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Québec songe à augmenter considérablement la limite de nickel permise dans l'air

Le port de Québec.

La quantité de nickel présent dans l'air du port de Québec serait supérieure à la norme actuelle.

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

Le gouvernement Legault a l'intention de déposer dans les prochains mois un règlement pour augmenter considérablement la quantité de nickel permise dans l'air, ce qui suscite la grogne d'élus et d'environnementalistes.

La norme est actuellement de 14 nanogrammes de nickel par mètre cube (ng/m3) d'air. Le gouvernement souhaite la hausser à 70 ng/m3. Il souhaite également ajouter une limite annuelle de 20 ng/m3.

Ces changements sont recommandés par un groupe de travail qui réunit des représentants du ministère de l’Économie et de l’Innovation, de celui de l’Énergie et des Ressources naturelles, de celui de la Santé et des Services sociaux ainsi que de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

Celui-ci conclut qu'il est avantageux de réviser la norme sur le nickel afin d'obtenir une solution optimale sur les plans de la protection de la santé publique, de l'environnement et du développement économique. Les modifications qu'il propose tiennent compte à la fois des connaissances scientifiques recensées en rapport avec la présence du nickel dans l'air et des enjeux économiques.

La présence de nickel dans l'air a été particulièrement médiatisée dans le secteur de Limoilou au cours des dernières années en raison notamment de ses conséquences sur la santé des citoyens.

C’est vraiment inquiétant, estime le député solidaire Sol Zanetti, qui ne mâche pas ses mots au sujet de l’intention du gouvernement.

Cette situation est le résultat de nombreuses activités de lobbying de l’entreprise minière Glencore, présente en divers endroits de la province, comme le port de Québec. Au total, pas moins de 23 représentants de Glencore sont inscrits au registre des lobbyistes du Québec.

On a une situation où il y a du lobbying de Glencore, une minière qui fait du transbordement de vrac dans le port, qui rencontre le ministre de l’Environnement et qui le convainc que s’il dépasse les normes, c’est que la norme est trop sévère. On a un ministre là-dedans beaucoup plus préoccupé par l’intérêt des multinationales que la santé de la population.

Une citation de :Sol Zanetti, député de Jean-Lesage

Je crains énormément que le ministre essaye de nous passer ça en douce pendant le mois de juillet [...] pendant que le monde est en vacances et que la mobilisation citoyenne ne peut pas se faire, estime M. Zanetti.

30 jours pour intervenir

Le gouvernement n'a pas fourni d'explications concrètes pour motiver ces changements, mais assure qu'il va collaborer avec les entreprises dans l'instauration de mesures pour diminuer la quantité de nickel dans l'air.

Lorsque le règlement sera présenté dans la Gazette officielle du gouvernement, les citoyens auront 30 jours pour déposer des mémoires.

J’ai fait des demandes d’accès à l’information à l’Institut national de Santé publique du Québec, note M. Zanetti. On a refusé de me donner de l’information là-dessus. On m’a recommandé au ministère de l’Environnement et au ministère de l’Économie. À ce jour, il n'a pas encore reçu d’informations supplémentaires, dit-il.

Depuis quand le nickel, c’est bon pour la santé? Ça ne prend pas un postdoctorat en santé publique pour savoir que hausser les taux et la quantité de nickel dans l’air, c’est pas bon. Il y a quelque chose là-dedans qui ne fait pas de bon sens, estime le député solidaire.

Le projet de règlement sera déposé dans les prochains mois, d'après le gouvernement.

Avec la collaboration de David Rémillard

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