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Colère et solidarité : réactions vives en Ontario à la découverte des 751 tombes

Partout au pays, le mot-clic #ChaqueEnfantCompte est devenu viral.

Des fleurs sur la pelouse près d'une croix blanche (archives).

751 tombes anonymes ont été découvertes sur le site de l’ancien pensionnat de Marieval, en Saskatchewan. C'est la troisième et plus grande découverte du genre en quelques mois.

Photo : Radio-Canada

Nicolas Haddad

Le pays entier est de nouveau ébranlé après l’annonce que la Fédération des nations autochtones souveraines de la Saskatchewan (FSIN) estime avoir trouvé 751 tombes anonymes lors d'une fouille du site du pensionnat pour Autochtones de Marieval.

Le mot-clic #ChaqueEnfantCompte est devenu viral à travers le pays, mais les réactions sont aussi vives en Ontario.

Sur Twitter, le compte officiel de la Nation Anishnabek, qui représente 39 Premières Nations Anishinabek à travers l'Ontario, a publié 751 cœurs oranges, qui symbolisent les 751 vies perdues.

Quant à la fête du Canada dont les célébrations ont lieu dans une semaine, certains appellent déjà à ce que l’événement ne soit plus célébré.

Laissons faire les feux d'artifice, cette année et pour toujours.

Une citation de :Waubgeshig Rice, auteur et membre de de la Première Nation Wasauksing.

Pour sa part, l’organisme de soutien aux Autochtones Toronto Indigenous Harm Reduction a publié un seul mot en lettres majuscules sur son compte Instagram — GÉNOCIDE — avant de donner le numéro de téléphone d’une ligne d’appel pour les survivants directs et intergénérationnels des pensionnats autochtones.

Cherchez-vous des ressources en santé mentale en réaction à cet événement?

Ligne nationale d’écoute téléphonique des pensionnats autochtones : 1-866-925-4419

Services de crise Canada : 1-833-456-4566 ou par texto au 45645

Jeunesse, J'écoute : 1-800-668-6868

Ligne d'aide Hope for Wellness pour les Premières nations et les Inuits : 1-855-242-3310.

Ligne directe d'urgence pour les jeunes autochtones : 1-877-209-1266.

Réactions dans le monde politique

Le député néo-démocrate pour Kiiwetinoong, Sol Mamakwa n'a pas mâché ses mots.

Ces enfants ont été enlevés à leurs parents et ne sont jamais rentrés chez eux. Leurs familles n'ont jamais cessé de les chercher et ils n'ont jamais cessé de leur manquer. Ce ne sont pas des chiffres. Ce sont des enfants. Ce sont nos ancêtres et nos cousins. Ce sont des gens qui auraient dû avoir une vie bien remplie et dont les enfants et petits-enfants devraient être avec nous aujourd'hui, a-t-il déclaré par voie de communiqué.

Le député autochtone se recueille à Queen's Park, où des souliers ont été déposés à la mémoire des enfants.

Le député Sol Mamakwa demande aux gouvernements ontarien et canadien d'examiner tous les sites d'anciens pensionnats autochtones à la recherche de sépultures d'enfants.

Photo : Radio-Canada / Natasha MacDonald-Dupuis

Rappelant qu'il a lui-même fréquenté un pensionnat pendant son enfance, M. Mamakwa exige que toutes les églises et tous les gouvernements qui exploitaient des pensionnats divulguent tous leurs dossiers au plus vite.

Selon le député, nous obliger en tant que peuples autochtones et survivants, à mener des recherches déchirantes alors que les dossiers pourraient nous épargner une partie de cette douleur est traumatisant — et constitue un colonialisme institutionnel et une oppression continus.

Des gens placent des bougies sur le sol, en cercle.

Des membres de communautés autochtones à Toronto ont allumé des bougies, dansé, chanté et joué du tambour lors d'une veillée à la mémoire des 215 enfants dont les restes ont été découverts à Kamloops au mois de mai dernier. (archives)

Photo : Radio-Canada / Mark Bochsler / CBC

Le maire de Toronto a lui aussi pris la parole, écrivant sur Twitter que c'est un autre rappel tragique de la douleur et de la souffrance endurées par les peuples autochtones dans les pensionnats à travers notre pays.

Je sais que l'impact dévastateur pour ces écoles persiste à ce jour et je regrette profondément le nouveau traumatisme que cette nouvelle causera aux survivants, a ajouté John Tory.

Selon la Commission de vérité et réconciliation du Canada, l'Ontario comptait 18 pensionnats pour Autochtones. Le dernier d’entre eux a fermé ses portes en 1991, et certains sites ont depuis été réaffectés, abandonnés ou détruits.

Au moins 426 enfants qui ont fréquenté ces pensionnats sont morts, tandis qu’un nombre inconnu est toujours porté disparu.

Le gouvernement Ford se prononce, mais devient l'objet de critiques

Le premier ministre Doug Ford et la ministre de la Santé Christine Elliott entrent dans une salle à l'Assemblée législative ontarienne.

Le premier ministre ontarien Doug Ford, suivi de la ministre de la Santé Christine Elliott, à l'Assemblée législative ontarienne.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Mon cœur souffre pour les communautés autochtones avec des nouvelles de plus de tombes anonymes et de centaines d'autres enfants qui ne sont jamais rentrés chez eux, a déclaré le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford.

Mais de nombreuses personnes autochtones ont mal reçu les sentiments exprimés par le premier ministre, entre autres le président du Conseil des Arts du Canada, Jesse Wente.

Jesse Wente pose pour une photo.

Jesse Wente oeuvre depuis plus de 20 ans dans le milieu des médias et des communications.

Photo : CBC

Dès que vous en avez eu la chance, vous avez supprimé le Fonds pour la culture autochtone, créé spécifiquement dans la foulée de la Commission de vérité et réconciliation, a critiqué M. Wente, qui est un Ojibwé de la Première Nation Serpent River.

Il y a aussi des bébés enterrés ici en Ontario, Dougie, a écrit ce dernier, expliquant que nous avons besoin d'un véritable leadership pour régler ce problème, et si vous avez montré quelque chose, ce n'est pas du leadership.

Plus tôt ce mois-ci, le gouvernement Ford s’est engagé à débloquer 10 millions de dollars sur 3 ans pour identifier, enquêter, protéger et commémorer les lieux de sépulture des pensionnats autochtones de la province.

Radio-Canada a sondé le bureau du premier ministre et le ministère des Affaires autochtones pour avoir une mise à jour sur les démarches entreprises en ce sens par le gouvernement ontarien, mais nous demeurons dans l’attente d’une réponse.

De son côté, la ministre ontarienne de la Santé Christine Elliott a elle aussi pris la parole pour rappeler aux communautés touchées par la découverte de ces tombes anonymes que des services en santé mentale étaient disponibles pour les Autochtones vivant en Ontario.

Mais en réaction à ce commentaire, une employée du NPD ontarien, Rose D’souza, lui a répondu sur Twitter qu’en 2019, le gouvernement Ford avait voté contre une stratégie provinciale de santé mentale dédiée spécifiquement aux peuples autochtones.

À l’époque, le député progressiste-conservateur Robin Martin avait déclaré qu'il aurait été discriminatoire de créer une stratégie uniquement pour les peuples autochtones.

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