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Des conservateurs s’opposent à une loi pour interdire les thérapies de conversion

Un manifestant tient le drapeau de la Fierté devant la tour centrale du Parlement Canadien à Ottawa

Le projet de loi sur l’interdiction des thérapies de conversion a été adopté à la Chambre des communes. Plusieurs députés conservateurs ont voté contre.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Des membres et alliés de la communauté LGBTQ du Sud-Ouest ontarien se disent choqués et indignés de voir que les députés d'Essex, Chatham-Kent et Sarnia-Lambton sont parmi les conservateurs fédéraux qui ont voté cette semaine contre l'adoption d'un projet de loi qui criminalise la thérapie de conversion.

Le projet de loi C-6 interdit cette pratique, qui vise à modifier l'orientation sexuelle d'un individu ou son identité de genre.

Le projet de loi vise à protéger les personnes vulnérables qui sont forcées de suivre une thérapie de conversion, et voter contre signifie que vous n'êtes pas prêt à protéger les jeunes LGBTQ. C'est le signal que vous envoyez, affirme Colm Holmes, président de la Windsor Pride Community.

Le projet a été adopté en troisième lecture mardi à la Chambre des communes. Plus de la moitié des députés conservateurs, dont Chris Lewis, Dave Epp et Marilyn Gladu, ont voté contre. Les députés de tous les autres partis ont appuyé à l'unanimité le projet de loi par 263 voix contre 63.

La loi, qui modifie le Code criminel, établit 5 types d’infractions (Nouvelle fenêtre) :

  • faire subir à un enfant une thérapie de conversion;

  • faire subir à une personne une thérapie de conversion contre son gré;

  • faire passer un enfant à l’étranger pour lui faire subir une thérapie de conversion;

  • recevoir tout avantage, notamment pécuniaire, pour la prestation de services de thérapie de conversion;

  • faire la publicité de services de thérapie de conversion.

Selon la Société canadienne de psychologie, il n'y a aucune preuve scientifique que la thérapie de conversion fonctionne, mais plutôt de nombreuses preuves qu'elle cause préjudice aux personnes LGBTQ.

Chris Lewis, député d'Essex, a publié jeudi une déclaration qui notait que, même s’il avait voté en faveur du projet de loi C-6 en deuxième lecture, la définition de la thérapie de conversion en troisième lecture manquait de clarté et était trop large.

Cette loi ne protège pas les conversations volontaires avec des amis, des parents, des médecins, des conseillers et des membres du clergé, sans risque de peine de prison, écrit-il.

Cette préoccupation – le risque de criminaliser des discussions – a été soulevée par d’autres députés conservateurs qui ont voté contre l’adoption du projet de loi.

Dans le résumé législatif toutefois, il est indiqué que : le projet de loi ne criminalise pas la prestation de services de thérapie de conversion à un adulte consentant si aucun avantage pécuniaire ou matériel n'est offert en contrepartie. De plus, le fait qu'un adulte consentant demande ou reçoive une thérapie de conversion ne constitue pas un acte criminel.

Selon Colm Holmes, des adultes pourraient volontairement envisager une thérapie de conversion, si c'est leur choix personnel. Mais selon lui, une ligne doit être tracée pour ce qui est des jeunes.

Il juge que l'explication fournie par certains membres du caucus conservateur qui ont voté contre le projet de loi n'est pas suffisante, et souligne que même le chef du parti, Erin O’Toole, a voté en faveur de l’adoption.

Laura Soutar-Hasulo, résidente d’Essex et fondatrice de la campagne Hate Has No Home Here, se dit déçue. Quel que soit leur raisonnement, ils ont voté non pendant le Mois de la Fierté, contre l'interdiction de la thérapie de conversion, et on se souviendra longtemps de la douleur que cela a engendrée dans la communauté.

Le député Dave Epp a lui aussi publié une déclaration, jeudi, dans laquelle il affirme être totalement opposé aux pratiques coercitives entourant la thérapie de conversion, et qu’il est entièrement faux de penser que les conservateurs qui ont voté contre le projet de loi soutiennent ces méthodes.

En comité, les conservateurs avaient présenté un amendement qui clarifierait la définition de la thérapie de conversion dans le projet de loi pour cibler les pratiques coercitives, dit-il.

CBC News a également contacté la députée de Sarnia-Lambton, Marilyn Gladu, mais n’a pas encore obtenu de réponse.

D'après un texte de Sanjay Maru, CBC

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