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Des organismes de T.-N.-L. proposent l’instauration d’un revenu minimum garanti

Doug Pawson devant des logements modestes.

Doug Pawson, le directeur général de End Homelessness St. John's, l’un des dix organismes à proposer l'instauration d'un revenu minimum garanti.

Photo : La Presse canadienne / Paul Daley

Radio-Canada

Dix groupes œuvrant pour l’élimination de la pauvreté ont proposé mercredi 23 juin un modèle qui permettrait d’offrir un revenu minimum garanti à tous les résidents de 18 ans et plus de Terre-Neuve-et-Labrador.

L’idée est simple : un crédit d’impôt non remboursable pour tous les adultes. La valeur du crédit dépendrait du revenu de chacun et de sa proximité financière avec le seuil de pauvreté. Pour une personne seule, Statistique Canada a établi que le seuil est de 22 500 dollars par année.

Les organismes reconnaissent que la province devra se doter de fonds supplémentaires pour offrir un revenu minimum garanti.

Dans leur document énonçant et expliquant leur proposition de projet parue mercredi, les organismes soutiennent qu’il est possible d’aller chercher des millions de dollars en augmentant entre autres de 1 % la taxe sur les produits et les services et de 2 % l’impôt des deux catégories fiscales les plus élevées, ainsi qu’en imposant une taxe sur les produits de luxe et en révisant la taxe carbone.

Ces méthodes pourraient générer de 628 millions de dollars à 1,2 milliard de dollars par année selon les calculs inclus dans la proposition de Harvey Stevens, un professeur d’économie à l’Université du Manitoba, qui a aidé à mettre sur pied le même type de proposition pour l’Île-du-Prince-Édouard.

Le provincial ne peut y arriver seul

Selon la valeur du revenu minimum garanti, le gouvernement devrait dépenser de 471 millions à 3,8 milliards de dollars par année.

Le document des organismes assure que la province peut arriver à générer une partie des revenus elle-même, mais qu’elle aura nécessairement besoin de l’aide du gouvernement fédéral.

Le document assure aussi que l’aide au revenu et certains crédits d’impôt feraient partie du revenu minimum garanti, réduisant ainsi la part que devront fournir les gouvernements.

Une mesure nécessaire selon plusieurs

Nous avons constaté une augmentation concernant la pauvreté, la sécurité alimentaire et le chômage et des inquiétudes concernant le logement abordable, soutient Doug Pawson, le directeur général de End Homelessness St. John's, l’un des dix organismes.

Il assure qu’un revenu minimum garanti pourrait aider à régler ces problèmes.

Debbie Wiseman, qui est membre de Social Justice Co-op of Newfoundland and Labrador, assure que l’ aide au revenu en place actuellement est moindre que la Prestation canadienne d’urgence (PCU).

Lorsque la pandémie nous a frappés et qu’on a lancé la PCU, le gouvernement a décidé qu’il fallait avoir au moins 500 dollars pour pouvoir vivre, explique-t-elle en ajoutant que l’aide actuelle ne représente qu’environ la moitié de cette somme.

Debbie Wiseman en entrevue devant des maisons.

La membre de Social Justice Co-op of Newfoundland and Labrador, Debbie Wiseman

Photo : Radio-Canada / Adam Walsh (CBC)

Ce revenu minimum garanti pourrait aider bien des gens à sortir de la pauvreté, selon elle. Mme Wiseman dit avoir grandi en étant pauvre et comprendre à quel point cela peut être difficile. Elle assure avoir vu des gens devoir choisir entre de la nourriture, le loyer et la facture d'électricité.

Selon Mme Wiseman, la pauvreté est un problème qui dépend des politiques publiques.

Arrêter de travailler

En plus du coût, l’une des principales critiques des opposants au revenu minimum garanti, c’est que plusieurs personnes décideront de ne plus travailler.

Plusieurs études, dont un projet pilote qui ne s’est jamais rendu à terme en Ontario, démontrent pourtant le contraire. Si plusieurs participants au projet pilote ont effectivement arrêté de travailler, un plus grand nombre d’entre eux ont décidé de retourner aux études dans le but d’obtenir un nouvel emploi.

Les dix organismes assurent dans leur proposition que le revenu minimum garanti permet à un plus grand nombre de personnes de retourner aux études et que la transition énergétique pourrait se faire plus facilement, étant donné que certains secteurs devront fermer alors que d’autres ouvriront.

Avec les informations d'Andrea McGuire, de CBC

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