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Joe Biden décroche un accord sur les infrastructures

Un groupe d'hommes et de femmes à la sortie d'un bâtiment.

Le président Biden a annoncé l'entente bipartisane à la sortie de la Maison-Blanche.

Photo : Reuters / KEVIN LAMARQUE

Agence France-Presse

Joe Biden a annoncé jeudi avoir passé un accord avec un groupe de 10 sénateurs républicains et démocrates sur un plan d'investissements massifs dans les infrastructures. Il s'agit d'un net succès après des mois de négociations, même si le président devra encore s'assurer du soutien de l'aile gauche de son parti.

Nous avons un accord, a lancé M. Biden à l'issue de cette réunion très attendue. Image rare, il est lui-même sorti pour l'annoncer sur le parvis de la Maison-Blanche, en présence des élus.

Ce plan s'appuie sur plus de 1200 milliards de dollars d'investissements sur huit ans (973 milliards sur cinq ans), a précisé la Maison-Blanche, dont 312 milliards dans les transports, y compris les routes et aéroports, et 266 milliards dans d'autres types d'infrastructures, comme celles permettant le transport des eaux ou Internet à haut débit.

Républicains et démocrates sont parvenus à s'accorder sur leur plus grand obstacle jusqu'ici : le financement de ce vaste projet.

Les républicains s'étaient dits farouchement opposés à une hausse des impôts sur les entreprises, proposée au départ par Joe Biden, tandis que la Maison-Blanche refusait d'instaurer de nouvelles taxes qui toucheraient les foyers gagnant moins de 400 000 $ par an, par exemple une taxe sur l'essence.

Au final, le plan compte notamment renforcer les inspections fiscales pour réduire le montant des impôts impayés et rediriger des fonds débloqués en 2020 pour lutter contre la pandémie qui n'ont pas été utilisés.

Pour le président démocrate, élu sur la promesse de réconcilier l'Amérique, cet accord démontre que la démocratie américaine fonctionne et peut obtenir des résultats.

Le prix du consensus

S'il représente une avancée majeure, il ne marque cependant pas la fin des discussions. Je n'ai aucune garantie d'avoir les votes pour faire passer ce projet au Sénat, a reconnu M. Biden, tout en affichant son optimisme. Aucun des deux partis n'a obtenu tout ce qu'il voulait, a-t-il souligné, assurant que c'était le prix à payer pour obtenir un consensus.

Les deux chefs des majorités démocrates au Congrès ont souligné jeudi que ce plan devrait impérativement aller de pair avec le développement d'un autre vaste projet de loi qui comprendrait d'autres priorités de l'administration Biden.

Après des mois de discussions, les négociations s'orientent vers deux voies parallèles.

D'un côté, ce plan sur les infrastructures traditionnelles, ponts, routes, aéroports etc. Et de l'autre, les priorités Biden que les démocrates ont surnommées infrastructures familiales ou humaines.

Le visage d'une femme qui s'adresse au public.

Nancy Pelosi donnant sa conférence de presse hebdomadaire jeudi, à Washington.

Photo : Reuters / TOM BRENNER

La présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a fermement précisé jeudi qu'il n'y aurait pas de vote sur le texte de consensus entre républicains et démocrates sur les infrastructures, à moins que le Sénat approuve aussi un projet de loi comprenant les autres grandes priorités démocrates : aide aux personnes âgées, garde d'enfants, mais aussi lutte contre le changement climatique.

Une déclaration applaudie par des figures de l'aile gauche du parti, comme l'élue de la Chambre Alexandria Ocasio-Cortez.

Le chef démocrate du Sénat, Chuck Schumer, s'était lui dit jeudi matin encouragé par l'accord entre sénateurs, tout en rappelant qu'il comptait toujours avancer sur cette double voie de projets liés: d'un côté l'accord entre républicains et démocrates sur les infrastructures, et de l'autre une voie parlementaire complexe qui permettrait aux démocrates d'adopter, avec leur seule étroite majorité au Sénat, l'autre volet.

Un homme répond aux questions des journalistes.

Le chef démocrate du Sénat, Chuck Schumer, se dit encouragé par l'entente bipartisane.

Photo : Reuters / TOM BRENNER

L'équilibre pour maintenir les accords de part et d'autre s'annonce très délicat. Les chefs démocrates doivent absolument s'assurer du soutien de leurs élus plus conservateurs et de celui des plus progressistes, tout en maintenant celui des républicains centristes sur les infrastructures, pour que ces deux projets de lois survivent.

Chuck Schumer a prévu d'organiser les premiers votes de procédures en séance plénière sur l'accord sur les infrastructures dès le retour des sénateurs en juillet. La séance sera ajournée à la Chambre haute jeudi soir jusqu'au 12 juillet.

Il a du même coup annoncé qu'il comptait organiser l'autre vote sur un texte budgétaire qui devrait permettre, in fine, d'adopter l'autre pan du programme Biden aussi vite que possible.

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