•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le meurtrier Paul Bernardo ne montre pas assez de progrès pour être libéré

Dessin de cour du meurtrier.

Paul Bernardo lors de sa seconde audience devant la Commission des libérations conditionnelles du Canada, le 22 juin 2021.

Photo : Radio-Canada / Pam Davies

Paul Bernardo affiche toujours un risque élevé de perpétrer d'autres crimes sexuels s'il devait être libéré, selon la Commission des libérations conditionnelles du Canada, qui a entendu l'assassin en détention la semaine dernière.

Bernardo purge une peine de prison à vie pour l'enlèvement, le viol et le meurtre des adolescentes Leslie Mahaffy et Kristen French en 1991 et 1992 dans la région du Niagara.

Dans les raisons qu'elle a rendues publiques lundi, la Commission soutient que le manque d'empathie et de compréhension du meurtrier ne lui permet pas de relever des progrès notables dans le comportement de l'assassin en détention.

Elle estime que Bernardo fait encore preuve de peu d'introspection par rapport à ce qu'il a fait et par rapport aux risques qu'il récidive à sa sortie de prison, malgré les traitements et les programmes qu'il y a suivis.

Son niveau d'empathie à l'endroit de ses victimes [de viol, NDLR] et des familles de ses deux victimes est par ailleurs encore limité, peut-on lire dans la décision de neuf pages.

Un dessin de cour de Paul Bernardo lors d'une comparution au début d'octobre.

Paul Bernardo lors de sa première audience devant la Commission des libérations conditionnelles en octobre 2018.

Photo : La Presse canadienne / Greg Banning

La Commission note que le meurtrier n'a suivi aucun programme depuis sa dernière audience en 2018 à cause de la COVID-19 et du fait qu'il est difficile d'assurer sa sécurité dans des thérapies de groupe en prison.

À ce sujet, elle écrit qu'il est préférable pour sa propre sécurité de demeurer dans un pénitencier à sécurité maximale, plutôt que de le transférer dans une prison à sécurité moyenne comme il l'avait demandé dans sa requête.

La Commission se dit par ailleurs inquiète du fait que Paul Bernardo pense qu'il n'affiche qu'un faible risque de récidive (sur les plans sexuel, meurtrier, etc.) et qu'il considère le voyeurisme comme un simple délit.

Leslie Mahaffy et Kristen French

Leslie Mahaffy et Kristen French ont été enlevées à 10 mois d’intervalle, en juin 1991 et en avril 1992, dans la région du Niagara.

Photo : Radio-Canada

Elle lui reproche de continuer à prendre ses distances par rapport à tous les diagnostics que des psychiatres ont établis à son sujet depuis le procès en 1995, plutôt que d'en prendre bonne note pour mieux saisir ses besoins criminogènes (qui contribuent à l'extension de la criminalité, NDLR) et les facteurs de risque qu'il représente.

« Votre croyance obstinée selon laquelle tout votre comportement criminel prend ses racines dans le sexisme dû aux privilèges masculins est une réponse trop simple pour des problèmes criminogènes complexes et elle ne tient compte ni de la gravité de vos infractions ni du niveau de violence que vous manifestez à l'endroit des femmes. »

— Une citation de  Commission des libérations conditionnelles du Canada

La Commission accuse enfin Paul Bernardo de n'être ni ouvert ni transparent avec l'équipe de son agent de libération conditionnelle. Elle lui recommande de collaborer davantage avec son agent pour répondre à ses besoins en suspens et pour combler ses manquements.

Photo de Paul Bernardo à bord d'une voiture.

Le meurtrier Paul Bernardo a été condamné à la perpétuité à l'issue de son procès en septembre 1995.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Dans de telles circonstances, conclut la Commission, il serait inapproprié pour la sécurité du public de lui accorder une libération de jour, encore moins une libération conditionnelle complète.

« Avant que vous n'arriviez à intérioriser les traitements, les interventions, les conseils professionnels et les évaluations cliniques qui vous ont été accordés, il est peu probable que vous fassiez les progrès nécessaires pour atténuer votre risque pour le public. »

— Une citation de  Commission des libérations conditionnelles du Canada

La Commission reconnaît néanmoins que Paul Bernardo s'est toujours bien comporté en détention à part un écart de conduite à l'hiver 2018, pour lequel le chef d'accusation de possession d'une arme prohibée avait finalement été abandonné.

L'avocat de Paul Bernardo, Fergus O'Connor

L'avocat Fergus O'Connor a représenté Paul Bernardo lors de l'audience devant la Commission le 22 juin 2021.

Photo : La Presse canadienne / Colin Perkel

Elle écrit par exemple que le meurtrier n'a jamais répondu à la violence par la violence lorsqu'il se faisait agresser ou harceler par des codétenus.

Paul Bernardo pourra soumettre une nouvelle requête de libération conditionnelle à partir de l'été 2023.

Son avocat, Fergus O'Connor, avait assuré lors de l'audience du 22 juin dernier que son client avait changé, qu'il avait vieilli et qu'il avait su garder une attitude positive.

Me O'Connor soutenait que Paul Bernardo affiche le plus faible risque de récidive qui soit selon l'indice utilisé pour qualifier le danger que des contrevenants représentent toujours en détention.

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.