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Dépourvue d'assurances, Écovoile Baie-des-Chaleurs suspend ses activités

Une affiche indique la base nautique Écovoile. Derrière, un bâtiment de services ainsi que des bateaux.

Écovoile a été créée en 2006 sous la tutelle du Club Nautique de Carleton; elle est devenue une coopérative de solidarité l'année suivante.

Photo : Radio-Canada / Roxanne Langlois

Radio-Canada

Incapable de mettre la main sur une nouvelle police d’assurance qui la couvrirait pour son offre d'activités nautiques à la plage municipale de Carleton-sur-Mer, Écovoile Baie-des-Chaleurs est dans l'impossibilité de démarrer sa saison estivale.

Location d’embarcations, sessions de formation accréditées, sorties en mer, camps de jour destinés aux futurs marins : la coopérative de solidarité met toutes ses activités sur la glace. Seules les excursions du catamaran TaxSea, d'un fournisseur de services, demeurent offertes.

La base nautique a été informée par son courtier, tout juste avant le début de sa saison, que la compagnie qui la couvrait depuis plusieurs années abandonnait son programme d'assurance relié aux activités sportives.

Comme plusieurs autres organismes, la coopérative s'est donc retrouvée à découvert. Écovoile Baie-des-Chaleurs dit avoir multiplié les tentatives afin d'obtenir une nouvelle police au sein d'une autre compagnie.

[...] on avait confiance que la coopérative réussirait à trouver facilement, mais depuis, on essuie des refus partout où l’on s’adresse. Je ne sais même plus à combien de dossiers on est rendus, mais nos cartes commencent à être épuisées, admet le président du conseil d’administration, Mathieu Boudreau.

La confiance commence à manquer.

Une citation de :Mathieu Boudreau, président d’Écovoile Baie-des-Chaleurs

Comme à l’habitude, une dizaine d’employés saisonniers ont intégré les rangs d'Écovoile Baie-des-Chaleurs pour l’été. M. Boudreau admet que ces emplois d’été sont pour le moment menacés.

La petite bâtisse où les locations d'embarcations se font est déserte. À côté, des embarcations sont rangées.

Aucune embarcation n'est louée pour le moment. Les clients peuvent néanmoins réserver leurs places à bord du catamaran TaxSea, opéré par un fournisseur de services d'Écovoile.

Photo : Radio-Canada / Roxanne Langlois

Ça va encore, mais disons qu’à partir de la semaine prochaine, ça va commencer à être problématique, financièrement. […] Pour l’instant, on continue de payer nos employés, mais d’ici la fin de la semaine, il y aura assurément des décisions à prendre si le problème n’est pas réglé, mentionne l’administrateur.

M. Boudreau ne cache pas sa déception; il rappelle que la coopérative peut compter sur des jeunes motivés et consciencieux. On est l’une des rares entreprises qui n’a pas de problème de main-d’œuvre. Les jeunes aiment venir travailler chez nous, souligne le président.

Par ailleurs, l’été 2020 a été une saison record pour la base nautique, en dépit des mesures sanitaires qui ont limité le nombre de places disponibles à bord des embarcations utilisées pour les sorties en mer. On s’attendait [en 2021] à une saison équivalente, sinon meilleure. Financièrement, ce serait une saison qu’il ne faudrait pas rater, admet M. Boudreau.

Mathieu Boudreau est photographié devant un plan d'eau.

Mathieu Boudreau en est à son deuxième mandat à titre de président d'Écovoile Baie-des-Chaleurs.

Photo : Radio-Canada / Roxanne Langlois

Écovoile Baie-des-Chaleurs compte explorer une dernière option avant de songer à jeter la serviette; si cette piste est concluante, une nouvelle couverture pourrait permettre le retour, dès mardi prochain, des activités. C’est un peu la dernière chance, précise néanmoins Mathieu Boudreau.

Si la mise sur pied d’une mutuelle peut être envisagée à moyen ou long terme, un tel projet ne pourrait se mettre en branle rapidement, note le président.

Un organisme essentiel

La Ville de Carleton-sur-Mer est aux faits des déboires d’Écovoile Baie-des-Chaleurs. L’administration municipale a d’ailleurs tenté, en vain, d’inclure les activités nautiques de cet important attrait touristique sur sa propre police d'assurance. Ça nous a été refusé par notre assureur, résume le maire, Mathieu Lapointe.

Mathieu Lapointe est photographié devant la table du conseil municipal.

Le maire de Carleton-sur-Mer, Mathieu Lapointe, explique que la Ville n'a que très peu de pouvoir dans ce dossier, puisque les assureurs demeurent des entreprises privées.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

L’élu rappelle que cette tendance des assureurs à délaisser le domaine du plein air est préoccupante; des promoteurs d’activités de vélo de montagne y ont notamment été confrontés récemment. C’est vraiment une problématique qu’on suit de près et qui est à mon avis dangereuse, parce qu’on va venir vraiment limiter le potentiel de développement récréotouristique si la tendance se maintient.

Des bateaux sont rangés en avant-plan et sont entourés de visiteurs. Au loin,  on aperçoit des embarcations et des baigneurs.

Les visiteurs se font nombreux à la plage municipale de Carleton-sur-Mer, et ce, même si la base nautique est officiellement fermée.

Photo : Radio-Canada / Roxanne Langlois

M. Lapointe fait valoir qu’Écovoile Baie-des-Chaleurs demeure une organisation essentielle. Le premier magistrat espère que la coopérative trouvera une solution à son problème.

J’ai de la difficulté à imaginer un été sans Écovoile. Écovoile dynamise tout le secteur du parc des Horizons, qui est névralgique.

Une citation de :Mathieu Lapointe, maire de Carleton-sur-Mer

Le maire Lapointe rappelle que l'organisation contribue à la pratique sécuritaire de sports nautiques et que son camp de jour offre une expérience inoubliable à des jeunes d'ici et d'ailleurs, en plus de permettre du répit aux parents.

Un premier cas en province

Selon la Fédération de voile du Québec, Écovoile Baie-des-Chaleurs serait la première école homologuée en province à se buter à une telle problématique. La directrice générale de l’organisation, Natalie Matthon, admet néanmoins être surprise sans être surprise.

Au niveau du réseau des fédérations de plein air, c’est de plus en plus difficile de retrouver une assurance. [C'est aussi le cas] pour les clubs et les écoles de voile, déplore-t-elle.

Mme Matthon assure que des représentations auprès des décideurs sont déjà entamées, aux côtés du Réseau plein air Québec, afin d’éviter que ce genre de cas se multiplient.

Un texte de Roxanne Langlois

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