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Annulation de la fête nationale : le mouvement prend de l’ampleur au N.-B.

Des citoyens avec un grand drapeau du Canada regardent  un défilé de voitures.

Un défilé du 1er juillet, jour de la fête du Canada.

Photo : Radio-Canada / Rob Kruk

Radio-Canada

Les villes de Moncton, d’Edmundston, de Miramichi, de Dalhousie et de Tracadie, ainsi que les villages de Balmoral et de Charlo ont emboîté le pas, vendredi, à la dizaine de municipalités au Nouveau-Brunswick qui ont décidé de ne pas célébrer la fête du Canada.

Cette décision est prise en solidarité avec les Premières Nations dans la foulée de la découverte de 751 tombes anonymes près d'un ancien pensionnat pour Autochtones à Marieval, en Saskatchewan, et de 215 autres près d'un autre pensionnat pour Autochtones à Kamloops, en Colombie-Britannique.

Au Nouveau-Brunswick, le Cap-Pelé a été l'une des premières municipalités à annoncer qu'elle ne célébrerait pas la fête du Canada cette année.

De nombreuses autres municipalités canadiennes ont pris la même décision.

Éric Marquis portant un masque.

Éric Marquis, maire d'Edmundston.

Photo :  CBC / Gary Moore

Le maire d’Edmundston, Éric Marquis, raconte que la décision s’est imposée d’elle-même au sein du conseil municipal.

C'était très clair [...] que les festivités du 1er juillet devaient être mises sur pause. Naturellement, c'est en collaboration aussi avec la Première Nation malécite du Madawaska, explique-t-il.

Guy Chiasson.

Le maire du village de Balmoral, Guy Chiasson, est heureux d'appuyer cette cause.

Photo : Radio-Canada

Du côté de Balmoral – qui a également décidé d’annuler les célébrations du 1er juillet – le maire Guy Chiasson a déclaré qu’il était important pour sa communauté d’appuyer le mouvement et qu’il avait été désolé d'apprendre ce qui se passe présentement [en Saskatchewan].

Tracadie a aussi annulé ses célébrations du 1er juillet. Dans un communiqué, la municipalité assure que la découverte des sépultures anonymes est une situation pénible et d'une immense tristesse. Tracadie invite les résidents à y réfléchir.

 Bernard Thériault.

Le maire de Caraquet, Bernard Thériault, voit dans cette journée une occasion de sensibiliser les gens aux réalités des communautés autochtones.

Photo : Radio-Canada

Plutôt que d’annuler complètement les festivités à Caraquet, le maire Bernard Thériault croit que la solution est de transformer la fête du Canada en un événement qui inclurait davantage les Premières Nations.

Soyons certains qu’on précise par exemple les événements, les conséquences que ça a eues, les choix qu'on a faits qui ne sont pas bons et qu'on informe la population de tout ça

Une citation de :Bernard Thériault, maire de Caraquet

Moi, je suis de ceux qui disent que les absents ont toujours tort. Donc tout simplement de repousser du revers de la main la fête du Canada je dis non. Profitons-en pour en faire un moyen justement de sensibilisation à la communauté autochtone, plaide M. Thériault.

Un geste symbolique selon une experte

Lise Frigault est une avocate ayant travaillé avec plusieurs survivants des pensionnats pour les Autochtones. Pour elle, l’annulation des festivités du Canada est avant tout un geste symbolique.

Moi, je trouve que c’est un beau geste d’encourager les gens ou les Canadiens à avoir des réflexions sur ce qui s’est passé, pas juste au niveau des pensionnats [pour les] Autochtones, mais en général sur ce qui s’est passé dans l’histoire canadienne au niveau de la colonisation, avance Mme Frigault. Elle doute cependant du réel impact de ces décisions.

Lise Frigault.

Lise Frigault prône plutôt l'éducation et la sensibilisation à long terme.

Photo : Radio-Canada

Pour l’avocate, la solution réside davantage dans la sensibilisation de la population à plus grande échelle. Selon moi, la priorité, c’est de changer le curriculum [dans les écoles]. C’est une des recommandations recommandées par la Commission de vérité et réconciliation. Ça passe par l’éducation des jeunes, dit-elle.

Certaines municipalités comptent poser d'autres gestes symboliques comme la levée d'un drapeau d'une communauté autochtone avoisinante.

D'autres villes et villages du Nouveau-Brunswick n'ont toujours pas annoncé s'ils allaient annuler ou pas leurs célébrations de la fête nationale.

Avec les informations d’Isabelle Arseneau et de Margaud Castadère

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