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Fermeture temporaire de l’urgence de l’Hôpital de Gatineau jusqu’au 28 juin

L’Hôpital de Gatineau.

La rupture de service est occasionnée par le manque de main-d'œuvre infirmière avec expertise, selon le CISSS (archives).

Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul

Radio-Canada

L’urgence de l’Hôpital de Gatineau est fermée temporairement depuis vendredi soir. L'interruption des services sera en vigueur jusqu’au 28 juin à 16 h.

 Au-delà de donner l’accès aux soins et services, on doit surtout offrir des soins qui sont sécuritaires et qui sont de qualité à la population. La situation dans laquelle on s’est retrouvé [vendredi] soir ne permettait pas d’y arriver, a précisé la directrice générale du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l’Outaouais, Josée Filion, samedi, en point de presse.

Le manque d’infirmières d’expertise rendait difficile l’évaluation des patients se présentant à la salle d’urgence, et ainsi a forcé la direction à se tourner vers une fermeture temporaire.

Plusieurs départs étaient déjà survenus dans les dernières semaines, a indiqué Mme Filion, mais vendredi soir, des absences imprévues se sont ajoutées.  Il nous manquait plus d’une vingtaine de présences pour passer à travers la fin de semaine, d’infirmières avec expertise, a-t-elle dit.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais assure qu’il  met tout en œuvre pour stabiliser la situation le plus rapidement possible.

Josée Filion en point de presse.

Josée Filion, directrice générale du CISSS de l'Outaouais (archives)

Photo : Radio-Canada

Limiter les impacts

La clientèle ambulatoire et les ambulances seront redirigées vers l’urgence de l’Hôpital de Hull.

D’ici la reprise des activités, le Centre intégré de santé et de services sociaux demande à la population du secteur de se rendre à l’urgence de l’Hôpital de Hull ou à l’urgence de l’Hôpital de Papineau (Buckingham), si nécessaire.

Le directeur adjoint à la direction des soins infirmiers du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais, Serge Gauvreau, a assuré qu’un travail de collaboration est en cour afin d’éviter de surcharger les autres établissements.

 Certaines infirmières, infirmières auxiliaires vont venir prêter main-forte à leurs collègues de l’Hôpital de Hull, a-t-il dit. Des médecins devant travailler à l’urgence de Gatineau ont aussi été transférés à celle de Hull.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux rappelle aussi que la ligne Info-Santé (811) est accessible en tout temps. D’autres options, comme les médecins de famille, les pharmaciens, les Centre local de services communautaires, le Centre de service ambulatoire de pédiatrie ainsi que la Clinique Médigo sont aussi disponibles.

Des primes réclamées

Le Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais (SPSO) reproche à Mme Filion d'avoir attendu d'être au pied du mur avant de réagir face aux problèmes de rétention de personnel.

La situation était prévisible étant donné l'épuisement de bien des membres forcés de faire des heures supplémentaires, a soutenu, en entrevue, le représentant des relations de travail en milieu urbain pour le Syndicat, Louis Carpentier. C’était prédestiné qu’on fonçait directement dans le mur, a-t-il dit.

Le Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais demande au Centre intégré de santé et de services sociaux de réinstaurer des primes estivales qui pourraient amoindrir, croit-on, l'imposition d'heures supplémentaires obligatoires.

Du temps supplémentaire obligatoire, ça démoralise les troupes. [...] Il y a des gens qui en pleurent. Ce n’est rien pour retenir les gens, a insisté M. Carpentier.

Le Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais réclame aussi une prime de dépannage, qui serait offerte au personnel qui change temporairement de département afin de prêter main-forte. À plus long terme, une prime frontalière sera nécessaire aux yeux du Syndicat afin d'éviter un exode vers l'Ontario.

Dans une publication Facebook, le Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais a affirmé que plus d'une douzaine de professionnelles en soins ont remis leur démission cette semaine, et que plusieurs l'ont fait pour travailler en Ontario.

Plus tôt ce mois-ci, le Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais (SPSO) avait reproché au Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais d’avoir rejeté un plan de fermeture partielle de l’urgence de l’Hôpital de Gatineau qui aurait donné du répit aux employés.

Le plan prévoyait une fermeture partielle de l’urgence entre 20 h et 8 h. Le Centre intégré de santé et de services sociaux disait alors vouloir garder accessible l’urgence en tout temps.

 Au moment où on m’a fait cette proposition, pour moi, il fallait continuer à travailler, à identifier des pistes de solution. On a mis plusieurs actions en place, toutefois, des absences de dernière minute ont amené justement des préoccupations en lien avec la qualité et la sécurité des soins qui pouvaient être donnés dans notre salle d’urgence, a fait valoir Mme Filion samedi.

Délestage en vue?

Afin de rouvrir l’urgence, Josée Filion a affirmé que le délestage de certaines activités n’est pas exclu.

Pour l’heure, le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais envisage différentes options considérant les secteurs comptant des employés d’expertise pouvant travailler à l’urgence.

Des discussions ont eu lieu avec le ministère de la Santé afin de prêter main-forte au Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais, selon Mme Filion.

Une situation préoccupante, selon Action santé Outaouais

Dans une lettre envoyée au ministre de la Santé, Christian Dubé, et au ministre responsable de la région de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, Action santé Outaouais se dit préoccupé par la rupture de service, rappelant du même coup l’interruption de service aux soins intensifs de l’Hôpital de Gatineau en septembre 2020.

 Ce n’est pas acceptable. […] On est en train de tomber dans des habitudes. Il manque de personnel, par conséquent, on ferme les services, a déploré le président de l'organisation, Denis Marcheterre, en entrevue avec Radio-Canada.

Selon lui, la présence de deux services d’urgence à Gatineau, aux hôpitaux de Gatineau et de Hull, est essentielle.

 La fermeture d’un des deux services d’urgence, même temporaire, ne peut que contribuer à engorger plus encore l’autre urgence, a-t-il écrit aux ministres.  Nous sommes particulièrement préoccupés par le fait que la suspension temporaire de services essentiels au sein des hôpitaux devienne au fil du temps une nouvelle norme de gestion.

Denis Marcheterre, président d'Action Santé Outaouais.

Denis Marcheterre, président d'Action Santé Outaouais (archives)

Photo : Radio-Canada / Simon Lasalle

M. Marcheterre demande au gouvernement d’élaborer un plan sur le long terme pour venir à bout des problèmes de main-d’œuvre dans le réseau.

De son côté, Mathieu Lacombe assure suivre la situation de près avec son homologue Christian Dubé.

 On s’est assuré auprès du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais que tout est mis en place pour être certain que cette situation n’affecte pas les soins à la population ! C’est ça, la priorité, pour les prochaines heures, peut-on lire dans une déclaration écrite.

Le cabinet du ministre Dubé mentionne pour sa part que  toutes les options ont été analysées avant d’en venir à cette conclusion. [....] Le mot d’ordre est clair : l’urgence doit rouvrir le plus rapidement possible, et les équipes y travaillent sans relâche. Entre-temps, aucun patient ne sera laissé pour compte.

Avec les informations de Rosalie Sinclair, Rémi Authier et La Presse canadienne

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