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Rivière Lorette : le projet de mur anticrue fin prêt et révisé à la baisse

Plus de 15 ans après les inondations de 2005, la Ville de Québec croit avoir en main le projet qui permettra de mieux protéger les riverains.

Une maison, une voiture et une Jeep lors des inondations de la rivière Lorette en 2005.

Les riverains de la rivière Lorette auront enfin le mur anticrue qu'ils réclament depuis des années (archives).

Photo : Radio-Canada

Après un échec au test du BAPE pour le projet de construction d'un mur anticrue le long de la rivière Lorette, la Ville de Québec croit aujourd'hui être « au fil d'arrivée » grâce à une version révisée de l'infrastructure, estimée au coût de 35 millions $ et dont le début des travaux est espéré en 2023.

L'administration municipale a discrètement fait la présentation de son projet révisé de mur anticrue à l'occasion d'une séance virtuelle, la semaine dernière, soit plus de 15 ans après les inondations de 2005 et 8 ans après celles de 2013.

Luc Monty, directeur général de la Ville de Québec, affichait un certain optimisme lors de cette réunion, à laquelle a notamment assisté le maire de L'Ancienne-Lorette, Gaétan Pageau.

C'est qu'en 2017, la Ville n'avait pas su convaincre le Bureau d'audiences publiques en environnement (BAPE) de la qualité de son projet et de ses impacts.

Quatre ans plus tard, M. Monty a bon espoir que la Ville est enfin prête à passer à la dernière étape du réaménagement. Il a soutenu au cours de la rencontre que le ministère de l'Environnement et de la Lutte aux Changements climatiques (MELCC) était favorable à la nouvelle mouture.

Même si les autorisations ne sont pas finales, nous sommes assez avancés dans le dossier, a mentionné le haut fonctionnaire, évoquant une solution pour les cent prochaines années. Le provincial doit se prononcer en septembre prochain.

Depuis les inondations de 2013, un mur de sacs de sable orne les rives de la rivière Lorette.

La rivière Lorette est sortie de son lit de manière importante en 2005 et en 2013 (archives).

Photo : Radio-Canada / Bruno Giguère

3,4 kilomètres

D'emblée, la Ville de Québec a laissé savoir que le projet avait été revu à la baisse par rapport à celui de 2017.

D'une longueur totale de 3,4 kilomètres, il sera tout de même relativement imposant et affectera l'environnement d'une soixantaine de propriétés le long du cours d'eau. Des compensations financières sont d'ailleurs prévues pour les propriétaires riverains, qui devront composer avec une servitude permanente de 3,5 mètres le long du mur de béton.

Ce dernier aura une hauteur de 0,7 mètre sur 60 % de sa longueur, soit en secteur résidentiel, mais atteindra entre 0,9 et 2 mètres en zones commerciales. Au total, seuls 50 mètres du mur auront la hauteur maximale annoncée, selon le document de présentation de la Ville.

Des inondations près de la rivière Lorette.

Les humeurs de la rivière Lorette ont causé d'importants dommages au cours des dernières années (archives).

Photo : Radio-Canada

À la demande du MELCC, les berges, entre la rivière et le mur, seront renaturalisées là où jugé nécessaire jusqu'à ce que la nature reprenne ses droits. Cela signifie que les villes de l'agglomération devront acquérir au préalable des servitudes temporaires, en assurer le suivi pendant cinq ans.

Le coût total de ces aménagements est estimé à 35,25 millions $, auxquels s'ajoutent 40 millions $ d'investissements déjà réalisés pour des infrastructures affectant directement ou indirectement les crues de la rivière Lorette.

Sinistrés satisfaits

Denis Lavoie, président du Groupe Sinistrés Entraide, formé après les inondations de 2003, s'est dit satisfait de ce qu'il a vu et entendu la semaine dernière. On est confiants que, cette fois-ci, c'est la bonne version, a réagi M. Lavoie en entrevue à Radio-Canada, mardi.

Selon lui, cette troisième tentative de la Ville a été échafaudée minutieusement par la Ville de Québec. M. Lavoie croit que les autorités municipales ont cette fois travaillé de concert avec leurs partenaires.

La Ville de Québec a fait son travail assis à la même table, entre autres avec le MELC, a-t-il dit, ajoutant que la Ville avait abordé chacune des préoccupations présentées par le BAPE il y quatre ans. Le projet de 2017 a été revu par rapport aux 36 avis que le BAPE avait émis.

Les riverains auront à trancher eux aussi sur le projet. Luc Monty a mentionné la semaine dernière qu'il faudra une adhésion de la majorité pour aller de l'avant. À ce sujet, Denis Lavoie avait bon espoir que les citoyens seront satisfaits.

Prochaines étapes

  • Septembre 2021 : décret gouvernemental
  • Automne 2021 : arpentage complémentaire des propriétés et cueillette d’information sur le terrain
  • Automne 2021 et hiver 2022 : ingénierie détaillée pour préciser l’implantation du mur
  • Printemps 2022 : rencontres individuelles avec les propriétaires : information sur la localisation du mur et des servitudes à acquérir
  • Automne 2022 : plans et devis pour soumissions et obtenir les autorisations ministérielles
  • 2023-2024 : réalisation des travaux

Avec la collaboration de Louise Boisvert et d'Olivier Lemieux

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