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Québec octroie 1,6 M$ pour une meilleure couverture en obstétrique dans l'Est-du-Québec

Une infirmière dans une salle d'opération.

Dans l'Est-du-Québec, plusieurs hôpitaux sont souvent touchés par des ruptures de service en obstétrique (archives).

Photo : Getty Images / gpointstudio

Québec a annoncé mardi un investissement de 4,2 millions de dollars pour les soins en obstétrique dans les régions, dont 1,6 million sera versé dans l'Est-du-Québec, notamment pour bonifier la main-d'œuvre infirmière.

Des 4,2 millions annoncés dans la province, un million de dollars serviront à la création d'un réseau d'infirmières de dépannage en obstétrique, qui seront appelées à se déplacer lors de besoins ponctuels ou pour prévenir d'éventuelles ruptures de service.

Financement accordé en obstétrique

  • Bas-Saint-Laurent : 700 000 $
  • Gaspésie : 500 000 $ (montant récurrent)
  • Îles-de-la-Madeleine : 100 000 $
  • Côte-Nord : 300 000 $

De plus, 2,5 M$ permettront de financer 25 postes d'infirmières cliniciennes chargées de faire du mentorat dans sept régions afin de développer et maintenir l'expertise des infirmières qui y travaillent.

Sur ces 25 infirmières, 7 seront basées au Bas-Saint-Laurent, 5 en Gaspésie, 1 aux Îles-de-la-Madeleine et 3 sur la Côte-Nord.

Par courriel, le Centre intégré de santé et de services sociaux de la Gaspésie dit se réjouir de cette annonce et estime que la présence de conseillères cliniques en obstétrique va contribuer au recrutement d'infirmières et à leur rétention dans les différents départements d’obstétrique de la région.

Or, le président du Syndicat des infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes de l'Est-du-Québec (SIIIEQ), Pier-Luc Bujold, précise que ces postes ont été créés il y a près d'un an déjà en Gaspésie, mais que le manque de personnel est tellement criant que les infirmières cliniciennes n'ont pas le temps de transmettre leurs connaissances à d'autres.

Ce sont des nouveaux postes qui ont été créés, mais dans un bassin restreint qui a une expertise en obstétrique donc c'est seulement un changement de chaise et ça a laissé des places vacantes, déplore M. Bujold.

D'autres solutions proposées sur le terrain

Quant aux sommes annoncées, le président du Syndicat des infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes de l'Est du Québec indique qu'il n'a eu aucune précision à savoir comment cet argent sera investi sur le terrain.

« J'espère que cet argent-là va acheter aussi l'ouverture d'esprit du Centre intégré de santé et de services sociaux de la Gaspésie dans l'analyse des solutions. Nous avons des difficultés en obstétrique, mais lorsque les infirmières qui sont expertes dans le milieu arrivent avec des solutions, il y a peu d'ouverture du côté de l'employeur. »

— Une citation de  Pier-Luc Bujold, président du SIIIEQ

M. Bujold cite en exemple l'importance de revoir la gestion des horaires et de défusionner les différents départements qui ont été regroupés, pour attirer et retenir davantage le personnel.

Les gens sont peu attirés à ces départements et il y a des raisons structurelles, donc il faut que le Centre intégré de santé et de services sociaux de la Gaspésie s'attaque à ces raisons structurelles-là, avance-t-il.

Dans les dernières années, on a assisté à des fusions monstre de centres d'activités, ce qui fait que l'obstétrique est souvent mélangé avec la médecine, la chirurgie et ainsi de suite. Il faut revenir, défusionner pour créer un sentiment d'appartenance dans les départements d'obstétrique. Ça, c'est une fermeture assez complète au niveau du Centre intégré de santé et de services sociaux de la Gaspésie, déplore M. Bujold.

Pier-Luc Bujold, photographié lors de la manifestation du 30 avril.

Le président du SIIIEQ, Pier-Luc Bujold, hésite à se réjouir des investissements annoncés par Québec pour les services d'obstétrique (archives).

Photo : Radio-Canada / Roxanne Langlois

Selon l'annonce de Québec, les infirmières des établissements à faible volume d'activité pourront aussi profiter d'une somme de 700 000 $ pour faciliter les stages d'exposition en obstétrique, afin de les aider à conserver leurs compétences.

Un comité national sur les effectifs infirmiers a été mis en place au printemps en vue de l'élaboration d'un plan d'action 2021-2023 qui vise à réduire la pénurie d'infirmières dans le réseau de santé québécois. Une deuxième phase de travaux doit débuter à l'automne avec la mise en place de divers chantiers de travail.

L'hôpital de Matane est particulièrement touché par le manque de main-d'œuvre infirmière en obstétrique. Le service a d'ailleurs été interrompu pendant presque tout le mois de juin. Il s'agissait de la troisième interruption de services depuis le début de l'année à Matane.

Le président-directeur général adjoint du Centre intégré de santé et de services sociaux du Bas-Saint-Laurent, Jean-Christophe Carvalho, estime toutefois que l'annonce de Québec va contribuer l'hôpital de Matane, et les autres installations de la région, à se rapprocher d'une autonomie complète.

Au-delà des efforts qu'on va continuer de faire pour recruter et former le personnel en obstétrique et qu'on puisse être autonomes le plus possible au niveau régional, ces mesures-là vont aussi permettre, en cas de découverture infirmière, qu'on puisse avoir des alternatives à offrir pour minimiser le nombre de ruptures de service dans l'année, avance M. Carvalho.

Rien n'est réglé à Chandler

La situation est également très critique à l'hôpital de Chandler, selon le Syndicat des infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes de l'Est du Québec, qui estime que le manque de main-d'œuvre met en danger le personnel et la clientèle du département d'obstétrique.

À ce sujet, M. Bujold indique qu'une rencontre a eu lieu mardi entre le Centre intégré de santé et de services sociaux de la Gaspésie, le Syndicat des infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes de l'Est du Québec et les infirmières.

Le syndicat et les infirmières sont arrivés avec des solutions, en recherche de solutions aussi, mais le ton du Centre intégré de santé et de services sociaux de la Gaspésie était plus un ton de reproche d'être sorti dans les médias donc on n'a pas pu avancer, déplore-t-il.

D'autres rencontres doivent avoir lieu, mais aucune date n'a encore été fixée, selon M. Bujold.

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