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Envoyé spécial

La résilience des artistes du Québec en pleine pandémie à Las Vegas

Une femme aux longs cheveux noirs sourit en tenant un micro à la main.

Elyzabeth Diaga dans son spectacle «Queens of Rock»

Photo : Facebook/Queens of Rock

Radio-Canada

LAS VEGAS – The show must go on… Pendant la pandémie, des artistes du Québec ayant élu domicile à Las Vegas ont dû composer avec un ralentissement des activités dans cette ville qui vit en partie du tourisme. C’est ainsi que l’artiste de cirque Caroline Lauzon s’est tournée vers l’immobilier et que la chanteuse Elyzabeth Diaga a, malgré tout, installé son spectacle Queens of Rock en résidence en octobre dernier. Notre envoyé spécial Nabi-Alexandre Chartier est allé à leur rencontre.

Lorsque l’interprète et créatrice Elyzabeth Diaga, qui a participé à La voix à l’hiver 2020, a signé son contrat avec la salle The Mosaic on the Strip en décembre 2019, il était prévu qu’elle monte sur scène à partir du mois de septembre. Entre-temps, la pandémie a déferlé sur le monde, mais l’artiste et son producteur, Gilles Beaulieu, ont maintenu le cap.

Cela faisait cinq ans que le tandem travaillait pour s’établir à Las Vegas avec Queens of Rock, qui rend hommage à plusieurs grands noms féminins de la musique rock.

« Il y a des gens qui viennent ici pour miser de l’argent. Moi, je mise ma vie, mon âme et ma passion. »

— Une citation de  Elyzabeth Diaga, créatrice et interprète

Quand on a pris la décision et qu’on a dit "on y va", les cas [de COVID-19] étaient à la baisse, raconte Gilles Beaulieu. On ne l’a pas regretté. On a été chanceux, car le 30 septembre, ils ont annoncé que les salles pouvaient rouvrir à capacité réduite et la première du spectacle a eu lieu le 8 octobre.

La Strip n’était pas déserte, se rappelle Elyzabeth Diaga.

Certes, la capacité de la salle est restée limitée ces derniers mois, mais la chanteuse a pu se produire devant un public masqué et dans le respect des mesures sanitaires en vigueur.

On a dû faire preuve de résilience et de patience, ajoute le producteur. Il y avait peu de spectacles, alors ça a permis à Queens of Rock de se faire connaître un peu plus. Beaucoup d’artistes d’autres spectacles sont venus le voir.

Une année de reconversion et de préparation

Las Vegas, durement touchée par la pandémie, a enregistré l’un des taux de chômage les plus élevés aux États-Unis.

L’artiste de cirque Caroline Lauzon a réussi de son côté à éviter le pire en devenant courtière immobilière.

Cette artiste travaillait pour le Cirque du Soleil quand la pandémie a forcé la compagnie à mettre tous ses spectacles sur pause. Heureusement, la jeune femme de Joliette détenait déjà un permis de courtage immobilier, car elle songeait à une reconversion professionnelle.

Le Cirque du Soleil à Las Vegas avec « Mystère »

J’aime la scène, mais il faut penser à l’après, car le corps ne va pas suivre pour toujours, dit-elle. 

Quand la pandémie a frappé, elle s’est donc dit que c’était le bon moment pour mettre en pratique ses cours en immobilier. De plus, le fait de bénéficier de l’assurance-emploi l’a aidée financièrement le temps qu’elle se fasse remarquer dans un marché en ébullition.

Quelle année pour commencer en immobilier! Ça m’a poussée à m’y mettre 24 heures sur 24, dit-elle.

Jeudi, Caroline Lauzon fera à nouveau face au public venu admirer ses prouesses et celles de ses collègues du spectacle O du Cirque du Soleil.

À jamais, le Cirque du Soleil sera l’amour de ma vie. J’y ai vécu les plus beaux moments de ma vie, affirme l’artiste.

Toutefois, lorsque viendra le jour où son corps ne pourra plus suivre, la voltigeuse de 38 ans sait que sa carrière peut emprunter d’autres avenues.

« Cette année de transition m’a aidée mentalement. Je suis persuadée qu’il y a de l’espoir pour la suite, après le Cirque. »

— Une citation de  Caroline Lauzon, circassienne
Un homme est dans les airs pendant que des gens sont dans l’eau.

Le spectacle «O» du Cirque du Soleil à Las Vegas

Photo : Cirque du Soleil/Matt Beard

Poursuivre le rêve végasien

L’optimisme, c’est également ce qui anime aujourd’hui Elyzabeth Diaga. Les touristes reviennent en plus grand nombre à Las Vegas et les mesures sanitaires se sont assouplies.

Les gens ont soif de spectacles, observe celle dont le visage figure sur les publicités de Queens of Rock qui trônent sur le toit des taxis de la ville.

Voir son nom côtoyer ceux des grandes pointures du divertissement la remplit d’émotion : Peut-on rêver plus que ça? Ça me montre que j’ai ma place et ça m’encourage à continuer.

« Tout le monde sait qu’on existe maintenant. On peut commencer à récolter les fruits de notre travail. »

— Une citation de  Gilles Beaulieu, producteur

Désormais, l’artiste et son producteur n’attendent plus que le retour des touristes du Canada à Las Vegas.

Rejoindre le plus de gens possible, c’est ce que je voulais en créant mon spectacle en 2010, explique la Québécoise. Si je peux avoir une conversation musicale avec le plus de monde possible, c’est mon jackpot!

Le contrat avec The Mosaic on the Strip doit s’achever à l’automne prochain, mais Gilles Beaulieu négocie présentement sa prolongation pour que la puissante voix d’Elyzabeth Diaga puisse continuer de résonner encore longtemps au milieu du désert du Nevada.

Ceci est le troisième reportage d'une série de notre envoyé spécial, Nabi-Alexandre Chartier, à Las Vegas.

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