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Le Centre Wabano d'Ottawa accusé de mauvaise gestion et de harcèlement au travail

Portrait de l'édifice. Son architecture comprend de la brique et du verre avec des formes arrondies, rappelant des vagues.

Le Centre Wabano pour la santé autochtone est situé le long du chemin Montréal à Ottawa. Son site Web décrit le centre comme une « organisation autochtone fière qui se consacre à aider les peuples autochtones à vivre une belle vie ».

Photo : Radio-Canada / Jean Delisle

Radio-Canada

La Ville d'Ottawa enquête sur des plaintes de harcèlement, d'intimidation et d'utilisation inappropriée de fonds au sein du Centre Wabano, qui fournit des services de santé et de services sociaux à la communauté autochtone de la capitale.

Les plaintes incluent la violence verbale sur le lieu de travail et le fait que le centre a distribué des milliers de dollars en primes aux employés tout en ne répondant pas aux besoins de certains clients.

Joanne Plummer, une ancienne travailleuse et responsable des prestations financières à Wabano, a fait part de ses préoccupations à la Ville, l'un des principaux bailleurs de fonds du centre. Elle a déclaré que le centre utilise à mauvais escient les fonds des contribuables et des donateurs.

Je suis littéralement dégoûtée par le fonctionnement de cette organisation , a déclaré Mme Plummer, qui appartient à la fois aux communautés de la Nation huronne-wendat et celle de la Communauté Métis Autochtone de Maniwaki.

Le Centre Wabano se décrit comme une organisation autochtone fière, vouée à aider les peuples autochtones à vivre une bonne vie , mais Mme Plummer a déclaré dans un cas qu'elle s'était vu refuser une demande d'un client en traitement de toxicomanie pour acheter une paire de chaussures.

Portrait de la femme devant une clôture en bois et un pot de fleures jaunes.

Joanne Plummer a récemment quitté son emploi au Centre Wabano. Elle a fait part de ses préoccupations au sujet du harcèlement au travail et de l'utilisation abusive des fonds des donateurs et des contribuables parce qu'elle a dit que certains besoins des clients ne sont pas satisfaits.

Photo : Radio-Canada / Jean Delisle

C'est là que j'ai décidé : OK, cela doit être signalé. Je ne pense pas que c'est juste, a-t-elle déclaré.

CBC a fourni au Centre Wabano une liste de griefs des employés. Sa directrice générale, Allison Fisher, a refusé de commenter directement au sujet des allégations.

Je suis convaincue de l'intégrité des opérations de Wabano, y compris des politiques et procédures de ressources humaines et des processus financiers et budgétaires, a-t-elle écrit dans un courriel.

Par voie de communiqué, Saide Sayah, le directeur du logement de la Ville d'Ottawa, a confirmé que la municipalité enquêtait, mais n'a pas souhaité commenter davantage.

Dans un courriel de M. Sayah envoyé à Mme Plummer et dont CBC a obtenu une copie, ce dernier a déclaré que la Ville ne serait pas en mesure de partager les résultats publiquement avant l'automne.

Grand escalier et porte d'entrée du Centre.

Le Centre Wabano fournit des services de santé et des services sociaux à la communauté autochtone d'Ottawa depuis près de deux décennies.

Photo : Radio-Canada / Jean Delisle

Des primes de rendement et des secrets

CBC a vu des copies de trois lettres indiquant des primes remises à des employés allant de 2000 $ à 5000 $. Les lettres comprenaient une mention demandant aux employés de ne pas divulguer aucune information relative au salaire avec d'autres employés.

Les états financiers de 2018 et 2019 indiquent que le Centre Wabano est financé principalement par des subventions et contributions fédérales, provinciales et municipales. Le ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l'Ontario finance également le centre de santé de l'organisation et les dons sont le troisième principal moteur de revenus.

Aucune des déclarations ne révèle le montant exact donné par la Ville d'Ottawa, mais les données de la Ville ont montré qu'entre 2018 et 2020, le Centre Wabano a reçu plus de 4 millions de dollars en financement municipal. En 2020, le centre a reçu près de 2,5 millions de dollars, y compris un financement pour lutter contre la COVID-19.

Amanda Fisher a déclaré que le centre est resté ouvert pendant la pandémie et que le personnel a travaillé pour fournir une aide spécifique aux Autochtones, y compris 26 000 contrôles de bien-être.

Les primes de rendement sont rares dans les associations à but non lucratif

Il n'est pas illégal pour les organisations à but non lucratif d’offrir des primes, mais Kunle Akingbola, professeur spécialisé dans les organisations à but non lucratif à l'Université Lakehead, a déclaré que c'est par contre très rare en raison de la mauvaise interprétation qu’on peut y faire.

Essentiellement, en premier c'est la perception du public, la perception des bailleurs de fonds, du gouvernement, des fondations, des personnes qui font des dons, a déclaré M. Akingbola.

Amanda Earle, une Inuk du Labrador et travailleuse d’aide en logement au Centre Wabano, a déclaré que l'organisation n'expliquait pas clairement les critères des primes de rendement aux employés.

Portrait de la femme près d'un tronc d'arbre.

Amanda Earle, une employée du Centre Wabano, s'inquiète de la façon dont l'organisme gère ses finances et traite ses employés.

Photo : Radio-Canada / Jean Delisle

Mme Earle a déclaré qu'elle avait reçu une prime de 2000 $ l'année dernière, mais que d'autres membres de son département avaient reçu des primes au début de cet exercice. Elle se demande pourquoi cet argent ne va pas aux clients en premier.

Nous n'avons absolument aucun financement pour offrir de l’aide à de nouveaux clients. Il y a des gens qui ont des arriérés de loyer et ils ne peuvent obtenir du financement […] donc je ne comprends pas comment, si nous avons si peu de fonds, ils peuvent distribuer cet argent [primes de rendement] s’interroge Mme Earle.

Lieu de travail « intense » et « toxique »

Les primes ne sont qu'un problème parmi une myriade de problèmes, selon Mme Plummer, Mme Earle et cinq autres employés passés et présents à qui CBC a parlé dans le cadre de son enquête.

Mme Plummer a récemment quitté son emploi après avoir déclaré que la direction avait refusé d'approuver deux jours de congé non payés, la goutte après ce qu'elle décrit comme des mois de harcèlement verbal et d'intimidation de la part d'un collègue.

Elle a signalé le harcèlement au directeur général du Centre Wabano et a déposé une plainte auprès de la Commission des relations de travail de l'Ontario.

CBC a également parlé à une autre employée qui a déclaré qu'elle était satisfaite de la façon dont une plainte de harcèlement avait été traitée par la direction pendant qu'elle y travaillait.

Mme Earle, qui est actuellement en congé, a travaillé dans divers départements du Centre Wabano au cours des trois dernières années et a décrit le lieu de travail comme intense et toxique.

Oui, nous sommes une organisation autochtone. Et, oui, nous travaillons pour notre communauté. Mais nous, en tant que travailleurs, faisons partie de cette communauté et nous méritons nous aussi les mêmes droits et le même bon traitement que nous offrons aux membres de notre communauté , a déclaré Mme Earle.

Mme Earle a décrit une situation dans laquelle elle est devenue la cible de rumeurs malveillantes après avoir fait part de ses inquiétudes relativement à un collègue qui aurait mal utilisé les cartes-cadeaux destinées aux clients.

Une employée dit avoir été agressée verbalement

Une autre employée du Centre Wabano a déclaré avoir été agressée verbalement par un collègue du service du logement, ce qui l'a amenée à quitter son emploi. CBC n'identifie pas cette employée parce qu'elle craint que son témoignage puisse affecter son emploi futur.

La femme a déclaré qu'elle était en désaccord avec son collègue au sujet de la divulgation de renseignements personnels et qu'elle était à son bureau lorsqu'elle a entendu quelqu'un arriver. La femme a déclaré que son collègue s'était penché et a commencé à crier dans son oreille.

Je me suis sentie agressée, j'étais sous le choc, je n'ai jamais vu personne m'aborder de cette manière, a-t-elle déclaré.

Elle a dit qu'elle avait contacté le service des ressources humaines du Centre Wabano, mais avait décidé à cause de ce qu'elle avait entendu que cela ne valait pas la peine de se battre. Le lundi suivant, elle a démissionné.

Mesdames Earle et Plummer demandent toutes deux une enquête externe par le ministère du Travail et un audit complet.

J'espère que la vérité sortira enfin et que la situation pourra enfin être rectifiée et que le Centre Wabano pourra enfin commencer à guérir, car il a vraiment besoin de guérir, a déclaré Mme Earle.

Avec les informations de Robyn Miller

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