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Un prêtre ontarien critiqué pour ses propos sur les pensionnats pour Autochtones

Le prêtre Owen Keenan pendant la messe.

Le prêtre Owen Keenan de la paroisse du Rédempteur miséricordieux, à Mississauga, lors de son sermon du dimanche 20 juin.

Photo : YouTube/Merciful Redeemer Parish

Radio-Canada

Un prêtre de Mississauga, en banlieue de Toronto, est sous le feu des critiques après avoir donné un sermon faisant référence au « bien fait » par l'église catholique dans les pensionnats pour Autochtones.

Lors de son sermon à la paroisse du Rédempteur miséricordieux (Merciful Redeemer Parish) dimanche dernier, le prêtre Owen Keenan a fait référence au pensionnat de Kamloops, en Colombie-Britannique, où ce qui semble être les restes de 215 enfants a été retrouvé en mai.

Les deux tiers du pays blâment l'église, que nous aimons, pour les tragédies qui s'y sont produites, peut-on entendre dire une vidéo publiée sur la page YouTube de l'église, mais supprimée depuis. Des extraits de son sermon continuent toutefois de circuler sur les réseaux sociaux.

Je suppose que d'autres remercieraient tout autant l'Église pour le bien fait dans ces écoles, mais bien sûr, cette question n'a jamais été posée et nous ne sommes même pas autorisés à dire que du bien a été fait là-bas.

Ligne nationale d’écoute téléphonique des pensionnats pour Autochtones

Si vous ou quelqu’un que vous connaissez souffre d’un traumatisme en lisant le contenu de ce texte, appelez la ligne nationale d’écoute téléphonique des pensionnats au 1-866-925-4419.

Des propos extrêmement nuisible à la réconciliation

Les propos de M. Keenan n’ont pas manqué de susciter l'indignation sur les réseaux sociaux.

C’est vraiment dégoûtant, a écrit un usager de Twitter au-dessus d’un extrait du sermon du curé, L’Église n’est pas la victime, peut-on lire dans le message partagé par plusieurs centaines de personnes.

La mairesse de Mississauga, Bonnie Crombie, se définissant elle-même comme catholique pratiquante, est extrêmement déçue par les commentaires de l’homme d’église.

Ce qu’a dit le prêtre Owen Keenan est profondément insensible aux Canadiens autochtones, en particulier à un moment où les communautés autochtones souffrent alors qu'elles découvrent de plus en plus de tombes non marquées sur les terrains d’anciens pensionnats.

Une citation de :Bonnie Crombie, mairesse de Mississauga

Ses commentaires montrent une incompréhension fondamentale de l'une des plus importantes tragédies du système des pensionnats au Canada, a-t-elle déclaré, ajoutant que les pensionnats étaient des instruments de génocide culturel, utilisés contre les peuples autochtones, et que l'histoire est enseignée d'une certaine manière par ceux qui sont au pouvoir et obscurcit souvent la vérité derrière ce qui s'est réellement passé.

Une femme blonde portant un ensemble rouge fait une déclaration à la caméra.

La mairesse de Mississauga, Bonnie Crombie, s'est dite profondément déçue des propos tenus par le prêtre Owen Keenan, dimanche, au sujet des pensionnats pour Autochtones.

Photo : Radio-Canada

Le gouvernement du Canada et de nombreuses églises, dont l'Église catholique, ont géré les pensionnats du Canada pendant près de 150 ans, a affirmé la mairesse. Aucune excuse du gouvernement fédéral ou de l'église ne suffira à réparer les ravages causés par ces institutions, a-t-elle poursuivi. Mais c'est par des excuses que nous devons commencer. C'est un élément fondamental de notre réconciliation.

La Dre Suzanne Shoush est autochtone et travaille pour le réseau de santé catholique Unity Health Toronto. Selon elle, les déclarations comme celles du prêtre Keenan nuisent à la réconciliation et sont la preuve que les dirigeants catholiques doivent intervenir et que le pape lui-même doit s’excuser, au nom de l’Église, auprès des Autochtones du Canada.

Il est vraiment essentiel que cela vienne des dirigeants afin que nous arrêtions d'entendre ces commentaires incroyablement ignorants et néfastes de la part de divers leaders religieux.

Une citation de :Dre Suzanne Shoush

Des propos pris hors contexte

Dans son sermon, le prêtre Owen Keenan soulignait aussi que si l'Église doit s'excuser pour sa participation, elle doit également attendre de savoir qui a été enterré sur le terrain à Kamloops et pourquoi, avant de rendre un jugement ultime.

Les survivants des pensionnats ont partagé des récits horribles d'abus, de famine et de négligence, et des difficultés à obtenir des documents de l'Église catholique, qui dirigeait la majorité des écoles. Le rapport final de 2015 de la Commission de vérité et réconciliation commence par affirmer que ce qui s'est passé dans ces établissements peut être mieux décrit comme un génocide culturel.

L'Église a activement cherché à exercer un contrôle exclusif sur le bien-être de ces enfants et est donc exclusivement responsable des conditions dans lesquelles ces enfants vivaient, rappelle la Dre Shoush.

Une femme aux cheveux bouclés en entrevue par vidéoconférence.

La Dre Suzanne Shoush est une médecin autochtone qui travaille pour le réseau de santé catholique Unity Health Toronto

Photo : Radio-Canada

Contacté par CBC, Owen Keenan a défendu ses propos, affirmant qu’ils ont été présentés hors contexte. Il justifie ses paroles, affirmant qu'il essayait d'aider sa congrégation aux prises avec des nouvelles négatives sur l'église.

Je suis profondément désolé, embarrassé, honteux et choqué par les révélations d'abus, de destruction et de torts causés dans les pensionnats à travers le pays.

Une citation de :Owen Keenan, prêtre, paroisse du Rédempteur miséricordieux à Mississauga

Je ne cautionne en aucun cas ce système… En tant que catholique et prêtre, j'aimerais pouvoir dire que je suis désolé à tous ceux qui ont subi un préjudice, a-t-il poursuivi.

L'archidiocèse de Toronto a déclaré dans un communiqué qu'il avait été en contact avec le prêtre pour transmettre la douleur et la colère profondes que certains ressentaient.

Ce dernier s'est engagé à se renseigner pleinement sur l'histoire des pensionnats, indique l’archidiocèse. Nous nous excusons auprès de toute personne offensée par ses propos.

Des graffitis ont été peints cette semaine sur un mur extérieur de l'église de Mississauga. La police de Peel a ouvert une enquête et doit déterminer s'il s'agit ou non d'un crime haineux.

Avec des informations de Samantha Beattie, CBC News

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