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Nouvelle approche pour les interventions policière en santé mentale dans l’est ontarien

Des gens masqués posent devant un poste de police.

Déjà en place à Hawkesbury, une Équipe mobile en intervention de crise sera en fonction dès le 5 juillet à Russell.

Photo : Gracieuseté de l'Hôpital de Hawkesbury

Radio-Canada

Depuis février, la Police provinciale de l’Ontario (PPO), détachement de Hawkesbury, mène une nouvelle initiative afin de mieux répondre aux appels liés à des problèmes de santé mentale.

En partenariat avec l’Hôpital général de Hawkesbury (HGH), la PPO a créé une Équipe mobile en intervention de crise.

L’objectif : fournir une intervention précoce et des options aux personnes vivant une situation critique en santé mentale, expliquent la PPO et l’HGH, par voie de communiqué.

En travaillant avec la Police provinciale de l’Ontario, nous mettons l’accent sur les besoins du client en lui donnant accès aux bons soins, au bon moment et au bon endroit, déclare la Dre Julie Maranda, médecin-chef de l’HGH.

Trois fois par semaine, un policier fait ainsi équipe avec un professionnel de la santé. Et quand une personne en situation de crise fait le 911 pour obtenir de l’aide, l’équipe se rend sur place et peut offrir les soins immédiats dont elle a besoin, assure-t-on.

L’agent Mario Gratton fait équipe avec le professionnel en santé mentale, Frantz Neveu. Le policier explique comment ils travaillent ensemble.

Avant de se rendre sur les lieux, on a une petite discussion en route pour tenter de voir la façon d’intervenir le mieux, dépendamment de l’information qu’on a reçue au départ, raconte-t-il, en entrevue à ICI Ottawa-Gatineau.

Deux policiers et un intervenant posent devant une voiture de la Police provinciale de l'Ontario .

L'Équipe mobile en intervention de crise du détachement de la Police provinciale de l’Ontario à Hawkesbury est formée du professionnel de la santé mentale, Frantz Neveu (à gauche) et de l’agent Mario Gratton (à droite).

Photo : Radio-Canada / Denis Babin

Cette nouvelle approche permet d’intervenir rapidement et de façon préventive, réduisant ainsi le nombre d’arrestations qui peuvent être traumatisantes pour une personne ayant des problèmes de santé mentale.

Évidemment, on se doit de porter des accusations dans des situations où il y a matière. [...] Maintenant, on a cette possibilité de référer ces personnes-là avant de se rendre au système judiciaire, de désengorger le système. [...] Et si on peut aussi éviter d’emmener ces personnes à l’hôpital pour des raisons peut-être pas aussi valables qu’on avait pensé au départ, ça va permettre aussi d’aider les hôpitaux, ajoute le policier membre de l’Équipe mobile en intervention de crise du détachement de Hawkesbury.

L'agent Gratton rappelle que les situations de crise peuvent avoir différentes sources, comme la perte d’un logement ou d’un autre besoin fondamental, le risque qu’une personne se fasse du mal ou en blesse une autre ou une intoxication.

Désamorcer les situations délicates

L’intervention se fait donc sur place et peut même donner lieu à des suivis les jours suivants.

Cette nouvelle approche permet, selon la PPO, de désamorcer des situations qui sont souvent délicates.

Évidemment, on a une certaine formation en tant que policier, comment intervenir avec les gens au niveau de la santé mentale ou en toxicomanie. Mais de travailler avec un expert en santé mentale, quelqu’un qui a l’expertise, c’est un atout qui permet de mieux répondre aux besoins de la communauté.

La différence, c’est que ça nous permet de prendre plus de temps avec la personne lors de l’intervention [...] On sait que ça prend un certain temps pour obtenir la confiance des gens. [...] Au niveau de la police, c’est une nouvelle image qu’on démontre au public.

Une citation de :Mario Gratton, policier membre de l’Équipe mobile en intervention de crise du détachement de Hawkesbury

Un avis que partage le coéquipier de l’agent Gratton, Frantz Neveu, qui travaille dans le domaine de la santé mentale depuis 15 ans.

C’est une très belle expérience. [...] À date, on a eu de très beaux succès. [...] Ça a permis aussi de [changer] l’image de la police. Les gens se sentent plus en sécurité quand un civil vient et leur parle et ça permet de faire une évaluation sur place. Je crois énormément à ce service-là.

Depuis le début, l’équipe est intervenue à une vingtaine de reprises, dit M. Neveu, chacun jouant un rôle bien particulier.

Il faut avoir une bonne complicité. Des fois, lui, il donne plutôt côté policier, on va dire qu’il est conseiller juridique, et moi, je donne plus du côté santé mentale. [...] C’est un très beau mariage. Lors des interventions, on l’a essayé plusieurs fois et ça s’est bien passé, raconte M. Neveu.

Grâce à sa formation et son expérience, ce dernier est en mesure de dépister et d’évaluer les problèmes graves de santé mentale ou de toxicomanie, de faire valoir les besoins des clients auprès des partenaires de la communauté et d’aider les personnes qui doivent être hospitalisées d’urgence. Il peut aussi évaluer le risque de suicide et donner de l’information sur la santé aux membres de la famille et aux aidants.

Le policier Gratton, quant à lui, veille à ce que les soins puissent être donnés dans un environnement sécuritaire et aide dans les cas d’hospitalisation d’urgence.

Une prochaine équipe à Russell

Les résultats obtenus depuis cet hiver sont suffisamment satisfaisants pour que la PPO et l’HGH mettent en place une autre équipe mobile, cette fois au sein du détachement de Russell, afin de couvrir toute la région de Prescott-Russell. La policière Melissa Bouchard fera équipe avec Bruce Denis, conseiller en santé mentale de l’HGH, à compter du 5 juillet prochain.

Les appels liés à la santé mentale sont en hausse dans les comtés de Prescott et Russell et la PPO de Hawkesbury fait face à un plus grand nombre de situations complexes, indique la police provinciale dans son communiqué.

Le nombre d’appels est passé de 121, en 2018, à 176, en 2019, et 194, en 2020. Dans les six premiers mois de  2021, le détachement de Hawkesbury a reçu 110 appels pour de l’aide avec des problèmes de santé mentale.

Avec les informations de Denis Babin

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