•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L’immeuble effondré en Floride avait des « dommages structurels majeurs » en 2018

Des balcons de l'immeuble endommagé tiennent toujours.

En 2018, un consultant a trouvé des preuves de « dommages structurels majeurs » dans l'immeuble qui s'est effondré à Surfside, en Floride.

Photo : Associated Press / Wilfredo Lee

Radio-Canada

Trois ans avant l'effondrement mortel du complexe de condominiums Champlain Towers South, près de Miami, un consultant a trouvé des preuves de « dommages structurels majeurs » à la dalle de béton située sous la terrasse de la piscine et a observé des fissures et des effritements « abondants » sur les colonnes, les poutres et les murs du garage dans le stationnement situé sous le bâtiment de 12 étages.

Dévoilé tard vendredi par des responsables de la municipalité de Surfside, et d’abord rapporté par le New York Times, le rapport du consultant Frank Morabito, qui date de 2018, note que bien que certains de ces dommages soient mineurs, la plupart des détériorations du béton doivent être réparées dans un délai convenable.

M. Morabito n’affirme cependant pas que la structure du bâtiment menace de s’effondrer, mais il relève que les réparations nécessaires visent à maintenir l'intégrité structurelle du bâtiment et de ses 136 appartements.

Un plan de réparation de l’édifice, estimé à plusieurs millions de dollars, devait d’ailleurs être lancé prochainement.

L’expérience de M. Morabito avait été sollicitée pour permettre la recertification du bâtiment, une exigence en Floride pour les structures des zones côtières vieilles de 40 ans qui ont subi les assauts des ouragans, des tempêtes et de l’air salin. Le sel, corrosif, peut pénétrer dans le béton et faire rouiller les barres d'armature et les poutres en acier qui se trouvent à l’intérieur.

Cette exigence avait été mise en place après un précédent effondrement de bâtiment à Miami, en 1974.

L’immeuble de condominiums de Surfside qui s'est effondré cette semaine avait été construit en 1981.

Par ailleurs, par crainte d’une nouvelle catastrophe, le maire de Surfside conseille aux résidents de la Champlain Towers North, un édifice presque identique construit la même année à quelques centaines de mètres de l’immeuble effondré, d’évacuer leur logement.

J'ai recommandé que ce bâtiment soit évacué en attendant une enquête structurelle approfondie. […] Il a eu le même promoteur [que la Champlain Towers South], il a été construit avec les mêmes matériaux, les mêmes plans, et les gens me demandent si le bâtiment est sûr. Je ne peux pas leur dire qu'il est sûr, a déclaré Charles Burkett.

Un pompier arrose, du haut de sa grande échelle, les débris de l'immeuble partiellement effondré.

Les images d’une caméra de surveillance ont montré que le centre de l'immeuble semble être tombé en premier.

Photo : Associated Press / Gerald Herbert

Problème d’imperméabilisation

Dans son rapport, Frank Morabito avait souligné que l’étanchéité sous la terrasse de la piscine et l'allée d'entrée de la Champlain Towers South était défaillante, causant des dommages structurels majeurs à la dalle structurelle en béton sous ces zones.

Il ajoutait que le fait de ne pas corriger ce problème dans un avenir proche entraînerait une expansion exponentielle de l'étendue de la détérioration du béton. Le problème, selon lui, était que la structure empêchait l'eau de s'écouler, ce qu'il a qualifié d'erreur majeure de conception.

Il avertissait que les réparations seraient extrêmement coûteuses et causeraient d’importantes perturbations aux résidents.

Quant aux réparations qui avaient déjà été tentées dans le stationnement souterrain de l’immeuble pour colmater le béton avec de l'époxy, elles avaient entraîné davantage de fissures et d'écaillage. Dans un de ces endroits, écrivait-il, de nouvelles fissures rayonnaient à partir des fissures réparées à l'origine.

Le rapport a également identifié une multitude d'autres problèmes, entre autres que le béton de nombreux balcons se détériorait. Aussi, les résidents se plaignaient de l'eau qui s'infiltrait par leurs fenêtres et leurs portes de balcon.

Une longue enquête en vue

Des fleurs sont posées sous les photos.

Des photos de personnes disparues dans l'effondrement de l'immeuble ont été accrochées à une clôture près du site.

Photo : Associated Press / Gerald Herbert

L'enquête sur les causes de l’effondrement devrait commencer à la fin des opérations de secours, qui se poursuivent sans relâche depuis jeudi matin afin de retrouver des survivants. Quatre personnes ont perdu la vie dans l’accident, et 159 manquent toujours à l’appel. Quatre Canadiens pourraient avoir été touchés par l'effondrement, selon Affaires mondiales Canada.

Cette enquête risque cependant de prendre plusieurs semaines, pour permettre entre autres aux spécialistes des structures d'examiner les plans et la façon dont l'immeuble a été construit, de prélever des échantillons d'acier et de béton, et d'examiner les signes de corrosion.

Ceux-ci devraient également prendre en compte une étude environnementale dévoilée vendredi et qui a montré que le sol entourant l'immeuble a subi un affaissement entre 1993 et 1999.

En soi, l'affaissement des sols ne causerait pas l'effondrement d'un immeuble, a cependant précisé la Florida International University, responsable de l’étude.

Avec les informations de New York Times

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !