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Pourquoi les sites pétroliers les plus polluants sont-ils toujours en activité?

Des camions sur un chantier d'exploitation des sables bitumineux.

Les pétrolières comptent augmenter leur production pour profiter des prix élevés du baril.

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

Radio-Canada

Avec des prix du pétrole à leur sommet en plus de deux ans et peu d’espoir d'entreprendre de nouveaux projets, les pétrolières maximisent la production de leurs sites d’exploitation, même les plus polluants.

Selon les données d’Environnement Alberta de 2019, certaines exploitations produisent jusqu’à trois fois plus de gaz à effet de serre par baril produit que la moyenne du secteur.

L’exploitation à Rivière-la-Paix de Canadian Natural Resources (CNRL) émet par exemple 0,197 tonne de dioxyde de carbone par baril, ce qui est l’intensité carbone la plus élevée des sables bitumineux. La moyenne se situe à 0,066 tonne.

CNRL espère cependant y doubler la production jusqu’à 5000 barils par jour. Le prix du baril de pétrole américain, le West Texas Intermediate, a atteint son niveau le plus élevé depuis octobre 2018.

Étant donné les prix du pétrole, des zones comme Rivière-la-Paix sont de bonnes exploitations pour nos liquidités, explique le chef des opérations, Scott Stauth.

L’entreprise souhaite y introduire une nouvelle technologie de vapeur moins polluante une fois que celle-ci aura prouvé son potentiel commercial.

Des réglementations trop laxistes, selon certains

Dans un monde rationnel, ces sites ne seraient plus en activité, croit Andrew Logan, directeur en chef de la firme de consultants Ceres. Ils n’ont pas encore été la cible de réglementations spécifiques et cela pourrait le cas pour encore longtemps.

Le ministre canadien de l’Environnement, Jonathan Wilkinson, affirme que son gouvernement a déjà répondu à certaines inquiétudes en imposant des réglementations sur le méthane plus strictes et de futures normes sur les combustibles propres. Il reconnaît toutefois qu'on pourrait en faire plus.

L’Alberta préfère quant à elle inciter toutes les pétrolières à réduire leurs émissions, quelle que soit leur empreinte carbone, plutôt que d'imposer la fermeture de certaines, selon le porte-parole du ministre provincial de l’Environnement, Paul Hamnett.

Le directeur albertain de l’Institut Pembina, Chris Serverson-Baker, ajoute cependant qu’à ce point-ci le coût associé à la réduction des émissions est plus élevé que la taxe carbone, ce qui rend plus rentable pour les entreprises de maintenir ces sites en activité.

Greenfire Acquisition Corp, qui est propriétaire du site d’exploitation arrivant en deuxième position en matière d'importance d'émissions, veut également multiplier par deux sa production, selon son directeur, Robert Logan.

M. Logan souligne toutefois que le fait de maintenir de telles exploitations en activité a moins de conséquences environnementales que de créer de nouveaux sites.

Les entreprises l'Impériale et Cenovus promettent de réduire leur intensité carbone.

Avec les informations de Reuters

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