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Le stress fait grisonner les cheveux et le phénomène est parfois réversible

Une jeune femme montre les racines grises de ses cheveux.

Pour la première fois, des scientifiques américains apportent des preuves quantitatives reliant le stress psychologique au grisonnement des cheveux.

Photo : iStock

Radio-Canada

Pour la première fois, des scientifiques américains apportent des preuves quantitatives reliant le stress psychologique au grisonnement des cheveux.

En outre, le Pr Martin Picard et ses collègues de l’Université Columbia ont été surpris de constater que les cheveux blancs ou gris retrouvent naturellement leur pigmentation, quels que soient le sexe, l'ethnie, l'âge et la région du corps lorsque le stress disparaît.

Cette découverte contraste avec une étude récente sur des souris suggérant que les cheveux gris induits par le stress sont permanents, expliquent les chercheurs dans un communiqué publié par l’institution.

La compréhension des mécanismes qui permettent aux vieux cheveux gris de retrouver leur état pigmenté jeune pourrait fournir de nouveaux indices sur la malléabilité du vieillissement humain en général et sur la façon dont il est influencé par le stress, explique Martin Picard.

Nos données s'ajoutent à un ensemble croissant de preuves démontrant que le vieillissement humain n'est pas un processus biologique linéaire et fixe, mais qu'il peut, au moins en partie, être arrêté ou même temporairement inversé, ajoute le chercheur.

Repères

  • Un cheveu est composé d’une partie visible, la tige, et d’une racine enfouie dans une petite cavité, le follicule pileux.
  • Le cheveu est principalement composé d’une protéine, la kératine, mais il contient également de l’eau, des acides gras, de la mélanine, du zinc, des vitamines et du fer.
  • Un humain possède entre 100 000 et 150 000 cheveux et perd environ 40 à 50 cheveux par jour.
  • Les cheveux poussent selon un rythme cyclique qui varier selon l'individu, son âge et les saisons.

Étudier les cheveux pour comprendre le vieillissement

Les cheveux peuvent être comparés aux anneaux dans les troncs d'arbre qui contiennent des informations sur la vie passée d’un arbre. Ils contiennent des informations sur notre histoire biologique, dit Martin Picard.

Lorsque les cheveux se trouvent sous la peau sous forme de follicules, ils sont soumis à l'influence des hormones de stress et d'autres choses qui se passent dans notre esprit et notre corps. Une fois que les cheveux sortent du cuir chevelu, ils durcissent et cristallisent définitivement ces expositions sous une forme stable, affirme M. Picard.

Un lien finalement confirmé

Le lien entre le stress et l’accélération de l'apparition des cheveux gris et blancs est présumé depuis longtemps, mais il était toujours débattu parce qu’il n’existait pas de technique permettant d'établir une corrélation claire entre les périodes de stress et la pigmentation des cheveux au niveau d'un seul follicule.

Pour y parvenir, l’étudiante Ayelet Rosenberg, qui collabore avec le Dr Picard, a mis au point une nouvelle méthode qui capte des images très détaillées de minuscules tranches de cheveux humains qui permettent de quantifier l'étendue de la perte de pigment (grisonnement) dans chacune de ces tranches.

Chacune de ces tranches, d'environ 0,05 millimètre de large, représente environ une heure de croissance du cheveu.

Si vous regardez un cheveu avec vos yeux, il aura l'air d'avoir la même couleur partout, à moins qu'il y ait une transition importante […]. À l’aide d’un instrument haute résolution, vous constaterez de petites et subtiles variations de couleur, explique le professeur.

Dans la présente étude, l’équipe de recherche a analysé les cheveux individuels de 14 participants qui ont ensuite été comparés au journal du stress de chacun d’entre eux.

Les chercheurs ont immédiatement remarqué que certains cheveux gris retrouvaient naturellement leur couleur d'origine, ce qui n'avait jamais été documenté quantitativement, indique M. Picard.

Des protéines sous la loupe

Pour mieux comprendre comment le stress provoque le grisonnement des cheveux, les chercheurs ont également mesuré les niveaux de milliers de protéines dans les cheveux et l'évolution des niveaux de protéines sur la longueur de chaque cheveu.

Ils ont ainsi constaté des changements dans 300 protéines qui se sont produits lorsque la couleur des cheveux a changé.

Les chercheurs ont ensuite développé un modèle mathématique qui laisse à penser que les changements induits par le stress dans les mitochondries (centrales énergétiques des cellules) peuvent expliquer comment le stress rend les cheveux gris.

Les mitochondries agissent comme de petites antennes à l'intérieur de la cellule qui répondent à un certain nombre de signaux différents, y compris le stress psychologique, illustre le Pr Picard.

Un phénomène réversible, mais…

Le fait de réduire le stress dans la vie d’une personne ne lui permettra pas nécessairement de retrouver la couleur normale de ses cheveux.

Sur la base de notre modélisation, nous pensons que les cheveux doivent atteindre un certain seuil avant de devenir gris. À un certain âge, lorsque les cheveux sont proches de ce seuil en raison de l'âge et d'autres facteurs, le stress les pousse à dépasser ce seuil et à devenir gris. Nous ne pensons pas que réduire le stress chez une personne de 70 ans qui a des cheveux gris depuis des années va assombrir ses cheveux ou qu'augmenter le stress chez un enfant de 10 ans va suffire à faire basculer ses cheveux au-delà du seuil de gris, tempère le Pr Picard.

Le détail de ces travaux est publié dans la revue eLife (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

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