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À Nashville, un nouveau musée rend hommage à la musique afro-américaine

Imaginé il y a près de vingt ans, le Musée national de la musique afro-américaine a finalement ouvert ses portes en janvier à Nashville, la capitale du country. Notre correspondant a visité cette nouvelle institution culturelle.

Un concert de Prince diffusé sur un écran à Nashville.

Plusieurs concerts, dont celui-ci de Prince, sont présentés sur les écrans géants du Musée national de la musique afro-américaine.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Avec ses bars et ses enseignes lumineuses, l’avenue Broadway, au cœur de Nashville, est réputée pour sa musique country. À presque toute heure du jour ou de la nuit, on peut y entendre des musiciens, guitare, basse ou banjo à la main.

Mais à une adresse de cette artère centrale de la capitale du Tennessee, on peut entendre bien d’autres sonorités. Jazz, R&B, hip hop, gospel : autant de styles qui sont à l’honneur dans le tout nouveau Musée national de la musique afro-américaine.

À l’aide de sons, de vidéos et d’écrans interactifs, l'établissement privé sans but lucratif met l’accent sur le rôle qu’a joué la communauté afro-américaine dans le développement de la scène musicale aux États-Unis, et ce, depuis la période de l’esclavage.

Des visiteurs au Musée national de la musique afro-américaine, à Nashville.

Des visiteurs dans une salle consacrée au blues et au rock'n'roll au Musée national de la musique afro-américaine, à Nashville.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

La vice-présidente de la marque et des partenariats du musée, Tuwisha Rogers-Simpson, juge crucial de raconter la contribution culturelle de gens qui, à la base, n’avaient pas le choix de venir aux États-Unis.

C’est grâce à leur expérience, à leurs luttes et à leurs célébrations que nous pouvons aujourd’hui profiter de la musique d’artistes comme Prince et de styles comme le blues.

Une citation de :Tuwisha Rogers Simpson, vice-présidente du musée

Les salles d’expositions que traverse le visiteur sont entre autres consacrées à l’influence de la religion sur la musique, aux impacts de la grande migration des Afro-Américains des campagnes du sud vers les villes du nord sur le développement du blues, ainsi qu’à l’émergence du jazz à travers le pays.

Pourquoi Nashville?

Cette institution nationale, dont la création est évoquée depuis une vingtaine d'années, aurait bien pu ouvrir ses portes à Détroit, capitale du Motown, ou Memphis, ville réputée pour sa scène blues.

Le centre-ville de Nashville, au Tennessee.

Nashville, au Tennessee, est avant tout connue pour sa musique country.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Et pourtant, c’est Nashville, siège de la musique country, qui a été choisie.

Oui, Nashville est connue pour le country, mais c’est aussi un lieu central de nombreux événements qui se sont produits dans l’histoire afro-américaine, explique Tuwisha Rogers-Simpson, soulignant par exemple la présence dans la ville de trois universités historiques noires.

On apprend d’ailleurs dans le musée que c’est grâce à l’une de ces universités, et non en raison de l’importante présence de l’industrie de la musique country, que Nashville détient le surnom de Music City.

Les Fisk Jubilee Singers, une chorale afro-américaine.

Les Fisk Jubilee Singers ont contribué à la réputation musicale de Nashville.

Photo : Getty Images / Hulton Archive

Après la guerre de Sécession, une chorale formée de chanteurs afro-américains et associée à l’Université Fisk, les Fisk Jubilee Singers, a entrepris des tournées aux États-Unis et en Europe, où elle s'est notamment produite devant la reine Victoria, contribuant ainsi à la réputation musicale de Nashville.

La musique, outil de revendication

En plus de son rôle émancipateur, le musée de Nashville met aussi l’accent sur la fonction revendicatrice qu’a exercée la musique pour la communauté afro-américaine.

En circulant dans une salle d’exposition consacrée aux liens entre la musique et la lutte pour les droits civiques, on peut entendre des chansons emblématiques de l’époque, comme A change is gonna come, composée par Sam Cooke en 1964, mais aussi des œuvres de Nina Simone et d'Aretha Franklin.

Des touristes de passage à ce musée consacré à la musique afro-américaine.

Des touristes de passage à ce musée consacré à la musique afro-américaine.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

C’est très important. La musique a donné une certaine énergie aux luttes contre les injustices, explique la spécialiste de culture afro-américaine Tracy Sharpley-Whiting, professeure à l'Université Vanderbilt de Nashville.

Selon la vice-présidente du Musée national de la musique afro-américaine, Tuwisha Rogers-Simpson, raconter cette histoire est particulièrement pertinent en ce moment, alors que les États-Unis viennent de vivre une année marquée par des mouvements de contestation contre la brutalité policière et les inégalités raciales.

Il n’y a pas de meilleur moment pour tenter de créer des liens et comprendre cette culture. Ce musée et la musique afro-américaine permettent de le faire.

Une citation de :Tuwisha Rogers-Simpson, vice-présidente du Musée national de la musique afro-américaine
La vice-présidente du musée, Tuwisha Rogers-Simpson.

La vice-présidente du musée, Tuwisha Rogers-Simpson, croit que l'établissement privé n'aurait pas pu ouvrir ses portes à un meilleur moment.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Ce musée, qui a ouvert ses portes en pleine pandémie, a maintenant pour défi de se faire un nom et d’attirer les touristes qui visitent la scène country du Tennessee.

Question que les mélodies de trompettes de Louis Armstrong, les solos de guitare de Prince et la voix de Whitney Houston puissent également faire partie de l’environnement sonore de Nashville.

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