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France : les électeurs boudent les urnes au 2e tour des régionales

Près des deux tiers des quelque 48 millions d'électeurs ne se sont pas exprimés.

Un homme et un enfant marchent le long d'un mur couvert de graffitis et d'affiches de candidats

À Paris, un homme et un enfant marchent sur le trottoir le long duquel sont affichées les photos de candidats aux régionales.

Photo : AP / Rafael Yaghobzadeh

Agence France-Presse

Les Français ont encore boudé les urnes dimanche au second tour des élections régionales, marqué par un échec de l'extrême droite de Marine Le Pen et du parti d'Emmanuel Macron, et permettant à gauche et droite de prétendre à une nouvelle dynamique à dix mois de la présidentielle.

Près des deux tiers (66,3 % à 13 h, heure de l'Est) des quelque 48 millions d'électeurs ne se sont pas exprimés, à peine moins que la semaine dernière qui avait marqué un record pour des élections depuis le début de la Ve République, en 1958. Les bureaux de vote ont fermé à 14 h.

Je viens voter, mais ça ne sert à rien, résume à Strasbourg Hugues Hubert, 66 ans, un retraité du secteur du transport, maillot de foot sur les épaules, et dont aucun des trois enfants ne se déplacera. Voter pour la présidentielle, d'accord, mais pour les départementales, on ne sait rien. Que vont faire les candidats? Aucune idée.

Au-delà de cet enseignement sur la démocratie française, ce second tour a confirmé l'échec des partis de Marine Le Pen et d'Emmanuel Macron et le sursaut des partis traditionnels installés de longue date dans le paysage politique local, permettant aux barons de la droite et de la gauche d'affirmer que le suspense est relancé pour la présidentielle de 2022.

Tous les présidents de régions sortants ont d'ailleurs été réélus.

Une crise profonde de la démocratie locale

L'extrême droite (Rassemblement national) de Marine Le Pen n'a pas remporté la seule région pour laquelle il avait une chance, celle de Provence-Alpes-Côte d'Azur, qui reste à la droite traditionnelle (Les Républicains).

Ce soir, nous ne prendrons pas de région, a admis Marine Le Pen, évoquant une crise profonde de la démocratie locale. La mobilisation est la clé des victoires à venir, a-t-elle prévenu, avec la présidentielle en ligne de mire.

Marine Le Pen dans un bureau de vote.

Marine Le Pen, cheffe du Rassemblement national d'extrême droite, est allée voter à Henin-Beaumont.

Photo : Reuters / PASCAL ROSSIGNOL

Du côté de la majorité présidentielle (La République en marche), la journée est également maussade avec, comme prévu, aucune région gagnée. C'est une déception pour la majorité présidentielle, a admis Stanislas Guerini, le délégué général de LREM.

Ces deux partis manquent d'ancrage territorial par rapport à la droite ou à la gauche modérée, alliée à l'extrême gauche et aux écologistes.

Ces partis traditionnels avaient un peu disparu du paysage médiatique ces dernières années, après l'élection surprise du centriste Emmanuel Macron à la présidence en 2017, ayant grignoté tant l'électorat de droite que de gauche.

Emmanuel Macron glissant son bulletin de vote dans l'urne.

Le parti du président Emmanuel Macron subit un fort revers au premier tour des régionales, à moins d'un an de l'élection présidentielle.

Photo : AP / Christian Hartmann

Un match à trois

Plusieurs ténors de la droite vont désormais prendre le vent de leur victoire aux régionales pour affirmer que les cartes de présidentielle peuvent être rebattues alors que les sondeurs prédisent un 2e tour Macron/Le Pen.

Maintenant, tout le monde a compris que la présidentielle est désormais un match à trois. Le match à deux a du plomb dans l'aile, a estimé Xavier Bertrand, ancien ministre LR vainqueur dans la région des Hauts-de-France et déjà candidat pour 2022.

La gagnante de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, et celui de la région Auvergne-Rhône-Alpes (Centre), Laurent Wauquiez, vont aussi se positionner.

En face, les sortants de gauche l'emportent aussi dans plusieurs régions avec des alliances entre écologistes, socialistes et insoumis (gauche radicale). Mais aucun des élus de dimanche n'est sur les rangs pour concourir à la présidentielle et les chefs des partis ne sont pas d'accord pour une candidature unique.

Ce retour en force du clivage gauche-droite doit toutefois être analysé avec prudence et rien ne dit que le duel Macron-Le Pen pour la présidentielle sera remis en cause.

Les partis traditionnels bénéficient du grand maillage territorial qu'ils ont maintenu. Le clivage gauche-droite persiste au niveau des institutions locales mais n'a pas de traduction pour l'instant au niveau national, estimait avant le scrutin Jérôme Sainte-Marie, le président de l'institut de sondage PollingVox.

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