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Rupture de service en obstétrique à l'hôpital de Ville-Marie : cri du coeur des mères

Maggy Laliberté est assise avec ses trois enfants dans des escaliers à l'extérieur.

Maggy Laliberté attend son quatrième enfant.

Photo : Gracieuseté

Janis Rivard

Les services en obstétrique à Ville-Marie sont fermés depuis le 29 avril dernier, et la fermeture a été prolongée jusqu’au 1er août prochain. Des mères et futures mères au Témiscamingue s’inquiètent de la situation.

Catherine Poulin attend son deuxième enfant pour le début du mois de septembre. Elle s’attend à devoir aller accoucher à Rouyn-Noranda. Je n’ai pas d’espoir que, rendus à ma date, les services vont être revenus. Donc, le stress de faire une heure et demie de route en contraction ça ne me tente pas tant, mais on n’a pas le choix , se désole-t-elle.

Puisque sa date d’accouchement estimée n'est pas durant les périodes prévues de coupure de service, Mme Poulin n’a pas reçu d’instruction de la part de son médecin quant à la prise en charge qui sera effectuée. J’imagine que ça va venir, que mon médecin va m’en parler, mais en ce moment non, je n’ai pas de suivi ni rien. Je ne sais pas comment m’enligner ou quoi , rapporte-t-elle.

Catherine Poulin, assise sur une botte de foin, enlace son fils.

Catherine Poulin, elle est avec son premier enfant, et est enceinte de son deuxième.

Photo : Gracieuseté

Cette situation l’inquiète un peu, mais elle est a confiance qu'elle recevra des services si les services en obstétrique restent fermés plus longtemps.

Une question de temps

Maggy Laliberté attend son quatrième enfant pour le début du mois d’août. Pour elle, ce n’est pas possible de se rendre à Rouyn-Noranda pour avoir son enfant.

Moi, me rendre à Rouyn, c’est presque impossible parce que mes accouchements sont assez rapides. Je sais qu’ils ont dit justement qu’on pouvait aller dormir là quelques jours, quelques semaines avant la date prévue. Sauf que moi, vu que j’en ai déjà trois... C’est déjà assez difficile de les faire garder pour le jour de l’accouchement, et là en plus s’il faut que j’aille à Rouyn, dormir là d’avance… Essayer de trouver quelqu’un pour la dernière semaine ou les deux dernières semaines, en plus du séjour à l’hôpital, ça fait vraiment compliqué , explique-t-elle.

Elle devra donc probablement avoir son enfant à Ville-Marie, même si les services sont fermés. C’est soit ça ou soit j’accouche dans l’auto ! Et ils le savent, à l’hôpital, que je ne peux pas me rendre jusqu’à Rouyn-Noranda , observe Mme Laliberté.

Elle regarde également ses options pour accoucher à l’hôpital de New Liskeard, qui est moins loin que celui de Rouyn-Noranda. Avec la pandémie, elle n’est pas certaine qu’elle pourra y aller.

On a tous reçu un appel de l’hôpital de Ville-Marie pour voir les procédures et tout ça. Donc il y a une place de disponible, on peut y aller avant notre date, comme la dernière semaine ou autre, ou si on a de la famille proche on peut aller dormir là, en Abitibi. Les frais de déplacement et tout ça vont être remboursés. Sauf que c’est ça, moi, dans mon cas, ce n’est pas possible , déplore-t-elle.

L'incertitude

Sarah-Michelle Racine attend son premier enfant pour le début du mois d’août. Elle devra voyager à Rouyn-Noranda seulement lorsque ses contractions débuteront. C’est sûr que c’est mon premier enfant, des fois l’accouchement est plus long, mais on ne sait jamais quand même. Donc on va monter à Rouyn et en espérant qu’on arrive à temps , indique-t-elle.

Sarah-Michelle Racine est accoté sur un arbre et porte une robe qui moule son ventre arrondi. Elle est enceinte.

Sarah-Michelle Racine attend son premier enfant.

Photo : Gracieuseté

Elle aurait la possibilité d’aller au Temiskaming Hospital, situé à New Liskeard. Toutefois, comme ce n’est pas au Québec, ils n’auraient pas accès à son dossier. Oui, ils vont t’aider à accoucher, mais dans le fond ils ne savent pas si tu as des problèmes de santé ou peu importe, ils ne connaissent rien sur ta grossesse. Tandis que Ville-Marie transfère automatiquement notre dossier à Rouyn, donc ça, c’est plus rassurant , explique-t-elle.

Elle et son conjoint ne souhaitent pas aller dormir d’avance à Rouyn-Noranda, afin d’être près de l’hôpital lorsque ses premières contractions se déclencheront. C’est sûr que ce n’est pas quelque chose qu’on peut se permettre. Je sais qu’ils donnent un montant si jamais on arrive là-bas et qu’ils nous disent de retourner chez nous, et là il faut louer une chambre d’hôtel. Donc ça, au moins, c’est rassurant à ce niveau-là. Mais on oublie ça, c’est sûr que je n’irai pas dormir deux semaines avant à Rouyn… Je veux dire, on a une vie quand même là ! s’exclame Mme Racine.

Elle n’a pas encore été suivie par le personnel du Centre intégré de santé et services sociaux pour sa prise en charge, et c’est cela qui l’inquiète le plus. Dans le fond, j’ai hâte d’avoir des informations supplémentaires et me préparer à aller à Rouyn, conclut-elle.

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