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Le rêve de baseball d'un jeune Mi’kmaw

Jeune homme souriant avec une casquette et un gant de baseball.

Payton Sanipass connaît un bon début de saison avec les Mudcats M18 de Moncton.

Photo : Radio-Canada / Guy Leblanc

Payton Sanipass est l'un des nombreux jeunes joueurs prometteurs du programme de baseball des Mudcats de Moncton AA. L'adolescent mi’kmaw, âgé de 15 ans, vise une invitation dans un collège américain, un jour, pour voir jusqu'où ce sport peut l'amener.

La pandémie de COVID-19 a failli gâcher son rêve. Les mesures sanitaires imposées par la santé publique du Nouveau-Brunswick ont compliqué l'entraînement des athlètes depuis plus d'un an.

J'avais même l'intention d'abandonner le hockey et de vraiment poursuivre le baseball, lance Payton Sanipass. Mais, après la COVID, ma motivation a été vers le bas. Toutes les compétitions nationales en plus des tournois ont été annulées.

Ces événements sont souvent l'occasion, pour les jeunes, de se faire connaître.

Jeune homme avec une casquette d'équipe et un gant de baseball. Il attend avant de lancer une balle.

Payton Sanipass prend la pose, avant un lancer. L'aspect mental du jeu le passionne.

Photo : Radio-Canada / Guy Leblanc

Les activités reprennent lentement et Payton espère que cela jouera en sa faveur. Car, sur un losange de baseball, le jeune homme se sent heureux et aime le défi que le sport apporte.

Par exemple, sur le monticule, il affronte un frappeur qu'il veut retirer. La confiance est tout aussi importante que les qualités athlétiques.

« Si tu penses que tu ne peux pas le striker out (le retirer sur trois prises), si tu n'as pas de confiance en toi-même, ça ne va pas arriver. Être un lanceur, c'est une mind game, un jeu d'esprit. Si tu as la confiance que tu peux retirer ce frappeur, tu vas le retirer sur trois prises. »

Fier de ses origines

Il a grandi à Saint-Antoine, dans l'est du Nouveau-Brunswick, et vit maintenant à Dieppe, mais Payton est aussi un fier athlète mi’kmaw.

D'ailleurs, le Mois national de l'histoire autochtone, qui se termine le 30 juin, l'inspire.

C'est juste, vraiment être fier d'être de ce que je suis, fier d'être Mi'kmaw, et de ne pas avoir peur de le montrer, mentionne-t-il. Il veut ainsi écrire sa propre histoire, peu importe ce qui se produira.

Moi, j'aime représenter les Autochtones, les Mi’kmaq, en jouant au baseball. Il n'y a pas grand joueurs mi’kmaw qui jouent au baseball, par ici, ajoute-t-il.

Sportif, de père en fils

Son père est Everett Sanipass, de la Première Nation mi’kmaw d'Elsipogtog. L'ancien joueur de la Ligue nationale de hockey a évolué pendant 164 parties avec les Nordiques de Québec et des Blackhawks de Chicago (dont il a été le choix de premier tour en 1986).

Photo en noir et blanc d'Everett Sanipas, avec un gilet des Blackhawks de Chicago, montrant le chiffre 1 sur son gilet.

Everett Sanipass a joué au hockey professionnel de 1987 à 1993 avec Chicago, Québec, Indianapolis, Saginaw et Halifax.

Photo : Temple de la renommée du N.-B.

Everett est propriétaire d'un restaurant dans la communauté d'Elsipogtog. Le paternel a prodigué quelques conseils au fiston s'il veut pousser plus loin sa carrière d'athlète.

Tout d'abord, s'entraîner dans le gymnase, puis socialiser avec du monde qui ne va pas t'amener vers le bas, qui a les mêmes buts que toi. Car, s'ils ont les buts, tu vas t'accorder le mieux, ajoute Payton Sanipass.

Joueur de baseball avec un bâton de baseball sur l'épaule.

Payton Sanipass, lors d'un exercice au bâton.

Photo : Radio-Canada / Ian Bonnell

Cependant, ce n'est pas toujours facile d'être fier de son héritage et de ses racines. Le racisme est présent dans le sport, même si on aime bien dire que le sport est rassembleur.

Payton a entendu des épithètes racistes et a vécu des moments de division. Il a choisi de se tenir debout, mais ça le fait tout de même réfléchir.

Je n'aime pas entendre ça parce que je sais qu'il y a des membres de ma famille qui vont être offensés. Ça me fait de quoi, ça me fait de la peine.

Parfois, le racisme est au deuxième degré, dans les non-dits ou quand il a le dos tourné, raconte-t-il.

Il y a eu du racisme, beaucoup plus dans le hockey que dans le baseball, relate Payton Sanipass. Au baseball, il y a eu plus de respect. Mais, encore, il y avait des endroits, avec quelques entraîneurs, où tu pouvais dire que quelque chose se passait.

Deux jeunes femmes autochtones devant leur aréna, le doigt indiquant numéro un.

Jamie Carpenter et Kylie Francis sont deux membres du comité Hockeyville d'Elsipogtog. Payton Sanipass est fier de leur travail.

Photo : Autre banques d'images / Guy Leblanc

L'adolescent sait que tout n'est pas sombre. La lueur d'espoir, c'est la victoire de la Première nation d'Elsipogtog au concours national Hockeyville. Le projet de rebâtir l'aréna de la communauté a obtenu le plus de votes au pays.

« Ça m'a rendu fier! Ça fait que le monde s'améliore. On s'accorde plus, pas seulement à cause de la race, on s'aime tous, on est tous humains. Ça fait du bien de voir ça. »

— Une citation de  Payton Sanipass

Il sait aussi qu'il est bien entouré par ses coéquipiers. Dans l'équipe des Mudcats, on aime son sourire, sa joie de vivre. Il fait la joie des entraîneurs en raison de sa discipline.

Payton Sanipass espère que les effets de la pandémie vont s'estomper pour un retour à la normale. Et, qu'on s'accorde tous. Je serai heureux.

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