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T.-N.-L. renonce au système d’alerte à la naissance

Les pieds d'un bébé sortent d'une couverture au bout d'un berceau.

Les autorités à Terre-Neuve-et-Labrador vont abolir mercredi le système d'alerte à la naissance.

Photo : pixabay.com

Radio-Canada

Le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador met fin à son système d’alerte à la naissance comme l’a recommandé en 2019 l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.

Ce système permettait aux services de protection de l’enfance de surveiller le déroulement d’une grossesse. Les services sociaux demandaient à l’hôpital de lui signaler le moment où allait accoucher les femmes faisait l’objet d’une surveillance parce qu’on s'inquiétait pour la sécurité du bébé. Cela menait les autorités, dans certains cas, à immédiatement retirer le nouveau-né de sa mère.

Le système est connu pour cibler de façon disproportionnée les femmes autochtones.

Cette crainte est bien réelle dans les communautés inuit, elle découle de la colonisation et du système de protection sociale et est alimentée par le système d’alerte à la naissance, selon Krista Mogridge, du ministère de la Santé et du Développement social du Nunatsiavut.

Les communautés innues éprouvent les mêmes craintes, selon Germaine Benuen, directrice d’un secrétariat innu qui essaie d’intervenir avant les services de protection de l’enfance. Les deux agences, précise-t-elle, travaillent ensemble et reconnaissent que cette intervention peut être préférable à long terme.

Germaine Benuen dirige l’organisme nommé Innu Round Table Secretariat, qui privilégie des méthodes axées sur la prévention. Le secrétariat organise, par exemple, des groupes de soutien, des consultations psychologiques, des services de soutien et de traitement des dépendances.

D’autres provinces ont aussi renoncé aux alertes à la naissance

Terre-Neuve-et-Labrador est l’une des dernières provinces qui renoncent au système d’alerte à la naissance. Le système existe toujours au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse, et des groupes autochtones au Québec l’ont condamné publiquement le mois dernier.

Lorsque le gouvernement de l’Ontario a aboli son système d’alerte à la naissance, l’an dernier, il a indiqué que les mères noires ou autochtones étaient disproportionnellement touchées.

À Terre-Neuve-et-Labrador, le ministère ne peut préciser combien d’alertes à la naissance sont lancées par année. Mais, selon Germaine Benuen, il y en avait de moins en moins ces deux dernières années.

Terre-Neuve-et-Labrador va officiellement interdire les alertes à la naissance mercredi.

Krista Mogridge et Germaine Benuen s’en réjouissent, mais elles estiment que ce n’est qu’un petit pas en avant vers le progrès.

D’après un reportage de Katie Breen, de CBC

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