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Archives

Le 29 mai 1914, l’Empress of Ireland sombrait dans les eaux du fleuve Saint-Laurent

Photo sous-marine de l'Empress of Ireland

Photo sous-marine de l'Empress of Ireland

Photo : Radio-Canada / Archives

Radio-Canada

À la fin du mois de mai 2021, Louis Pelletier et Sébastien Hudon, deux chercheurs québécois, ont fait la découverte de documents audiovisuels inédits des rescapés du naufrage de l’Empress of Ireland. Retour sur la pire tragédie maritime de l’histoire du Canada.

Deux ans seulement après la tragédie du Titanic, le 29 mai 1914, le navire assurant la liaison entre les villes de Liverpool en Angleterre et Québec sombre dans les eaux glacées du Saint-Laurent. Le bilan est presque aussi lourd que celui de son prédécesseur.

Contrairement à celui du Titanic très médiatisé, le naufrage de l’Empress of Ireland, propriété du Canadien Pacific depuis 1906, est quelque peu tombé dans l’oubli, car l’Europe est entrée en guerre deux mois plus tard.

Dans la nuit du 29 mai 1914, à travers les brumes denses du fleuve Saint-Laurent, l’Empress of Ireland avance avec à son bord 1477 passagers et membres d’équipage. Le charbonnier Norvégien Storstad navigue lui aussi sur le fleuve en direction opposée.

Vers 1 h 55 du matin, c’est la collision fatale. La proue du navire norvégien s’enfonce profondément dans le flanc de l’Empress. C’est par cette large échancrure que l’eau commence à s’infiltrer abondamment, renversant le navire bondé de passagers.

En moins de 14 minutes, l’Empress of Ireland sombre, entraînant dans la mort 1012 personnes. Des familles entières sont décimées.

Il a fallu attendre 1964 avant que l’épave ne soit retrouvée au large de Rimouski.

Aujourd’hui, 28 juillet 1964

L’homme d’affaires rimouskois Aubert Brillant finance une expédition afin de retrouver le plus d’artefacts possible pour créer un musée de l’Empress.

À 150 pieds de profondeur, la visibilité est réduite près de l’épave et les courants sont forts, ce qui ne facilite en rien la vie des plongeurs qui souhaitent documenter la tragédie.

Le 28 juillet 1964 à l’émission Aujourd’hui, des survivants du naufrage de l’Empress of Ireland racontent comment ils ont vécu la tragédie, 50 ans après les événements.

La scène qui s’offrait à nos yeux était des plus navrantes, les survivants parcouraient le quai en tous sens cherchant un époux, un père, une mère.

Une citation de :Colonel Jean Pinault, témoin et sauveteur

Les Rimouskois accueillaient les sinistrés dans leurs maisons, au fur et à mesure que les sauveteurs les déposaient sur le quai. Particulièrement des femmes et des enfants, mais surtout des enfants, car plusieurs femmes, à la recherche de leurs maris, ne voulaient pas quitter le quai.

Les cadavres sont d’abord placés dans un hangar au bout du quai, mais bien vite l’espace fait défaut. Alors on étendait les autres noyés face au soleil, épaule à épaule, pour que les rescapés puissent identifier les disparus.

Vous voyez une dame, d’apparence riche avec un beau manteau de fourrure et les doigts remplis de bagues, avec comme voisin un graisseur du bord couvert d’huile. Ce qui à mon sens rappelait à tout le monde que la mort, la grande niveleuse, efface toutes les différences qu’il y a dans la vie.

Une citation de :Colonel Jean Pinault

Le 3 octobre 1986, l'émission Contrechamp présente un reportage du journaliste Robert Tremblay qui rapporte les témoignages de survivants, de sauveteurs et de plongeurs qui ont fouillé l’épave.

Ronald Ferguson (décédé en 1985), télégraphiste et survivant du naufrage, témoigne. C’est lui le premier qui, constatant la gravité de la situation, demande au commandant de bord la permission d’envoyer un S.O.S.

Dans ce reportage, on mentionne que seul un officier de pont du navire norvégien a été blâmé pour ne pas avoir réveillé le capitaine. Un officier de quart de l’Empress a évoqué que l’Empress avait des problèmes de gouvernail, mais son témoignage n’a pas été retenu.

L’année 2014 marquait le centième du naufrage de l’Empress of Ireland. Cette année-là, Parcs Canada réussit à produire une carte en trois dimensions pour les plongeurs.

Le reportage sur cette avancée est présenté au Téléjournal le 24 juillet 2014.

Téléjournal du Grand Montréal, 24 juillet 2014

Le journaliste Luc Tremblay rencontre l’archéologue subaquatique Charles Dagneau.

Le chercheur lui explique que lui et son équipe souhaitent mesurer l’affaissement des ponts et le glissement des superstructures et, bien entendu, documenter les pièces de l’épave.

On espère pouvoir déterminer comment le site évolue.

Une citation de :Charles Dagneau, archéologue subaquatique Parcs Canada

Un troisième trou dans la coque du navire, inconnu jusqu’ici, a même pu être décelé.

L’épave de l’Empress of Ireland est classée bien historique et archéologique et est protégée par la loi sur les biens culturels du Québec depuis le 21 avril 1999. C’est le premier bien subaquatique à recevoir ce statut.

Depuis 2000, sur le Site historique maritime de Pointe-au-Père à Rimouski, un musée est entièrement consacré à la tragédie de l’Empress of Ireland.

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