifiés qui ont ensuite tué plusieurs riverains, rapportent les professionnels des médias.

Les photos des corps sans vie de Diego Charles, au sol, et d'Antoinette Duclair, une militante pour le parti d'opposition Matrice Libération, au volant de sa voiture, circulaient sur les réseaux sociaux haïtiens mercredi matin. Les deux victimes étaient âgées de 33 ans.

Le gouvernement ad intérim se prosterne devant la mémoire des victimes des assassinats en série qui se sont produits [dans les quartiers de] Delmas 32 et Christ-Roi dans la nuit du mardi 29 juin 2021, particulièrement ceux du journaliste de la radio vision 2000 Diego Charles et de la militante féministe Antoinette Duclair, a réagi la Primature de la République d'Haïti.

Ces crimes odieux et ces actions répréhensibles ne peuvent en aucun cas rester impunis dans une société démocratique, a-t-elle ajouté.

Affrontements et manifestations

La mainmise des gangs sur Haïti s'est aggravée depuis le début de l'année et, depuis juin, des affrontements entre bandes armées dans l'ouest de la capitale ont poussé des milliers d'habitants des quartiers pauvres à fuir leur logement.

Ces nouveaux homicides ont suscité la colère des riverains dans la matinée, qui ont placé des pneus enflammés sur une route voisine.

Des journalistes manifestant derrière une grande banderole.

Plus de 200 journalistes avaient défilé à Port-au-Prince, en janvier 2021, pour dénoncer les violences à leur encontre.

Photo : afp via getty images / Valérie Baeriswyl

Nous sommes consternés par cet assassinat qui vient augmenter la liste des journalistes assassinés pendant ces trois dernières années, a réagi Jacques Desrosiers, secrétaire général de l'association des journalistes haïtiens.

Comme toujours, on va avoir les autorités judiciaires qui vont annoncer des enquêtes qui ne vont jamais aboutir. Nous sommes habitués à ça.

Une citation de :Jacques Desrosiers, secrétaire général de l'association des journalistes haïtiens

Emblématique, le cas de l'assassinat, en avril 2000, du plus célèbre journaliste haïtien de l'époque, Jean Dominique, n'a toujours pas été résolu.

Il n'y a pas eu de justice pour Jean Dominique comme il n'y aura pas de justice pour Diego. Nous sommes livrés à nous-mêmes, a réagi Assad Volcy, président de Gazette Haïti, média en ligne pour lequel Diego Charles, reporter pour la radio Vision 2000, collaborait depuis 2 ans.

Le photojournaliste Vladjimir Legagneur n'est, lui, jamais revenu d'un reportage qu'il était allé faire, en mars 2018, dans le quartier de Martissant, aujourd'hui théâtre d'affrontements entre gangs.

La police n'a toujours pas publié les résultats d'un test ADN qui aurait été réalisé quelques jours après sa disparition sur les restes d'un corps.

Les enquêtes sur les meurtres de deux journalistes, assassinés en juin et octobre 2019, n'ont également pas encore abouti.

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