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Pensionnats pour Autochtones : des festivités du 1er juillet remises en question

Les marches du Palais législatif de Regina, en Saskatchewan, avec un chandail orange et 215 paires de souliers en l'honneur des restes des enfants retrouvés près du pensionnat autochtone de Kamloops.

Les marches du Palais législatif de Regina, en Saskatchewan, avec un chandail orange et 215 paires de souliers en l'honneur des restes des enfants retrouvés près du pensionnat autochtone de Kamloops.

Photo : Radio-Canada / Cory Herperger

Radio-Canada

À quelques jours du 1er juillet, de nombreuses villes dans l’ouest canadien et au Nouveau-Brunswick ont décidé de ne pas célébrer la fête du Canada en signe de solidarité avec les communautés autochtones. Cette décision fait suite à la découverte des restes de 215 enfants en Colombie-Britannique et de 751 tombes anonymes en Saskatchewan, sur des terrains où se dressaient auparavant des pensionnats pour Autochtones.

Shawna Jerome, co-porte-parole de l’alliance culturelle autochtone de l’Université Bishop's pendant l’année scolaire, indique ne pas avoir l’intention de fêter le Canada jeudi. Elle soutient le mouvement d’annulation des festivités cette année.

« J’encourage tout le monde à porter le chandail orange cette année à la place d’un chandail rouge ou de célébrer le Canada. Je trouve que c’est une bonne initiative qui a commencé. Moi, je vais porter mon chandail orange cette journée-là.  »

— Une citation de  Shawna Jerome, co-porte-parole de l’alliance culturelle autochtone de l’Université Bishop's

Le port du chandail orange veut représenter les atrocités vécues par les enfants autochtones dans les pensionnats. Phyllis Webstad, qui a été envoyée dans un de ces établissements en 1973 alors qu’elle était âgée de six ans, est derrière cette initiative.

La couleur orange, c’était vraiment une enfant autochtone qui s’appelait Phyllis Webstad. Elle est allée magasiner un chandail orange avec sa mère ou sa grand-mère, car elle était excitée d’aller à l’école, elle ne pensait pas que ce serait comme c’était. Sa première journée d’école, son chandail orange a été arraché d’elle, elle s’est fait couper les cheveux, toutes les choses qu’ils font en entrant dans les pensionnats. Après qu’elle est sortie, elle a commencé ce mouvement des chandails orange, explique Shawna Jerome. 

En plus de porter le chandail toute la journée et d’éviter les festivités de la fête du Canada, elle compte aussi allumer une chandelle en soirée en hommage aux victimes des pensionnats.

Des activités maintenues à Sherbrooke

À Sherbrooke, un spectacle de Jonathan Roy et des feux d’artifice sont toujours prévus le 1er juillet.

Francis Demers est à la tête du comité organisateur de la fête du Canada à Sherbrooke. Il explique que vendredi dernier, les membres de son conseil d’administration ont décidé, d’un commun accord, de maintenir les festivités. Selon lui, les activités permettront de souligner la situation et les enjeux autochtones, puisqu’une minute de silence sera tenue avant le début du spectacle de jeudi.

Nous, dans notre réflexion, on ne voulait pas combattre la violence par la violence. On ne voulait pas éviter le sujet, on voulait au contraire l’adresser de plein front et avoir l’occasion de partager notre opinion là-dessus, ne serait-ce qu’un court instant pendant une minute de silence, ou pour une mention lors de la soirée, de dire qu’on compatit et qu’on sympathise avec les gens qui pourraient encore avoir des liens avec ces enfants-là, soutient-il.

« De ne rien faire, au contraire, ça laisse place à pire, c’est comme l’indifférence. »

— Une citation de  Francis Demers, directeur général de la fête du Canada de Sherbrooke

Il souhaiterait que le gouvernement instaure une journée de commémoration pour les Autochtones. Si c’était ma décision, en tant que gouvernement, j’aimerais mieux ajouter une journée dans l’année où on peut remémorer ces choses-là et vraiment informer les gens, et s’assurer que ça ne revienne plus, plutôt que d’enlever une fête déjà existante. Je crois que ce serait plus efficace et durable dans le temps.

Pour Shawna Jerome, cette proposition n’est cependant pas suffisante, car les blessures des communautés autochtones sont encore trop vives. Elle remarque notamment que plusieurs réserves n’ont pas encore d’eau potable.

Ce n’est pas un passé, il y a encore beaucoup de choses qu’il faut que ça se règle, et que le monde reconnaisse l’importance de nos droits, conclut-elle.

Avec les informations d’Alexis Tremblay

Ligne bilingue d'appui pour les survivants des pensionnats autochtones :

1-866-925-4419

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