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Glyphosate : l'interdiction tombe à l'eau dans le Maine

Un hélicoptère répand un produit sur une forêt.

Le glyphosate est notamment utilisé par l'industrie forestière (archives)

Photo : CBC/James Steidle

Pascal Raiche-Nogue

Un projet de loi visant à interdire l’épandage aérien de glyphosate a récemment été adopté par les élus du Maine. Mais cette initiative des démocrates a été torpillé par la gouverneure, elle aussi une démocrate. 

Le projet de loi déposé par le président du Sénat du Maine, le démocrate Troy Jackson, vise à interdire l’épandage de glyphosate et d’autres herbicides synthétiques en sylviculture. Il a été adopté au début juin par la Chambre des représentants et par le Sénat de cet État.

Il s’est ensuite retrouvé sur le bureau de la gouverneure, la démocrate Janet Mills. Elle a imposé son veto, vendredi dernier, mettant ainsi en péril la survie du projet de loi.

Dans une déclaration aux élus du Maine, elle explique que l’épandage aérien du glyphosate est extrêmement limité et est effectué à des intervalles de 40 à 60 ans dans la forêt.

Selon elle, les grands propriétaires de lots boisés doivent avoir accès à cet outil pour améliorer la croissance d’espèces d’arbres désirables et pour contrôler la compétition de la part d’espèces indésirables, comme l’hêtre, qui est sujet aux maladies.

Janet Mills affirme qu’au lieu d’interdire complètement cette pratique, elle va demander aux autorités de l’État du Maine de renforcer la réglementation et ainsi de limiter davantage l’épandage aérien d'herbicides.

« Tout revient à l’avidité, au pouvoir et à l’influence »

Troy Jackson en entrevue par vidéoconférence

Le président du Sénat de l'État du Maine, le démocrate Troy Jackson, en entrevue avec Radio-Canada Acadie (capture d'écran)

Photo : Radio-Canada

En entrevue avec Radio-Canada Acadie, Troy Jackson rejette du revers de la main ces arguments.

Il accuse la gouverneure d’avoir placé les intérêts des propriétaires de lots boisés et de l’industrie forestière – qui ont beaucoup d’influence dans le Maine – devant ceux de la population.

Tout revient à l’avidité, au pouvoir et à l’influence. C’est s’assurer que les grands propriétaires terriens peuvent maximiser leurs profits sur le dos des gens, de l’environnement, de ma communauté. Et ça m’énerve.

Troy Jackson et ses alliés – qui argumentent que le glyphosate et les autres herbicides du genre sont dommageables pour l’environnement – ont un dernier espoir.

Mercredi, cet élu démocrate va demander au Sénat du Maine d'outrepasser le veto opposé par la gouverneure, comme le lui permettent les lois de son État.

Mais ce n’est vraiment pas gagné d’avance. Pour donner une seconde vie à son projet, deux tiers des sénateurs devront voter pour outrepasser le veto.

Si tous les sénateurs sont présents lors du vote, cela représente 24 votes.

Troy Jackson sait déjà qu’il a très peu de chances de faire un pied de nez à la gouverneure, puisque son projet de loi avait seulement récolté 19 votes lors de son adoption.

On va certainement essayer, mais on va perdre. Et elle [Janet Mills] savait cela, dit-il.

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