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Une microbrasserie albertaine recyclera son CO2

Blindman Brewing espère inspirer d'autres microbrasseries à adopter ce système.

Des cannettes de bière alignées dans une machine qui met la bière en cannette.

La brasserie Blindman produit 2 millions de cannettes de bière par an, ce qui a un impact sur l'environnement.

Photo : Radio-Canada / Emilio Avalos

Blindman Brewing, une brasserie artisanale située dans le centre de l’Alberta, croit être la première microbrasserie canadienne à mettre en place un système pour capturer ses émissions de dioxyde de carbone et les réutiliser dans sa production de bière.

À voir le fonctionnement de la brasserie, c’est à se demander pourquoi personne n’y avait pensé plus tôt.

Le long de chaque cuve où est brassee la bière de Blindman Brewing, un long tuyau fait des bulles dans un seau d’eau. C’est du dioxyde de carbone qui s’échappe naturellement du processus de fermentation de la bière.

La microbrasserie estime qu'elle relâche comme cela jusqu’à 100 tonnes de CO2 par an dans l’atmosphère, soit l’équivalent de la consommation d’énergie de 12 maisons.

Un tuyau fait des bulles dans un seau d'eau.

La levure dans le processus de fermentation de la bière produit du dioxyde de carbone.

Photo : Radio-Canada / Emilio Avalos

L’ironie, c’est qu’à quelques mètres de ces cuves de gros réservoirs métalliques injectent du dioxyde de carbone dans la bière fermentée. L’entreprise doit acheter pour environ 60 000 $ de CO2 par an pour gazéifier sa boisson.

Pourquoi ne pas fermer le circuit et utiliser le gaz émis lors de la fermentation pour mettre la bière en canette? C’est toute la simplicité du système que la microbrasserie Blindman Brewing souhaite mettre en place.

Nous croyons pouvoir être autosuffisants en CO2, explique l'un des cofondateurs, Kirk Zembal.

Une idée simple, mais coûteuse

C'est plus compliqué que cela en a l'air , ajoute-t-il cependant.

Lorsqu’il a commencé à magasiner une telle technologie, il y a cinq ans, M. Zembal est allé voir ce que les grosses brasseries comme Labatt utilisaient. Les devis de plusieurs millions de dollars lui ont coupé le souffle, et la superficie du système correspondait presque à la taille du hangar qui abrite la microbrasserie.

Kirk Zembal au milieu des immenses cuves de bière.

Le cofondateur de la brasserie, Kirk Zembal, travaille sur la mise en place d'un système de capture du CO2 depuis cinq ans.

Photo : Radio-Canada / Emilio Avalos

Blindman Brewing a finalement trouvé un système produit à l’échelle des microbrasseries, conçu par l’entreprise texane Earthly Labs.

L’assemblage de tuyaux et d’armoires métalliques capture le CO2 des cuves de fermentations, nettoie les impuretés et le met en réservoir pour l'utiliser dans la gazéification de la bière et le nettoyage des cuves.

La facture : 200 000 $.

Ça coûte cher. Pour nous, 200 000 $, ce n’est pas le même budget que pour Budweiser , souligne le responsable des ventes de la brasserie à Edmonton, Nathan Kohlert.

Nathan Kohlert vérifie un tonneau contenant de la bière.

Selon Nathan Kohlert, une des valeurs de la brasserie est son souci des questions communautaires comme l'environnement.

Photo : Radio-Canada / Emilio Avalos

Après de nombreuses démarches administratives, l’entreprise a obtenu une bourse de l’agence provinciale Emissions Reduction Alberta, qui couvrira la moitié des frais. Le matériel arrivera à la fin de l’été.

N’ayant plus à acheter des réserves de dioxyde de carbone, la microbrasserie pense rentrer dans ses frais d'ici deux à trois ans.

Reconnaître son impact sur l’environnement

Au-delà des économies, Earthly Labs se veut pionnière en matière environnementale. Entre sa consommation d’eau et d’électricité, et le transport, le brassage de la bière est une activité peu écologique, note Nathan Kohlert. 

On reconnaît notre impact, on veut réduire ce qu’on peut et prêcher par l’exemple.

Une citation de :Nathan Kohlert, Blindman Brewing

Une réduction de 100 tonnes d’émissions par an est une goutte d’eau dans l’océan de défis environnementaux, reconnaît toutefois Kirk Zembal. C’est pourquoi il a établi un partenariat avec le Collège Olds pour évaluer indépendamment les bénéfices de la technologie.

On pourra envoyer ces données aux autres brasseries. Ce ne sera pas juste ma parole, mais : ''Voici les données pour le prouver'', explique Kirk Zembal. 

Il y a 1100 microbrasseries au Canada, 7000 à 8000, aux États-Unis, et des dizaines de milliers d’autres, dans le monde. Si nous pouvons tous adopter ce genre d’équipement, nous aurons un gros impact.

Une citation de :Kirk Zembal, Blindman Brewing

La brasserie espère recevoir les premiers résultats de son expérience d’ici le début de 2022.

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