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Les cinémas québécois se relancent tranquillement

La salle de projection du cinéma Fox, à Toronto.

Les propriétaires de salles de cinéma sont optimistes alors que leurs établissements reprennent vie.

Photo : Daniel Demois

Radio-Canada

Le mois de juin a vu le retour à la normale s’accentuer dans les cinémas québécois avec la réouverture des comptoirs alimentaires ainsi que la fin de l’obligation de porter le masque pendant toute la durée du film. Toutefois, le beau temps et la progression du Canadien de Montréal dans les séries ont ralenti la reprise ces dernières semaines.

Depuis le 26 février, les personnes qui exploitent ces salles obscures ont l’autorisation de rouvrir leurs commerces, mais avec plusieurs restrictions, notamment en ce qui concerne la distanciation physique.

Certains de ces cinémas ont décidé d’ouvrir dès la première levée des restrictions, alors que d’autres ont préféré attendre la réouverture des comptoirs alimentaires, laquelle dépendait du passage d’une région en zone orange, comme Montréal et Laval le 7 juin dernier.

Les gens sont-ils au rendez-vous?

Premier constat : les cinéphiles avaient hâte de retourner au cinéma. Vincent Guzzo, propriétaire des cinémas Guzzo dans la grande région de Montréal, a rouvert les portes de ses établissements le 28 mai. Le week-end dernier, il a commencé à voir des chiffres qui ressemblaient à ceux qu’il connaissait avant la pandémie, en grande partie grâce au film Rapides et dangereux 9 (Fast and Furious 9).

Ode aux grosses cylindrées, le neuvième opus de la saga Rapides et dangereux a bénéficié d'un démarrage sur les chapeaux de roue en se plaçant en tête des ventes en Amérique du Nord la fin de semaine dernière.

Pour son premier week-end de diffusion, le film a réalisé plus de 70 millions de dollars de recettes dans les salles des États-Unis et du Canada de vendredi à dimanche, selon les chiffres définitifs publiés lundi par le cabinet spécialisé Exhibitor Relations; un succès qui s’est fait ressentir au Québec.

Vendredi, on était à 61 % de notre chiffre d’affaires normal pour un vendredi. Samedi, on a atteint les 79 %. Mais déjà, dimanche, on a calé à 25 %. On est dans une moyenne d’à peu près 50 %, a affirmé M. Guzzo.

Disons que les jours où le Canadien ne joue pas et les jours où il pleut, les gens sont au rendez-vous.

Une citation de :Vincent Guzzo

Mario Fortin, propriétaire des cinémas Beaubien, du Parc et du Musée, dit également qu'il voit un engouement de la part du public : Ça va bien, on reprend tranquillement un rythme de croisière plus semblable à ce qu’on avait avant.

L’assouplissement des restrictions sanitaires l’a énormément aidé. Depuis que la distanciation minimale entre les personnes assises est passée de 2 m à 1,5 m, il peut utiliser 45 % de la capacité maximale de ses salles, plutôt qu’un maigre 17 %.

Le rassurant maïs soufflé

Vincent Guzzo avoue que l’ouverture des comptoirs alimentaires lui a donné un sérieux coup de pouce, et pas seulement parce que les gens avaient envie de maïs soufflé. Selon lui, le fait qu’on ne pouvait pas manger dans les salles de cinéma, ça [signifiait] qu’il y avait une préoccupation au niveau du risque.

Même son de cloche chez Éric Bouchard, coprésident de la Corporation des salles de cinéma du Québec et propriétaire du Cinéma Saint-Eustache ainsi que du Cinéma Saint-Jérôme, qu’il a ouverts au public le 26 février.

Il y a tout un contexte général. Quand le drapeau rouge est levé, tu as moins le goût d’aller te baigner. [...] Quand on a pu vendre de la bouffe, les gens ont commencé à revenir, a-t-il affirmé.

Comme M. Guzzo, Éric Bouchard a connu une excellente fin de semaine du 25 au 27 juin, notamment grâce à Fast and Furious 9 et à Souterrain, de Sophie Dupuis.

Après le creux, l’abondance

Avec le récent passage de toutes les régions du Québec en zone verte, l’affluence vers les salles de cinéma dépendra de plus en plus de la programmation et de moins en moins des restrictions sanitaires. Après un creux de programmation au cours des derniers mois, l’été s’annonce beaucoup plus occupé, avec de grosses productions à venir, tant américaines que québécoises.

On en a un paquet. Black Widow, The Suicide Squad, Le guide de la famille parfaite... Il y en a tellement que je me demande si on va avoir le temps de laisser les films s’épanouir, affirme Vincent Guzzo.

Malgré sa joie de voir une programmation de qualité à l’horizon, Mario Fortin affirme lui aussi qu’il y aura peut-être un trop-plein : Il y a de gros films québécois toutes les semaines jusqu’au mois de décembre. J’ai juste peur de l’indigestion... Il va falloir qu’on travaille très fort pour ne pas qu’il y ait un étranglement pour les prochains mois.

Un retour à des chiffres prépandémiques?

Vincent Guzzo, Éric Bouchard et Mario Fortin font tous preuve du même optimisme par rapport à l’avenir. Selon eux, ce n’est qu’une question de temps avant que le cinéma reprenne sa place.

Comme toutes les industries, le cinéma va se retrouver dans une période de redéfinition, ce qu’on fait tous les 10 ou 15 ans, en passant, dit M. Guzzo. [Mais] je pense que le cinéma va reprendre du galon.

Avec les informations de Agence France-Presse

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