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Nucléaire iranien : Israël fait part de ses « fortes réserves » aux États-Unis

Portrait de Yaïr Lapid assis à une table.

Le nouveau chef de la diplomatie israélienne, Yaïr Lapid, pendant la rencontre à Rome

Photo : Reuters

Agence France-Presse

Le nouveau chef de la diplomatie israélienne Yaïr Lapid, qui rencontrait pour la première fois son homologue américain, a exprimé « les fortes réserves » de l'État hébreu concernant les négociations pour relancer l'accord sur le nucléaire iranien, tout en souhaitant un dialogue renforcé avec Washington.

M. Lapid, architecte de la coalition ayant mis fin au règne de Benyamin Nétanyahou et qui devrait devenir premier ministre, s'est rendu à Rome pour discuter de visu avec Antony Blinken, arrivé en milieu de journée dans la capitale italienne dans le cadre d'une visite dans trois pays européens.

Cet entretien intervient dans un contexte de tractations visant à faire revenir les États-Unis au sein de l'accord de Vienne sur le nucléaire iranien de 2015, dont l'ancien président américain Donald Trump avait unilatéralement retiré son pays trois ans plus tard.

Israël s'oppose à cet accord, qui a contraint Téhéran à réduire son programme nucléaire en échange d'un allègement des sanctions internationales. Mais les autorités iraniennes se sont affranchies de certains engagements après le retrait américain.

Le nouveau président américain Joe Biden a décidé de négocier un retour de son pays dans l'accord.

Israël a de fortes réserves concernant l'accord sur le nucléaire iranien en négociation à Vienne, a déclaré Yaïr Lapid en ouverture de son entretien avec Antony Blinken. Mais il a également dit vouloir régler les écarts de vue avec Washington dans les coulisses, en rupture avec l'ex-premier ministre Benyamin Nétanyahou.

Nous pensons que ces différences [entre l'État hébreu et Washington] doivent être discutées dans des échanges directs et professionnels, a-t-il dit.

Les deux hommes se saluent.

Le premier ministre israélien Yaïr Lapid et le secrétaire d'État américain Antony Blinken se sont rencontrés en personne pour la première fois dimanche.

Photo : Reuters

Maintenir la fragile trêve avec le Hamas

MM. Biden et Blinken souhaitent également préserver le fragile cessez-le-feu entré en vigueur le 21 mai entre Israël et le mouvement islamiste armé Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza depuis 2007.

Cette trêve est intervenue après 11 jours de combats – les pires depuis 2014 – qui ont fait 260 morts côté palestinien et 13 côté israélien, selon des sources locales. Et qui ont suscité de vives critiques à l'international.

Yaïr Lapid, devenu chef de la diplomatie israélienne le 13 juin avec le nationaliste Naftali Bennett comme premier ministre, a accusé M. Nétanyahou d'avoir mis en danger le soutien indéfectible des États-Unis en se rangeant derrière le parti républicain de M. Trump.

Ces dernières années, des erreurs ont été commises. Nous allons corriger ces erreurs, a assuré M. Lapid, dimanche soir.

Le nouveau gouvernement israélien, qui cherche une relation apaisée avec son principal allié historique, considère également la République islamique d'Iran comme une menace importante vis-à-vis d'Israël, et a effectué ses propres frappes dans la bande de Gaza. Mais il s'est engagé à donner la priorité à son alliance avec Washington et à essayer de rester discret sur leurs différences.

Yaïr Lapid s'est engagé mi-juin à améliorer le dialogue avec le parti démocrate américain et des pays européens, qualifiant respectivement ces relations de dangereuses et d'hostiles sous Benyamin Nétanyahou.

M. Blinken a salué les déclarations de M. Lapid, soulignant que les États-Unis étaient déterminés à travailler étroitement avec le nouveau gouvernement israélien.

Portrait d'Antony Blinken en train de parler.

Le secrétaire d'État américain, Antony Blinken

Photo : Reuters

Comme c'est le cas des plus proches amis, nous aurons des écarts de vue de temps en temps. Nous avons les mêmes objectifs. Parfois, nous divergeons sur la tactique.

Une citation de :Antony Blinken, secrétaire d'État américain

Relancer la solution à deux États

Tandis que les tensions restent vives en Israël après les violences de mai, qu'une coalition hétéroclite gouverne l'État hébreu depuis peu et que les incertitudes persistent au niveau politique dans l'Autorité palestinienne, l'équipe Biden a clairement indiqué ne pas chercher à confectionner à la hâte des initiatives de paix au Proche-Orient.

Le chef de la diplomatie américaine a indiqué à Paris que la priorité immédiate était de trouver comment faire parvenir de l'aide humanitaire pour la reconstruction de la bande de Gaza, enclave d'une pauvreté extrême et très densément peuplée.

L'espoir est de voir l'émergence de conditions qui permettent peut-être de relancer un processus de paix et l'établissement de deux États, Israël et Palestine, a déclaré M. Blinken en français.

Une femme palestinienne et son enfant.

Les plus récents bombardements de l'État hébreu ont notamment détruit un millier d'appartements dans la bande de Gaza.

Photo : Reuters / Mohammed Salem

Il a répété que l'administration Biden projetait d'autoriser l'Organisation de libération de la Palestine à rouvrir ses bureaux à Washington. Cette fermeture avait été ordonnée par M. Trump, à la satisfaction des autorités israéliennes.

Pendant sa visite de trois jours en Italie, M. Blinken doit rencontrer le pape François lundi, première entrevue du souverain pontife avec un responsable de haut rang de l'administration Biden. Il doit également participer à des réunions du G20 et de la coalition luttant contre le groupe djihadiste État islamique.

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