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Université de Sudbury : « J'ai bon espoir que la communauté ne lâchera pas prise »

Un homme devant un classeur et un drapeau.

Denis Constantineau, porte-parole de la Coalition nord-ontarienne pour une université francophone, croit que la communauté continuera d'appuyer le projet jusqu'à sa concrétisation.

Photo : Radio-Canada

Les organisateurs du colloque Franco-Parole III dressent un bilan positif de l’événement et estiment qu'il a frayé la voie à la création d'une université de langue française dans le Moyen-Nord de l'Ontario.

Les trois jours de discussions, organisés par l’Université libre du Nouvel-Ontario (ULNO), étaient axés sur l'éducation postsecondaire en milieu francophone minoritaire.

Depuis mars dernier, dans la foulée de la crise financière que traverse l'Université Laurentienne, qui a récemment coupé près de la moitié de ses programmes en français, l'Université de Sudbury pilote le projet de création d'une université francophone autonome.

Franco-Parole II avait eu lieu en 1991. Le colloque a mené notamment à la création du Collège Boréal, qui célèbre cette année son 25e anniversaire.

La façade de l'Université de Sudbury.

L'Université de Sudbury faisait partie de la fédération de l'Université Laurentienne depuis les années 1960.

Photo : Radio-Canada / Yvon Thériault

Franco-Parole III a réuni de façon virtuelle plus de 200 étudiants, professeurs et membres de la communauté francophone de Sudbury et d’un peu partout au Canada.

Ce nombre de participants dépasse entièrement les attentes, confie Lianne Pelletier, chargée de cours à l’Université de Sudbury et membre du comité organisateur.

Je crois que ça a été une belle expérience, les gens en ont profité en grand nombre, affirme pour sa part Denis Constantineau, porte-parole de la Coalition nord-ontarienne pour une université francophone, au sujet du colloque.

« Ça nous aide à placer tout ça dans un contexte pour savoir pourquoi on a besoin d'une université de langue française pour le Moyen-Nord. »

— Une citation de  Denis Constantineau, porte-parole de la Coalition nord-ontarienne

Il espère que les discussions des trois derniers jours trouveront écho auprès de la population francophone.

M. Constantineau se réjouit aussi de voir l’appui au projet en provenance de l’extérieur de l’Ontario.

On est certainement en train d’atteindre le but du colloque, qui était de revenir sur la question universitaire en milieu minoritaire, affirme Mme Pelletier, qui occupe le rôle de vice-rectrice à l’engagement social et à la folie collective de l’ULNO.

« Les chercheurs ne font pas qu'étudier l'objet francophone, ils le vivent et ils le font vivre. Les participants du colloque s'engagent à faire partie d'un projet universitaire francophone autonome à Sudbury. »

— Une citation de  Lianne Pelletier, chargée de cours à l’Université de Sudbury

Franco-Parole III avait aussi un volet culturel, avec la présentation de spectacles.

Simon Laflamme, professeur à l’Université Laurentienne et recteur de l’Université libre du Nouvel-Ontario, retient pour sa part les témoignages touchants de collègues qui ont perdu leur emploi et d’étudiants qui ont été malmenés par les décisions de la Laurentienne.

« Je retiens aussi des analyses et des critiques. Je retiens surtout la nécessité pour la francophonie ontarienne de se doter d’une université complète, avec tous les programmes. »

— Une citation de  Simon Laflamme, professeur à l’Université Laurentienne et recteur de l’Université libre du Nouvel-Ontario
Simon Laflamme

Simon Laflamme, sociologue à l'Université Laurentienne

Photo : Radio-Canada

Lianne Pelletier note que la crise à la Laurentienne a forcé la collectivité à lancer cette discussion.

On est probablement plus près de l’avoir que jamais [une université francophone dans le Moyen-Nord]. Tout le monde s’attend à ce que, cette fois-ci, ce soit la bonne, estime-t-elle.

On devient des citoyens à part entière quand nous avons l’option de gérer nos propres institutions, ajoute Mme Pelletier.

Les organisateurs ont d'ailleurs aussi mis l’accent sur la nécessité d’établir des liens avec les autres établissements de langue française dans la province, soit l’Université de Hearst et l’Université de l’Ontario français à Toronto.

J’aimerais bien voir l’Université libre du Nouvel-Ontario continuer ses activités, affirme Lianne Pelletier. Je crois qu’une fausse université a sa place à côté d’une vraie université.

Optimisme et urgence d’agir

Si Denis Constantineau a bon espoir de voir la communauté maintenir ses revendications, il fonde cependant de moins en moins d’espoir sur le gouvernement provincial actuel.

Il doute de plus en plus de la possibilité d'accueillir des étudiants en septembre à l’Université de Sudbury.

On perd des étudiants et des professeurs, déplore-t-il.

Tout est toujours à recommencer, fait remarquer pour sa part Lianne Pelletier. Ça bouge quand il y a une crise.

« On a l’impression de faire des progrès, puis un nouvel administrateur ou un politicien nous oblige à nous mobiliser de nouveau. »

— Une citation de  Lianne Pelletier, chargée de cours à l’Université de Sudbury

La ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney, dit avoir bien accueilli l’offre d’aide de la part du fédéral pour financer l’éducation postsecondaire en français dans le Nord de l’Ontario.

On est en train d’étudier comment collaborer avec le gouvernement fédéral pour investir ces fonds, a-t-elle déclaré à l'émission Jonction 11-17.

Je suis d’accord avec la ministre lorsqu’il est question d’augmenter le financement, a réagi Carol Jolin, président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario.

L’Ontario reçoit à peu près 20 % du financement et on représente 53 % des francophones hors Québec, explique-t-il.

Un homme en entrevue.

Carol Jolin, président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario

Photo : Radio-Canada

Mme Mulroney a répété en entrevue que le gouvernement attend la fin du processus de restructuration de la Laurentienne, placée sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC).

Il faut sortir le projet du processus de la LACC, croit pour sa part Denis Constantineau.

« Le temps est venu pour la création de cette université, peu importe les déboires de Laurentian University, ça ne devrait pas être un motif pour nier à la communauté son éducation postsecondaire en français. »

— Une citation de  Denis Constantineau, porte-parole de la Coalition nord-ontarienne

M. Jolin admet pour sa part que le processus judiciaire est complexe, mais rappelle que la situation des étudiants francophones du Moyen-Nord est critique.

Il va falloir éventuellement que quelqu’un s’élève au-dessus de la mêlée pour faire ce qui a besoin d’être fait pour les étudiantes et les étudiants et la communauté franco-ontarienne du Nord.

L’enseignement universitaire en Ontario français, ça existe et c’est important, conclut le recteur de l’ULNO, Simon Laflamme.

Ce n’est pas marginal. C’est quelque chose d’incorrectement géré, mais c’est quand même quelque chose de massif.

Avec les informations de Bienvenu Senga et d'Éric Robitaille

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