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Les pays où la COVID-19 n'est pas maîtrisée

S'il y a une accalmie dans le nombre de cas au Canada, de nombreux pays – même ceux où la vaccination va bon train – vivent de nouvelles vagues. Voici pourquoi certains pays sont aux prises avec une hausse de cas, d'hospitalisations et de décès.

Un homme attend devant une clinique de vaccination mobile à Santiago, au Chili.

La majorité des Chiliens qui ont été vaccinés ont reçu le vaccin Sinovac, produit par la Chine.

Photo : Reuters / IVAN ALVARADO

Plusieurs raisons sont en cause : la présence du variant Delta, de bas taux de vaccination, des déconfinements précoces et l’utilisation de certains vaccins moins efficaces.

Le variant Delta

Dans plusieurs pays, le variant Delta – qui est 6,8 fois plus infectieux que la souche originale du SRAS-CoV-2 – prend de plus en plus de place et accélère le nombre de nouvelles infections.

L’impact de ce variant se fait sentir particulièrement au Royaume-Uni et en Afrique du Sud.

La nouvelle vague d’infections à frapper l’Afrique du Sud est sur le point de dépasser le sommet de la dernière. En janvier dernier, le pays a atteint environ 20 000 nouveaux cas par jour. La situation s’est atténuée au printemps, mais depuis la mi-mai, les cas ont remonté de façon exponentielle. Il y a désormais plus de 15 000 nouveaux cas par jour.

Même constat du côté du Royaume-Uni, où jusqu’à la fin mai, on comptait moins de 2000 cas par jour. On approche maintenant des 20 000 nouveaux cas par jour.

Par contre, le Royaume-Uni n'a pas atteint le pic de sa deuxième vague, où plus de 50 000 Britanniques étaient infectés quotidiennement.

Pour l’instant, la différence entre la vague au Royaume-Uni et celle en Afrique du Sud réside dans le nombre d'hospitalisations et de décès. Ces indicateurs augmentent beaucoup plus rapidement en Afrique du Sud.

Pourquoi? Au Royaume-Uni, 48 % de la population a reçu deux doses du vaccin et 18 %, une dose, contrairement à l'Afrique du Sud où 0,48 % a reçu deux doses et 4 %, une dose. Il faut rappeler qu’une dose n’est pas suffisante pour empêcher la forme symptomatique de​ la maladie dans le cas du variant Delta.

Ceci semble avoir un impact sur le nombre de personnes ayant des formes plus graves de la maladie.

Les autorités continuent toutefois de surveiller les statistiques du Royaume-Uni au cours des prochaines semaines, puisqu’il faut rappeler que les hausses d’hospitalisations et de décès apparaissent généralement quelques semaines après les hausses de cas.

Des déconfinements précoces

Le Chili vient de connaître une deuxième vague très difficile. Depuis la fin février, les nouveaux cas ne cessent d’augmenter. Le système de santé est au bord du précipice ces dernières semaines. Plusieurs régions ont de nouveau été confinées.

Les experts disent que les Chiliens ont été trop confiants après avoir reçu leur première dose et qu’un déconfinement précoce a contribué à alimenter cette nouvelle vague. Rappelons que l’été au Chili est de décembre à mars, et les restrictions de rassemblements et de confinement avaient été levées pour permettre à la population de profiter de la saison estivale.

Des vaccins moins efficaces

Pourtant, 54 % de la population au Chili en a reçu deux doses et 11 %, une dose. Pourquoi est-ce que les Chiliens ne sont-ils pas mieux protégés? Pourquoi autant d’hospitalisations?

D’abord, il y a tout de même 46 % de la population qui n’est pas complètement vaccinée et plus susceptible d’être infectée et hospitalisée.

De plus, au Chili, le trois quarts des doses administrées étaient celles du vaccin Sinovac, produit en Chine. Les études montrent que ce vaccin est moins efficace que les autres, particulièrement contre le variant Gamma (d’abord détecté au Brésil). Ce variant est dominant au Chili.

En comparaison, deux doses des vaccins Pfizer-BioNTech et Moderna offrent une protection de 90 % contre la COVID-19. Celui de Sinopharm a un taux d’efficacité de 78,1 % après deux doses.

Il n’y a pas que le Chili qui connaît cette problématique.

Bahreïn, les Émirats arabes unis, les Seychelles et la Mongolie connaissent également une importante résurgence de la maladie, malgré de hauts taux de vaccination.

Bahreïn et les Émirats arabes unis ont été parmi les premiers pays à utiliser le vaccin de Sinopharm, même avant que les données des études cliniques soient publiées. Ces deux pays ont récemment annoncé qu’ils offriraient une troisième dose du vaccin.

En Indonésie, où l'on a majoritairement administré le vaccin de Sinovac, les cas augmentent également. Ce vaccin est également produit en Chine et a un taux d’efficacité de 51 % après deux doses, Plus de 350 médecins et travailleurs de la santé ont été infectés par la COVID-19, même après avoir reçu deux doses du vaccin Sinovac. Au moins 10 de ces médecins infectés sont décédés.

Les pays où le taux de vaccination est peu élevé

Un manifestant tient une affiche sur laquelle on peut lire «We want a vaccine» («Nous voulons un vaccin»).

Manifestation à Pretoria, en Afrique du Sud, pour exiger un meilleur accès au vaccin contre la COVID-19.

Photo : Reuters / SIPHIWE SIBEKO

Enfin, les vagues vécues dans certains pays s'expliquent simplement par le fait que le taux de vaccination y est pratiquement nul.

Un peu plus de 3 milliards de doses ont été administrées dans le monde. Ainsi, seulement 11 % de la population mondiale a reçu deux doses de vaccin; 12 % en ont reçu une dose.

Dans les pays en développement, moins de 1 % de la population a reçu une dose.

Par exemple, en Namibie, en Tunisie, en Bolivie et au Botswana, moins de 10 % de la population a reçu deux doses du vaccin. En Namibie, c’est moins de 5 % qui a reçu au moins une dose. Dans ces pays, le nombre de cas et de morts augmente.

En ce moment dans ces pays, le nombre de nouveaux décès par jour pour 100 000 habitants est de plus de 100. En comparaison, le Canada n’a jamais dépassé 20 décès par jour pour 100 000 habitants depuis le début de la pandémie.

En Namibie, le nombre de cas pour 100 000 habitants par jour dépasse les 600, soit deux fois plus élevé qu’au pire moment de la pandémie au Canada.

Au Bangladesh et en Malaisie, les autorités ont annoncé de nouveaux confinements face à l’augmentation des nouveaux cas liés au variant Delta. Dans ces deux pays, moins de 10 % de la population a reçu deux doses.

Un homme creuse une tombe, habillé d'équipement de protection personnel.

À Saint-Pétersbourg, un fossoyeur creuse une tombe pour une victime de la COVID-19. Le pays rapporte ses plus hauts taux de décès depuis le début de la pandémie.

Photo : Reuters / ANTON VAGANOV

En Russie, il y a toujours plus de 80 % de la population qui n’est pas vaccinée. Combinée au déconfinement précoce (la Russie accueillait des matchs de quart de finale de l’Euro) et à l’arrivée du variant Delta, cette nouvelle vague inquiète. D’ailleurs, le pays a atteint cette semaine un pic de décès depuis le début de la pandémie. On rapporte plus de 4000 décès par semaine.

Même l'Australie, qui a été relativement épargnée par la pandémie, s’inquiète de voir le nombre de nouveaux cas liés au variant Delta augmenter (même si c’est très peu comparativement aux autres pays). Moins de 5 % des Australiens sont complètement immunisés.

L'évolution de la COVID-19 d'heure en heure.

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