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Tourisme : Québec attend les Américains avec impatience

Sans bateaux de croisière encore cette année, l'industrie touristique de Québec espère une manne terrestre en provenance des États-Unis.

Un traversier sur le fleuve St-Laurent en face du Château Laurier

L'Office du tourisme de Québec vise un taux d'occupation de 55 à 65 % des hôtels cet été, et encore davantage si le marché américain redevient accessible (archives).

Photo : Radio-Canada / Janic Tremblay

Maintenant que la campagne intraprovinciale est lancée et qu'elle atteint des résultats inespérés selon les standards de l'Office du tourisme de Québec (OTQ), son directeur général Robert Mercure se prépare pour les Américains, qui ont selon lui un désir « refoulé » de traverser la frontière dès sa réouverture.

Lancée il y a un mois, la plus vaste campagne promotionnelle des dix dernières années pour la ville de Québec donne des résultats encourageants, selon l'OTQ. Déjà, les vidéos promotionnelles invitant les Québécois à visiter la capitale cet été ont été vues plus de 12 millions de fois en incluant les Ontariens, courtisés par l'Office depuis la réouverture de la frontière provinciale, à la mi-juin.

La portée de la campagne sur les réseaux sociaux dépasse le potentiel des 100 millions de personnes atteintes. C'est du jamais vu au niveau de notre campagne publicitaire, a affirmé Robert Mercure à l'occasion d'une conférence de presse tenue mercredi matin, aux côtés du maire Régis Labeaume.

Robert Mercure est le directeur général de l'Office du tourisme de Québec. Il est en entrevue avec Radio-Canada dans le Vieux-Québec.

Robert Mercure, directeur général, Office du tourisme de Québec (archives).

Photo : Radio-Canada

Cette campagne vise notamment à promouvoir l'achat d'une carte de crédit prépayée de 75 $ à dépenser dans les hôtels de Québec. Une stratégie utilisée afin de prolonger les séjours au centre-ville. D'ailleurs, la pandémie a quelque peu modifié les habitudes des consommateurs, selon M. Mercure. La moyenne d'un séjour à Québec était de 1,7 nuitée avant la crise, alors que ce chiffre est maintenant à 2,4.

M. Mercure voit dans l'ensemble de ces chiffres une tendance encourageante et il a bon espoir que les taux d'occupation dans les hôtels vont tripler en juillet, août et septembre. L'OTQ vise des taux d'occupation de 55 à 65 % pour la saison estivale.

Pour l'heure, dit-il, le téléphone sonne et des milliers de séjours ont été réservés à partir de cette campagne de promotion.

Les Américains attendus

Reste que la capitale ne pourra compter sur les bateaux de croisière encore cette année pour prolonger sa saison touristique au-delà de septembre. Robert Mercure et son équipe ont donc tourné le regard vers le sud. Toujours fermée, la frontière canado-américaine représente selon lui une clé de voûte majeure pour l'industrie touristique.

M. Mercure sent un fort intérêt des Américains à se rendre vers Québec dès qu'ils le pourront, en particulier en provenance de la côte est. Pour eux, c'est comme aller en Europe en voiture, a-t-il imagé, soulignant à plusieurs reprises le potentiel de ce marché névralgique.

Et si les commerçants de Québec tapent du pied, il est convaincu que les touristes américains sont tout aussi impatients.

Je sens qu'il y a une demande refoulée [des Américains].

Une citation de :Robert Mercure, directeur général, Office du tourisme de Québec

Une grande question demeure cependant : à quand une réouverture de la frontière? À ce sujet, Robert Mercure espère que ce sera pour bientôt. J'ai bon espoir qu'on va avoir un impact à la fin de l'été ou cet été, s'est-il avancé.

Et si la bonne nouvelle devait être annoncée au cours des prochains jours ou semaines, on a des campagnes marketing prêtes pour ça, a-t-il ajouté.

Un poste frontalier fermé entre les États-Unis et le Canada.

Les frontières terrestres entre le Canada et les États-Unis sont fermées depuis mars dernier.

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

Stabiliser l'industrie

Robert Mercure a par ailleurs insisté à l'effet que l'OTQ ne ralentira pas la cadence d'ici la fin de l'année en cours pour attirer des visiteurs. Dans un contexte de relance post-pandémie, il faut tout faire pour remplir la ville le plus tôt possible, a-t-il soutenu, réitérant son engagement envers les commerçants, les restaurateurs et les hôteliers de Québec.

Il faut selon lui stabiliser l'industrie en stimulant la demande. Il y voit même un moyen d'attirer de la main-d'œuvre, difficile à trouver par les temps qui courent en raison de l'instabilité causée par la pandémie. C'est difficile pour les hôtels et les restaurants, a-t-il concédé. Il y a quelques hôtels ont de la misère à rouvrir à 100 %.

Or, si les heures de travail sont au rendez-vous et la demande assez forte, M. Mercure croit qu'il y aura une meilleure attractivité et une meilleure rétention des employés. Ça commence avec la demande.

Une terrasse de restaurant en été

L'Office du tourisme de Québec veut donner du souffle aux commerçants de Québec (archives).

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

Une ville animée

L'animation des quartiers centraux et partout en ville est une autre carte de visite mise de l'avant par la Ville de Québec.

Le maire Régis Labeaume a annoncé mercredi que 4500 prestations artistiques seront présentées cet été dans 91 parcs et lieux publics de la ville. Pas moins de 1000 artistes et artisans locaux auront du boulot dans l'une ou l'autre de ces activités, dont plusieurs seront spontanées par souci de respecter les consignes sanitaires.

Musique, cirque, théâtre, arts visuels et diverses disciplines seront mis à contribution.

Cette année, ce ne sont pas les citoyens qui devront se rendre aux animations, ce sont les animations qui viendront à eux.

Une citation de :Régis Labeaume, maire de Québec

Cette stratégie de la Ville de Québec a été annoncée plus tôt ce printemps, avant le déconfinement provincial après des mois de restrictions liées à la pandémie de COVID-19. Avec le recul et même si la région est au vert, le maire Labeaume ne regrette pas d'avoir coupé les grands événements cette année.

Il fallait démarrer et prendre des décisions il y a quelques mois, a-t-il dit mercredi. On est convaincu de notre choix. Durant l'été, les gens vont consommer du contenu culturel comme jamais ils l'ont fait dans leur vie malgré tous les festivals qui existent.

Le maire Régis Labeaume.

Régis Labeaume est convaincu que la stratégie d'animation de la Ville de Québec est la bonne pour cet été (archives).

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Sur la nécessité d'attirer des visiteurs à Québec en 2021, le maire est du même avis que Robert Mercure. Les commerçants ont, selon lui, besoin d'un été où ils pourront générer des profits et non seulement survivre, surtout que les aides gouvernementales se font plus rares après plus d'une année de pandémie.

Sans une stratégie d'animation et un investissement majeur en promotion de la région, je pense qu'on en aurait perdu plusieurs, a-t-il mentionné. C'était ça, notre réflexion.

Si elle fonctionne et si les commerçants y trouvent leur compte, Régis Labeaume y voit une sauvegarde de la capacité d'accueil de Québec. Et ça, on va en avoir besoin [dans les prochaines années].

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