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La lutte contre les plantes envahissantes se poursuit au Bas-Saint-Laurent

La berce laineuse.

La berce laineuse est dangereuse seulement si elle est brisée.

Photo : Radio-Canada / Simon Turcotte

Malgré les efforts des organismes de bassins versants pour éradiquer les plantes envahissantes, certaines d'entre elles menacent toujours les écosystèmes bas-laurentiens.

Depuis 2016, le myriophylle à épis se répand dans le lac du Gros Ruisseau, entre Mont-Joli et Saint-Joseph-de-Lepage. Cette algue exotique envahissante menace plusieurs plans d’eau au Québec. Elle est observée dans plus de 200 lacs de la province.

Selon le président de l’Association des résidents et des résidentes du lac du Gros Ruisseau, Gilles Gaudreault, depuis 2016, c'est l'enfer. L'année passée, une journée [...] on a ramassé quatre remorques.

La myriophylle à épis dans une boîte de camion.

Le myriophylle à épis qui infeste le lac du Gros Ruisseau.

Photo : Radio-Canada / Simon Turcotte

Le myriophylle à épis est doté de racines peu profondes, mais ses tiges peuvent atteindre six mètres de hauteur. Ses fleurs, qui renferment des milliers de graines, et ses branches, qui peuvent se reproduire seules, rendent sa propagation extrêmement facile et rapide. Les embarcations qui naviguent sur les plans d'eau sont d’ailleurs un de ses vecteurs de prolifération.

Des activités aquatiques telles que la baignade, la pêche ou encore la navigation de plaisance peuvent être compromises par cette plante envahissante. La facilité qu'elle a à se reproduire peut même avoir une incidence sur la valeur immobilière des propriétés riveraines.

La biologiste de l’Organisme de bassins versants du nord-est du Bas-Saint-Laurent, Marie-Camille St-Amour, explique que la plante se propage majoritairement par les bateaux qui changent de plan d'eau et qui ne se font pas laver. Un petit fragment peut s'enraciner dans un nouveau lac, donc c'est pour ça que l’on conseille au monde de laver leur embarcation à leur arrivée et à leur sortie d'un lac.

C'est presque impossible de l'éradiquer, donc on est plus en mode contrôle et vivre avec.

Une citation de :Marie-Camille St-Amour, biologiste de l’Organisme de bassins versants du nord-est du Bas-Saint-Laurent
Marie-Camille St-Amour, biologiste de l’Organisme de bassins versants du nord-est du Bas-Saint-Laurent.

Marie-Camille St-Amour, biologiste de l’Organisme de bassins versants du nord-est du Bas-Saint-Laurent

Photo : Radio-Canada / Simon Turcotte

Chaque été, l’Association des résidents et des résidentes du lac du Gros Ruisseau ramasse les fragments des plantes sur la rive pour essayer de limiter son effet sur les propriétés riveraines.

Deux hommes nettoient le lac du Gros Ruisseau.

L’Association des résidents et des résidentes du lac du Gros Ruisseau qui nettoie le lac.

Photo : Radio-Canada / Simon Turcotte

Les municipalités de Mont-Joli et de Saint-Joseph-de-Lepage demandaient d'ailleurs l’an dernier d'éviter de circuler en bateau sur le lac pour limiter la propagation du myriophylle à épis.

Selon Gilles Gaudreault, le plan d’eau est déjà envahi à 85 % cette année.

D’autres plantes envahissantes à surveiller

Outre le myriophylle à épis, l’Organisme de bassins versants du nord-est du Bas-Saint-Laurent continue cet été sa lutte contre la berce du Caucase, la berce laineuse et la berce spondyle.

La berce du Caucase est une plante exotique envahissante. Une graine peut survivre dans la terre pendant environ sept ans. Elle est considérée comme dangereuse en raison des lésions causées par sa sève. Celle-ci brise la protection naturelle contre les rayons UV sur notre peau. L’exposition au soleil peut ainsi créer des brûlures importantes.

Au total, il existe une quinzaine de colonies connues au Bas-Saint-Laurent de berce du Caucase.

Pour les éradiquer, la biologiste Marie-Camille St-Amour a déjà fait un premier traitement ce printemps.

Pour éliminer les plants, elle les déracine à la pelle. Un retour dans trois semaines est prévu pour arracher les racines qu’elle aurait pu oublier. Pendant tout l’été, elle inspectera également les plants qui lui seront signalés et déterminera s’il s’agit d’un nouveau secteur.

La berce laineuse, elle, est indigène au Québec, donc l’Organisme de bassins versants du nord-est du Bas-Saint-Laurent ne s’en occupe pas. Elle demeure néanmoins dangereuse puisqu’elle peut provoquer des brûlures. Elle peut aussi être confondue avec la berce du Caucase.

La journaliste Shanelle Guérin qui touche la berce laineuse.

Il est possible de toucher la fleur sans conséquence. Si elle est brisée, c'est à ce moment que la sève se répand sur la peau et peut causer des brûlures.

Photo : Radio-Canada / Simon Turcotte

La berce de spondyle, pour sa part, étouffe les plantes locales. Elle se répand de plus en plus dans la Matapédia depuis une dizaine d’années.

Pour différencier les trois plantes envahissantes, Marie-Camille St-Amour propose de regarder les feuilles. La laineuse, en dessous de la feuille, elle est poilue, il y a un petit duvet. La Caucase est très cireuse. Vraiment pas du tout de poils. Elle devient vraiment très grande, elle est gigantesque. Généralement, c'est facile juste par sa grosseur de les différencier. La spondyle est de la même grandeur que la laineuse, mais elle a cinq ou sept folioles, même des fois neuf folioles, donc on peut s'imaginer plus de petites feuilles sur une même tige, et elle, est poilue partout, partout.

Les citoyens sont invités à signaler les plants de berce du Caucase avec l’application Sentinelle du ministère de l’Environnement.

Ils peuvent aussi contacter l'Organisme de bassins versants du nord-est du Bas-Saint-Laurent en prenant des photos de la plante, des feuilles, des tiges et des fleurs, et en communiquant son emplacement précis.

Avec la collaboration de Sophie Martin

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