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182 sépultures non marquées découvertes près d'un pensionnat en C.-B.

L'annonce suit les découvertes semblables à Kamloops, en Colombie-Britannique, et à l'ancien pensionnat de Marieval, en Saskatchewan.

Une jeune autochtone assiste à une veillée à la chandelle pour rendre hommage aux pensionnaires autochtones.

Les découvertes près d'anciens pensionnats pour Autochtones ont causé une véritable onde de choc à travers le Canada.

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

La communauté autochtone Lower Kootenay, en Colombie-Britannique, révèle la découverte de 182 tombes non marquées près d'un ancien pensionnat.

En 2020, alors que la communauté aq̓am effectuait des travaux autour du cimetière situé dans l’enceinte de l’ancien pensionnat St Eugene Mission, une tombe inconnue et non marquée a été trouvée.

En consultation avec les aînés et les gardiens du savoir , la communauté, membre de la Première Nation Ktunaxa, a entrepris de fouiller le sol à l’aide de radars pénétrants pour identifier d'autres tombes non marquées.

Ce fut une expérience profondément troublante et douloureuse pour nos aînés et la communauté dans son ensemble , remarque le chef aq̓am, Joe Pierre. Certains des restes ont été enterrés dans des tombes d’environ 1 mètre de profondeur.

Nous croyons que ces 182 vies sont celles de la nation Ktunaxa, des Premières Nations voisines et de la communauté aq̓am, explique Jason Louie, le chef de la communauté Lower Kootenay, visiblement ému par les événements.

Si ces enfants n'avaient pas été assassinés, ils seraient aujourd'hui des gardiens du savoir, et nous en avons si peu en ce moment.

Une citation de :Jason Louie, chef de la communauté Lower Kootenay
Une paire de mocassins devant la flamme du Centenaire.

Les excuses ne sont plus suffisantes, croit le chef Jason Louie.

Photo : Radio-Canada / Hugo Bélanger

Mes proches, des gens de ma communauté, ont fréquenté ce pensionnat et certains ont perdu leur vie simplement parce qu’ils étaient Autochtones, ajoute-t-il.

À l’instar de l’Organisation des Nations unies, il réclame la poursuite en justice des responsables de ce qu’il considère comme un génocide.

Il est temps d'agir. Il faut retrouver ces prêtres et ces religieuses et tous ceux qui ont participé à cela, affirme Jason Louie. Les excuses ne suffisent plus.

Une 3e découverte

L'annonce survient après la découverte de ce qui semble être les restes d’environ 215 enfants près d’un ancien pensionnat pour Autochtones à Kamloops, en Colombie-Britannique.

La communauté de la Première Nation de Cowessess a retrouvé, à la fin du mois de juin, 751 tombes anonymes tout près de l’ancien pensionnat pour Autochtones de Marieval, en Saskatchewan.

Le sort tragique de milliers d'enfants autochtones est bien documenté. Entre 1870 et 1990, au pays, plus de 150 000 enfants autochtones ont été envoyés de force dans 139 pensionnats gérés par des organisations religieuses.

Une modification de la Loi sur les Indiens en 1894 a rendu obligatoire la fréquentation de ces pensionnats.

L'ancien pensionnat pour Autochtones St Eugene est aujourd’hui un lieu de villégiature.

L'ancien pensionnat pour Autochtones St Eugene est aujourd’hui un lieu de villégiature situé près de Cranbrook, en C.-B.

Photo : St. Eugene Mission Resort/The Associated Press

Des archives attendues

Situé à quelques kilomètres de Cranbrook, au sud de la Colombie-Britannique, le pensionnat pour Autochtones St. Eugene Mission est aujourd’hui un lieu de villégiature.

Les tombes étaient traditionnellement marquées de croix en bois et cette pratique se poursuit encore aujourd'hui dans de nombreuses communautés autochtones à travers le Canada, affirme le chef Joe Pierre.

Les croix en bois peuvent disparaître avec le temps en raison de l'érosion ou d’incendies entraînant une tombe anonyme, précise-t-il. Ces facteurs, entre autres, rendent extrêmement difficile d'établir si ces tombes contiennent les restes d'enfants qui ont fréquenté le pensionnat ou non.

Fermé en 1970, il a été géré par la congrégation religieuse des Oblats de Marie Immaculée, qui a aussi été responsable des pensionnats de Kamloops et de Marieval, en Saskatchewan.

Pressés par les communautés survivantes, les Oblats ont promis de dévoiler tous leurs documents sur les pensionnats pour Autochtones.

Des traces de mains et de peintures rouges recouvrent les portes d'une église de Saskatoon.

Les portes la Co-Cathédrale Saint-Paul de Saskatoon ont été recouvertes d'inscriptions peintes en guise de protestation après la découverte de 751 tombes anonyme près de l'ancien site du pensionnat pour Autochtones de Marieval, dans la Première Nation de Cowessess.

Photo : Donna Heimbecker/Facebook

Une fête du Canada différente

La sombre nouvelle survient à la veille de la fête du Canada, au cours duquel les drapeaux du pays demeureront en berne, annonce le premier ministre, Justin Trudeau.

C’est extrêmement important d’avoir des réflexions ensemble sur les responsabilités que nous avons tous, a-t-il dit lors d’un point de presse mercredi.

De nombreuses communautés à travers le pays ont annulé leur célébration, préférant porter un regard sobre sur ce que signifie être Canadien à la lumière des événements récents.

  • Ligne bilingue d'appui pour les survivants des pensionnats pour Autochtones : 1 866 925-4419

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