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Marieval : ce qu'a révélé la Commission de vérité et réconciliation du Canada

Les enfants autochtones, séparés de force de leurs parents, se faisaient assigner des numéros.

Gros plan sur un toutou en peluche, posé sur un mémorial à Kitigan Zibi. (archives)

Les enfants emmenés dans les pensionnats étaient souvent dépouillés de leurs vêtements traditionnels dès leur arrivée. (archives)

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

Radio-Canada

Les détails entourant la vie d’enfants autochtones contraints de fréquenter le pensionnat pour Autochtones de Marieval figurent dans le rapport de la Commission de vérité et réconciliation du Canada (CVR).

L’ancien pensionnat pour Autochtones a été en activité de 1899 à 1997.

Les cours étaient offerts en français et en anglais. Même dans les années 1970, les élèves qui parlaient couramment la langue crie tentaient d'enseigner et de transmettre cette langue à leurs camarades, indique le rapport.

Dépouillement de l'identité culturelle

Les enfants emmenés dans les pensionnats étaient souvent dépouillés de leurs vêtements traditionnels dès leur arrivée. Les cheveux longs étaient généralement coupés.

Les enfants étaient forcés de fréquenter le pensionnat et d'y vivre, que la CVR décrit comme un système de grande envergure par lequel le gouvernement fédéral cherchait à réglementer la vie des Autochtones.

C’est ainsi que les enfants et les parents étaient séparés, afin d'empêcher la formation de liens familiaux et le maintien d'une identité culturelle commune.

Les parents pouvaient rarement voir leurs enfants, à l'exception du dimanche. À ce moment-là, les parents pouvaient rendre visite à leurs enfants et les ramener à la maison pour un repas, selon la CVR.

En 1933, le nouveau directeur de Marieval a mis fin à cette pratique. Les enfants ne seraient autorisés à rendre visite à leurs parents que dans des circonstances particulières.

La plus jeune survivante à avoir fourni une déclaration sur Marieval a fréquenté l’ancien pensionnat de 1993 à 1997.

Cette dernière, Amber K.K. Pelletier, a mentionné que l'administration et les enseignants coupaient encore les cheveux des élèves à leur arrivée et leur attribuaient des numéros.

Lorsqu'un membre du personnel était contrarié, il appelait les enfants par leur numéro plutôt que par leur nom, dit-elle.

Classes bondées

Marieval a également commencé à accepter ce que les documents appellent des externes, qui pouvaient rentrer chez eux à la fin de la journée.

Lors de l’année scolaire 1962-1963, les documents officiels recueillis par la CVR indiquent que 148 résidents et 89 externes se retrouvaient sur le site. Il faut noter que les données concernant le nombre d'externes à Marieval sont souvent manquantes.

En 1993-1994, 243 élèves fréquentaient l'école, bien que ce chiffre puisse également inclure des externes.

Discipline rigide et sécurité déficiente

Un rapport d'inspecteur datant de 1932 suggère que l'enseignement consistait simplement en mémorisation et en répétition sans signification pour les enfants.

En 1956, les choses semblaient avoir changé. Un deuxième inspecteur provincial a affirmé que les élèves d'une classe de Marieval avaient l'esprit alerte et avaient de l'intérêt pour le programme d'apprentissage.

Pendant tout ce temps, la discipline était rigide. Le conflit et l'affrontement n'étaient jamais loin, selon le rapport de la CVR. La direction attendait du personnel qu'il domine physiquement les élèves, ajoute-t-on.

Selon le rapport d'un inspecteur de Santé et Bien-être social Canada de 1973, les repas servis à l'école étaient adéquats sur le plan nutritionnel. Cependant, la sécurité a été jugée déficiente à plusieurs reprises au cours de l'histoire de Marieval.

En 1952, une inspection a révélé que les portes d'évacuation des dortoirs des filles et des garçons étaient verrouillées. Même si la porte du dortoir des garçons avait été déverrouillée, il a été déterminé qu'il aurait été impossible de l'ouvrir, car une partie du loquet était cassée ou manquante.

Les documents complets de la Commission de vérité et réconciliation du Canada peuvent être consultés en ligne.

Selon les documents, 566 enfants sont morts pendant leur séjour dans les anciens pensionnats pour Autochtones de la Saskatchewan. Ils ont également précisé que ces cas confirmés ne constituent qu'un bilan partiel. Le nombre réel de décès est probablement beaucoup plus élevé.

Ligne bilingue d'appui pour les survivants des pensionnats pour Autochtones : 1 866 925-4419

Avec les informations d’Alexander Quon

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