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Le bunker des Hells de Sherbrooke démoli mercredi

Photo du bunker des Hells Angels de Sherbrooke en avril 2017

C'est la fin du bunker des Hells, qui sera démoli le 30 juin.

Photo : Radio-Canada / ICI Estrie/Carl Marchand

Radio-Canada

L'ancien repaire des Hells Angels de la rue Wellington Sud, à Sherbrooke, passera sous le pic des démolisseurs mercredi. Le terrain sera par la suite mis en vente.

Le bunker est devenu propriété de l’État en 2020, après une saga judiciaire de 11 ans. Le repaire avait été confisqué dans la foulée de l'opération SharQc, la Cour supérieure du Québec ayant jugé qu'il s'agissait d'un bien infractionnel. Il s'agissait du dernier repaire fortifié du groupe de motards au Québec.

Ils se sont rendus loin pour essayer de le conserver. Non seulement pour qu'il ne soit pas détruit, mais aussi pour pouvoir le ravoir, soutient l'avocat Michel Dussault, qui a représenté de nombreux Hells au cours de sa carrière.

La démolition de cet endroit est un symbole fort, selon l'ancien policier René Dubreuil, qui croit que ce sera bien perçu par tous les corps policiers de la province. L'endroit, rappelle-t-il, est lié à plusieurs meurtres sordides, dont la tuerie de 1985, qui avait marqué les esprits.

Cinq membres en règle des Hells ont été exécutés ici, puis transportés dans le fleuve. Ils ont été retrouvés plus tard dans des sleeping bags.

Ça va être encore un grand moment. Pour la Ville, pour tous les policiers qui tentaient de combattre le crime. Les motards, c'était des criminels qui se servaient de cet endroit pour faire des rencontres et des réunions.

Une citation de :René Dubreuil, ancien policier
L'ancien policier René Dubreuil

L'ancien policier René Dubreuil a fait de nombreuses perquisitions au repaire des Hells.

Photo : Radio-Canada / Jacques Lamarche

Un endroit secret et bien protégé

René Dubreuil s'est rendu à de nombreuses reprises à ce repaire au cours de sa carrière.

À la suite des perquisitions, j'étais à l'identité judiciaire. Alors je venais par la suite prendre des photos des lieux, se rappelle-t-il. On sait qu'ils ont construit un hangar à l'arrière pour être sûrs qu'il n'y ait pas de micros [...] Partout, il y avait des caméras qui surveillaient. Quand on rentrait, on voyait toutes les télés, tout ce qu'ils pouvaient voir.

L'avocat Michel Dussault se rappelle que les motards étaient constamment sous surveillance, notamment lorsqu'il y avait de grandes fêtes.

Quand il y avait des partys qui étaient organisés, on était appelés à être en stand by, au cas où il y aurait des arrestations.

Une citation de :Me Michel Dussault
L'avocat Michel Dussault

L'avocat Michel Dussault, qui montre ici des photos du repaire, a représenté de nombreux Hells Angels au cours de sa carrière.

Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Rousseau

Quel avenir pour le terrain?

Le DPCP a dû essuyer la dette que les Hells avaient envers la Ville de Sherbrooke, soit 72 180 $ en taxes impayées depuis 2009, lors de la prise de possession en 2020. Il souhaitait par la suite que Sherbrooke achète le terrain et assume le coût de démolition des bâtiments. Les élus avaient toutefois décliné l’offre, mais n'avaient pas caché leur intérêt à ce que le DPCP fasse don de cette propriété à la Ville.

Le conseil municipal a toutefois modifié un règlement de zonage pour empêcher qu’un promoteur privé effectue du développement immobilier dans le secteur. Seuls les usages du groupe Conservation du milieu naturel sont ainsi autorisés sur ce terrain.

On verra ce que le gouvernement veut faire avec le terrain. Pour nous, c'est zone nature seulement, souligne le maire de Sherbrooke, Steve Lussier.

Avec les informations de Marie-Hélène Rousseau

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