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L'Ontario veut rouvrir ses écoles en septembre, mais n'a toujours pas de plan

Des pupitres dans une salle de classe vide.

Les écoles sont restées fermées en Ontario après la semaine de relâche pour une deuxième année de suite.

Photo : Radio-Canada

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Alors que l'année scolaire se termine en ligne en Ontario pour une deuxième année de suite, le ministre de l'Éducation Stephen Lecce a assuré, mardi, que son objectif était de renvoyer tous les élèves en classe en septembre. Il promet un plan au cours des « prochaines semaines ».

Le gouvernement Ford dit investir 1,6 milliard de dollars pour un retour en classe sécuritaire en septembre.

Toutefois, les détails pour la rentrée se font toujours attendre. Le ministre de l'Éducation, Stephen Lecce, dit attendre les recommandations du nouveau médecin hygiéniste en chef de la province, le Dr Kieran Moore.

M. Lecce n'a fixé aucune date pour la présentation de son plan, se contentant de dire qu'il serait dévoilé au cours des « prochaines semaines ».

« Je m'engage fermement à un retour en classe à temps plein en septembre. »

— Une citation de  Stephen Lecce, ministre de l'Éducation

Nous savons que c'est important et nous sommes du côté des parents qui veulent [que les écoles rouvrent], a ajouté le ministre.

Les écoles élémentaires et secondaires ont été fermées en avril en Ontario à cause de la résurgence des cas de COVID-19. Le premier ministre Doug Ford a choisi de ne pas les rouvrir en juin, malgré la baisse des infections et la vaccination, citant le risque posé par le variant Delta.

En revanche, il a mis en oeuvre son plan de réouverture de l'économie, le devançant même de quelques jours. Plusieurs critiques l'ont accusé d'accorder la priorité aux gens d'affaires plutôt qu'aux enfants.

Doug Ford et Stephen Lecce en conférence de presse.

Le premier ministre ontarien, Doug Ford, en compagnie du ministre de l'Éducation, Stephen Lecce

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Pour la prochaine rentrée, le ministre Lecce a demandé à nouveau aux écoles de se préparer à offrir deux modes d'apprentissage, soit un enseignement en personne et en ligne.

Les élèves pourront choisir l'option virtuelle, même si les écoles rouvrent en septembre. Les jeunes élèves, particulièrement ceux qui sont immunodéprimés ou qui ne peuvent pas se faire vacciner, méritent de pouvoir poursuivre leur apprentissage et de ne pas avoir à se retrouver dans une position qui déplaît à leurs parents, explique le ministère de l'Éducation.

Les critiques réclament un plan

Les partis d'opposition et les syndicats d'enseignants pressent depuis des jours le gouvernement Ford de présenter un plan dès maintenant pour la prochaine rentrée.

L'opposition libérale demande une réduction du nombre d'élèves par classe pour faciliter la distanciation physique, tout comme la Fédération des enseignantes-enseignants des écoles secondaires de l'Ontario (FEESO).

L'Association des enseignants franco-ontariens (AEFO) ajoute que le gouvernement devrait accorder la priorité aux élèves et au personnel scolaire pour la vaccination, en plus d'investir davantage pour améliorer la ventilation dans les écoles.

« Pour assurer une rentrée sécuritaire ''normale'' en septembre, l’AEFO estime qu’il faut des investissements considérables plutôt que des promesses politiques de la part du gouvernement Ford et de son ministre de l’Éducation, Stephen Lecce, afin de mettre en place toutes les ressources nécessaires, autant du côté de la santé et de la sécurité, mais aussi pour appuyer la réussite scolaire. »

— Une citation de  Anne Vinet-Roy, présidente de l'AEFO

L'Association des enseignantes et enseignants franco-ontariens demande également plus de dépistage dans les écoles, car elle est d'avis que le questionnaire de détection des symptômes que les parents devaient remplir chaque matin cette année avant d'envoyer leur enfant en classe ne suffit pas. Un simple formulaire auquel n'importe qui peut répondre n'importe quoi n'est pas une méthode à toute épreuve, soutient Mme Vinet-Roy.

La présence de nouveaux variants de la COVID-19 ne fait que renforcer l'importance de ces mesures, selon l'Association des enseignants catholiques anglophones.

Les Ontariens ne peuvent pas avoir un autre été d'inaction de la part du gouvernement, affirme la présidente du syndicat, Liz Stuart. Le gouvernement doit rencontrer immédiatement les intervenants du milieu de l'éducation et médical pour mener de véritables consultations et fournir les fonds et les ressources nécessaires pour une rentrée en sécurité en personne à l'école en septembre.

Masque obligatoire?

La nouvelle présidente de la Fédération des enseignants des écoles secondaires, Karen Littlewood, pense que, si les écoles rouvrent en septembre, le port du couvre-visage devrait y demeurer obligatoire tant que les experts le jugeront nécessaire, surtout à l'intérieur, où le risque est plus élevé, dit-elle.

Pour sa part, l'épidémiologiste et professeur à l'Université d'Ottawa Raywat Deonandan s'inquiète particulièrement des moins de 12 ans, qui ne sont pas admissibles à la vaccination.

« Je soupçonne qu'il sera presque impossible de faire respecter l'écart sanitaire et le port du masque à l'automne. Mais on peut certainement essayer de maintenir à un minimum le nombre de personnes dans les espaces clos. »

— Une citation de  Raywat Deonandan, épidémiologiste

En plus de la réduction de la taille des classes, il privilégie la vaccination de tous les adultes et des enfants de 12 ans et plus, le dépistage aléatoire à l'école et le traçage des cas ainsi que l'inspection quotidienne des symptômes par les parents.

Pour sa part, la Dre Anna Banerji, pédiatre et professeure à l'École de santé publique Dalla Lana, à l'Université de Toronto, pense que tout élève qui aura 12 ans en 2021, même si ce n'est pas encore le cas, devrait pouvoir se faire vacciner. Je ne pense pas qu'un enfant qui a 11 ans et 3/4 soit très différent au point de vue immunologique d'un autre de 12 ans, explique-t-elle.

Pour les élèves plus jeunes, elle croit que le masque devrait demeurer obligatoire à l'école, tout comme l'écart sanitaire. Elle prône aussi plus d'investissements dans les systèmes de ventilation des écoles.

« Espérons qu'il y aura moins de cas [en septembre] et donc moins de transmission dans les écoles. Si un enfant attrape la COVID, il est très important que les membres de sa famille à la maison soient vaccinés, surtout s'il s'agit de personnes vulnérables. »

— Une citation de  Anna Banerji, professeure à l'Université de Toronto

Tout comme les conseils scolaires, les bureaux locaux de santé publique disent attendre les directives du gouvernement provincial en ce qui concerne la prochaine rentrée.

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