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« On veut être du bon côté de l'histoire » : Le Six de Toronto brille par sa diversité

Des joueuses du Six de Toronto se félicitent après avoir inscrit un but lors d'un match.

Le Six de Toronto a disputé sa saison inaugurale en 2020-2021.

Photo : Twitter/TheTorontoSix

L'équipe professionnelle de hockey féminin de Toronto, le Six, a récemment procédé à une refonte de son personnel hockey en marge de la deuxième saison de son histoire. L'organisation a engagé un nouvel entraîneur-chef, une entraîneure adjointe de renom et une nouvelle directrice générale. Ce qui frappe, c'est qu'ils sont tous issus de la diversité, un fait rare dans l'industrie.

Lorsqu'il a été nommé à la barre du Six au début juin, Mark Joslin est devenu le premier entraîneur-chef noir dans les annales de la Ligue nationale de hockey féminin (NWHL).

Angela James, qu'il a convaincue de le rejoindre derrière le banc, et Krysti Clarke, qui a été faite DG de l'équipe lundi, sont aussi les premières personnes noires à occuper leur poste respectif dans la NWHL, une ligue qui en sera à sa septième saison en 2021.

Digit Murphy a fait ses devoirs et amené à bord les gens qu'elle estimait les plus qualifiés en dépit de la couleur (de leur peau) ou de leur race. Je pense honnêtement que ce n'est qu'une coïncidence que l'organisation ait embauché trois personnes de couleur pour diriger l'équipe, dit Mark Joslin même s'il se réjouit de ce fait peu commun dans le monde du hockey où les hommes – les hommes blancs particulièrement – ont d'ordinaire préséance.

Joslin est un entraîneur depuis plus de vingt ans. Il a passé les quatre dernières saisons à la barre des Patriots de Toronto dans la Ligue de hockey junior de l'Ontario (OJHL). Auparavant, il avait dirigé les équipes d'Aurora, Pickering, Stouffville et North York and cette même ligue. Il a aussi œuvré comme recruteur pour les Generals d'Oshawa et les Colts de Barrie dans la Ligue de hockey de l'Ontario (OHL).

Krysti Clarke, qui a fait partie du processus d'embauche de Joslin et James, reconnaît que l'objectif n'a jamais été d'embaucher des entraîneurs exclusivement issus de la diversité, mais elle qualifie le résultat final d'heureuse coïncidence.

On veut correspondre à la définition du changement. On veut changer la façon dont le hockey est perçu parce que nous avons la plateforme pour le faire [...] On veut être du bon côté de l'histoire.

Une citation de :Krysti Clarke, directrice générale du Six de Toronto

En tant que personne qui fait partie de trois catégories de minorité, j'ai souvent été la seule personne de couleur dans une pièce, la seule femme, la seule personne queer, ou les trois. Avec le Six, c'est la première fois que je suis dans la majorité [...] et ça fait du bien de savoir que je ne suis plus seule, dit Clarke.

Cette dernière, en plus d'être à la tête du Six désormais, est aussi la directrice des opérations du York United FC depuis trois ans, dans la Première Ligue canadienne de soccer.

Angela James et Cammi Granato observent leur bague du Temple de la renommée lors de leur cérémonie d'intronisation.

Angela James (gauche) a été l'une des premières femmes intronisées au Temple de la renommée du hockey, en 2010.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

L'ajout le plus remarquable au Six demeure celui d'Angela James. Mark Joslin, qui l'a connu dans les années 80 alors qu'ils jouaient tous deux pour les équipes de hockey du Collège Seneca, dit qu'elle aura un apport inestimable. Elle est après tout l'une des hockeyeuses les plus décorées de tous les temps, rappelle-t-il.

Pionnière à proprement parler, James a aidé le Canada à gagner quatre Championnats du monde. Elle a aussi été l’une des deux premières femmes, le premier joueur ouvertement homosexuel et le deuxième athlète noir à être intronisé au Temple de la renommée du hockey, en 2010.

Elle est la Wayne Gretzky du hockey féminin, résume simplement Krysti Clarke.

J'aime toujours autant le hockey, dit la principale intéressée. J'ai toujours été impliquée dans le sport, mais le moment était idéal pour revenir auprès de joueuses d'élite et les conseiller.

Bien qu'elle a souhaité s'en tenir au hockey en entrevue, Angela James a tout de même reconnu l'importance des embauches du Six pour les générations qui suivront dans le hockey.

Je pense que c'est une superbe opportunité pour tout le monde. Compte tenu de tout ce qui s'est produit dans la dernière année, c'est aussi un message positif que nous envoyons [...] À l'avenir, si ça peut seulement aider un joueur à être plus confortable dans son environnement, on aura fait notre travail. Et, peut-être que ça attirera des communautés plus diversifiées et des personnes de couleur vers l'équipe, la ligue et le sport, conclut-elle.

L'embauche d'Angela James a déjà résonné auprès d'une des nouvelles joueuses du Six. La défenseure Saroya Tinker, qui est aussi issue de la diversité, dit avoir été très émotive après avoir appris la nouvelle de son arrivée. Mise sous contrat par le Six la semaine dernière, Tinker n'était pas au courant que l'embauche de James se tramait en coulisses.

J'ai eu quelques larmes de joie pour tout dire. Depuis le début de ma carrière, je n'ai jamais eu la chance de jouer pour un entraîneur de couleur et ç'aurait pu faire une énorme différence. Je peux encore beaucoup m'améliorer et ça me donne envie de travailler encore plus fort de savoir que je pourrai jouer pour Angela James, que j'ai toujours admiré. Je suis très excitée. C'est positif et c'est ainsi qu'on peut faire des changements importants, dit-elle.

Je pense qu'on donne enfin aux personnes noires dans le hockey ce qui leur revient. On pourrait le voir comme l'embauche d'une personne d'une minorité visible, mais à mon avis, Mark Joslin et Angela James sont aussi qualifiés que bon nombre de leurs homologues blancs qui leur ont été préférés par le passé, ajoute-t-elle.

À sa saison recrue dans la NWHL l'an dernier, Tinker a remporté le Trophée Denna Laing pour son engagement dans la lutte contre le racisme et l'injustice sociale aux États-Unis et au Canada. Native d'Oshawa, elle souhaite que son retour près de la maison puisse aussi lui permettre de s'impliquer davantage dans la communauté.


Quelques ajouts supplémentaires

En plus des récentes mises sous contrat, le Six de Toronto a fait plusieurs ajouts à sa formation par l'entremise du repêchage de la NWHL mardi soir. L'équipe torontoise a d'abord choisi les joueuses d'avant Maegan Beres (3e) et Tatum Skaggs (4e) ainsi que la défenseure Taylor Davison (5e) au premier tour.

Le Six a appelé les Canadiennes Annie MacDonald (9e), Rachel Marmen (10e) et Olivia Atkinson (22e), l'Américaine Leah Marino (16e) et la Russe Daria Tereshkina (28e) lors des tours suivants.

Kim Ng, la directrice générale des Marlins de Miami et la première femme à occuper un tel poste dans le baseball majeur, a d'ailleurs annoncé le choix de Toronto au 4e rang. Le défenseur P.K. Subban, des Devils du New Jersey, a quant à lui révélé la sélection du Six au 10e échelon.

Les Olympiennes Caroline Ouellet et Julie Chu ont divulgué le choix d'Atkinson au quatrième tour, elles qui l'ont dirigé à l'Université Concordia.

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