•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Pandémie : de nombreux Canadiens veulent changer d'emploi

Une femme avec un air exaspéré qui se tient la tête devant un ordinateur portable.

La pandémie a fait en sorte que les Canadiens se questionnent davantage sur leurs choix d'emploi et de carrière.

Photo : iStock / damircudic

Une proportion importante de Canadiens considèrent changer d’emploi dans la prochaine année, en raison de plusieurs changements dans le monde du travail engendrés par la pandémie, selon de récents sondages.

Un sondage du Centre canadien pour la mission de l’entreprise* mené du 30 avril au 4 mai 2021 a trouvé que 42 % des répondants songent à changer d’emploi ou de carrière dans la prochaine année. Selon un sondage de la firme Robert Half (Nouvelle fenêtre)** effectué du 26 mars au 15 avril 2021, ce chiffre se trouve plutôt autour de 21 % des Canadiens.

Dans son Indice de la santé mentale mensuel de décembre 2020 (Nouvelle fenêtre)***, la firme LifeWorks confirme que cette tendance est présente depuis plusieurs mois. 24 % des répondants canadiens à ce sondage envisageaient déjà un changement d’emploi, tandis qu’un 20 % de plus était indécis.

Brian Gallant en photo.

Brian Gallant est le PDG du Centre canadien pour la mission de l’entreprise.

Photo : Brian Gallant

La pandémie a bouleversé nos vies. C’est normal et logique que les gens commencent à se questionner sur leurs priorités de vie, leurs valeurs, et comment ils investissent leur temps, lance le PDG du Centre canadien pour la mission de l’entreprise, Brian Gallant.

« Nous voyons que les priorités des Canadiens et Canadiennes ont bien changé depuis le début de la pandémie et un bon nombre d’entre eux veulent modifier leurs plans professionnels. »

— Une citation de  Brian Gallant, PDG du Centre canadien pour la mission de l’entreprise

Les employés ont également vécu des mouvements à l’échelle nationale et internationale qui valorisent la diversité.

Les employés se rendent compte aussi que leurs valeurs ne correspondent pas à celles de leurs employeurs, surtout en matière de diversité et d’inclusion, ajoute Brian Gallant.

La vice-présidente des ventes et succès clients de LifeWorks, Lisa Angeloni, met également l’accent sur cette prise de conscience.

La pandémie a amené une grande réflexion sur ce qui est important dans la vie, dit-elle. Les gens se demandent : "Qu’est-ce que je veux accomplir pendant que je suis ici? Mon employeur actuel est-il capable de me combler professionnellement et personnellement?".

Elle ajoute d’ailleurs que les travailleurs de moins de 40 ans sont deux fois plus susceptibles d’envisager un changement de carrière, selon le sondage de LifeWorks.

Plus de possibilités grâce au télétravail

Lisa Angeloni avance aussi que la pandémie a permis l’omniprésence du télétravail et que certains cherchent à continuer de travailler de la maison une fois la pandémie derrière nous.

Photo en format portrait de Lisa Angeloni qui sourit.

Lisa Angeloni est la vice-présidente des ventes et succès clients pour le Québec à LifeWorks.

Photo : Lisa Angeloni

Plusieurs personnes se disent : "Si mon employeur ne me permet pas de travailler à la maison ou ne me donne pas des horaires flexibles comme je l’ai aujourd’hui, je vais devoir réfléchir à mon avenir avec cet employeur et peut-être même dans cette carrière", constate-t-elle.

Mais l’engouement par rapport au télétravail n’était pas toujours aussi présent.

Pendant la pandémie, les gens ont commencé à se sentir plus à l’aise avec les nouveaux outils technologiques du travail et ont commencé à constater que l’économie fonctionne quand même, explique le vice-président principal de la firme Robert Half, Michael O’Leary.

C’est le cas pour James Everitt, un directeur d’analyses de données pour la compagnie Canada Drives.

La pandémie a fait que ma mentalité face au télétravail a changé, comme ça a été le cas pour plusieurs entreprises. Travailler de la maison peut être tout aussi productif que travailler au bureau, dit-il.

James Everitt a d’ailleurs commencé son nouveau poste il y a à peine quelques semaines.

La pandémie lui a fait réaliser que les horizons et les perspectives d’emploi sont beaucoup plus larges qu’avant, et ça lui a permis de trouver un emploi qui le comble vraiment.

« Les possibilités sont beaucoup plus nombreuses maintenant puisque l’endroit n’importe plus. Puisqu’il y a plus d’options, les travailleurs peuvent être beaucoup plus sélectifs. »

— Une citation de  James Everitt, directeur d’analyses de données, Canada Drives

Avant la pandémie, il ne croyait jamais que le télétravail pouvait être aussi répandu. Maintenant, il travaille en télétravail à Toronto pour une compagnie basée à Vancouver.

Une pénurie de main-d’œuvre qui précède la pandémie

Comme l’explique Michael O’Leary, de la firme Robert Half, la pandémie a causé un choc dans le marché du travail.

Beaucoup d’entreprises et beaucoup de gens n’avaient jamais travaillé de la maison. Plusieurs personnes ont vécu de l’insécurité quand la pandémie a commencé, comme des pertes d’emplois. Ce stress-là a créé un statu quo dans le marché pour un moment, souligne-t-il.

Michael O'Leary en photo portrait.

Michael O'Leary est le vice-président principal de l'Est du Canada pour l'entreprise Robert Half.

Photo : Michael O'Leary

Le marché du travail a donc été figé pour un moment pendant la pandémie, mais Michael O’Leary constate que les tendances ont changé à partir de l’automne 2020. Les besoins des entreprises en matière d’emploi ont repris le dessus.

Selon l’économiste Gilles Grenier, de l’Université d’Ottawa, le marché du travail reviendra effectivement à ce qu’il était avant la pandémie en ce qui concerne la pénurie de main-d'œuvre.

Depuis sept ou huit ans, le problème principal, c’est la pénurie de main-d'œuvre. Les gens prennent leurs retraites et il n’y a pas assez de travailleurs pour les remplacer, souligne le professeur émérite.

Cette tendance à long terme reste la même, malgré la pandémie.

La pandémie va sûrement amener certains changements structurels à l’économie, explique-t-il, mais ils vont s’ajouter à ceux qui étaient présents avant : c'est-à-dire, la pénurie de main-d'œuvre.

*Le sondage du Centre canadien pour la mission de l’entreprise cité dans cet article s’est fait auprès de 1500 adultes canadiens, entre les dates du 30 avril et 4 mai 2021. Des quotas et une pondération ont été établis pour assurer que la composition de l’échantillon reflète celle de la population canadienne selon les données du recensement de Statistique Canada.

**Le sondage de Robert Half cité dans cet article s’est fait auprès de 500 employés canadiens, entre les dates du 26 mars au 15 avril 2021.

***Le sondage de LifeWorks cité dans cet article s’est fait auprès de 3000 adultes canadiens employés au cours des six mois précédents, du 25 octobre au 5 novembre 2020. Les données sont pondérées statistiquement pour assurer que la composition régionale et hommes-femmes de l’échantillon est représentative de la population canadienne.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !