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François Asselin coupable de tous les chefs d’accusation

François Asselin dans une voiture de police.

François Asselin à son arrivée au palais de justice de Sherbrooke.

Photo : Radio-Canada

Pascale Langlois

François Asselin a été reconnu coupable des meurtres au deuxième degré de son père, Gilles Giasson, et de son collègue François Lefebvre, en plus d’outrage à leur cadavre. L’accusé écope d’une peine de prison à vie. Les jurés ont délibéré pendant trois jours pour parvenir à cette décision.

Le jury devait déterminer si l’accusé était non criminellement responsable des meurtres pour cause de troubles mentaux au moment où il les avait commis. Asselin avait avoué ses crimes pendant son interrogatoire avec la police. C’est à la défense qu’incombait le fardeau de démontrer qu’Asselin était non criminellement responsable des meurtres pour cause de troubles mentaux.

La défense a d’ailleurs demandé à ce que chaque juré se lève et confirme la décision devant la salle pleine. C’est pas le genre de truc qu’on voit tout le temps. D’imposer à chacun des jurés, publiquement, de se lever pour confirmer les verdicts, c’est prévu, mais je n’ai jamais vu ça, affirme l’avocat de la Couronne, Me Benoît Larouche.

Les parties devront retourner devant la juge Manon Lavoie pour déterminer le moment où l’accusé pourra demander une libération conditionnelle. Le jury n’a pas souhaité faire de recommandation sur ce volet.

Réactions vives

Les soeurs de Gilles Giasson étaient regroupées dans la salle d’audience. Leur réaction de soulagement n'a pas tardé à se faire entendre. Je sais que ça fait de la peine à sa mère. Mais ce n’est pas la faute de sa mère. C’est lui qui a pris la décision, affirme Lucille Giasson, une des soeurs de la victime.

Femme devant un micro

Lucille Giasson était accompagnée de ses deux soeurs pour la prononciation du verdict pour le meurtre de son frère, Gilles Giasson.

Photo : Radio-Canada

La fille de François Lefebvre a suivi les procédures dès le premier jour. Je ne sais même pas quelle émotion j’ai. Au moins, ce soir, je vais dormir, a affirmé Joany Lefebvre. Ça a été très dur. Trois ans d’enfer pour nous, a ajouté son frère, Nicolas Lefebvre.

Une jeune femme blonde

Joany Lefebvre a pris six semaines de congé pour suivre tout le procès pour le meurtre de son père, François Lefebvre.

Photo : Radio-Canada

Le procès a été long et complexe pour les avocats également. Ça fait deux mois qu’on travaille là-dessus à temps plein, plus les requêtes hors jury. C’est deux meurtres, deux transactions différentes, dans un court laps de temps. Il y a beaucoup de pression, explique Me Larouche, dont le soulagement était visible dès le premier verdict de culpabilité.

L’avocate de la défense, Me Véronique Robert, s’était dite satisfaite du processus lundi lorsque les jurés ont entrepris leurs délibérations. Évidemment, on est déçus. C’est une décision qui nous surprend un peu, dans le sens où vraiment que notre client était malade. J’ai peine à croire, même, que je pourrais avoir un client qui souffrait plus que ça au moment des événements, affirme-t-elle. L’avocate peinait à cacher ses émotions à la sortie de la salle.

La santé mentale d’Asselin sous la loupe

Pendant les procédures, la psychiatre Marie-Frédérique Allard avait souligné l’importance de l’aspect héréditaire pour les maladies psychotiques. Deux oncles de l’accusé ont reçu un tel diagnostic.

En revanche, les experts appelés à témoigner pour la Couronne ont déterminé que les symptômes de François Asselin disparaissaient lorsque les effets des drogues et de l’alcool s’estompaient.

François Asselin a raconté avoir consommé des bières, du whisky, du cannabis ainsi que des cachets de speed et d'ecstasy le matin du meurtre de son père.

François Asselin a tué son père, Gilles Giasson, le 8 mai 2018. Il l'a démembré avant de le jeter aux ordures. Ses restes avaient été retrouvés au site d'enfouissement de Saint-Étienne-des-Grès.

Une dizaine de jours plus tard, il a tué son collègue de travail François Lefebvre dans un motel de Sherbrooke. Il avait placé le corps dans une boîte qu'il avait laissée sur le quai de chargement de l'entreprise Ovation, où il travaillait, à Sherbrooke.

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